Péripéties crétoises 22

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Yourgo, stoppe net son pick up devant le petit raidillon, car il faut réfléchir pour la manoeuvre qui est un peu délicate.
De plus comme l’arrière de la voiture est chargée d’outils,
 il faut y aller siga siga comme disent les grecs .
Je descends du plateau où je m’étais installé comme à mon habitude, et fais le reste du chemin à pieds. Dès notre arrivée dans l’oliveraie, nous déchargeons le motoculteur qui nous permettra de bien remuer la terre.
Manoli, le père de Yourgo, s’est mis en tête de monter un poulailler, alors il a acheté de la tôle ondulée, une lourde bobine de clôture en métal, des piquets et que sais je d’autre encore.
 Au village, on le prend pour un original car son idée parait bizarre.
 Faire un poulailler loin du village attirera à coup sur les renards, les belettes, les fouines, ou autres amateurs de viandes de gallinacés.
 Et à propos de fouine, je me souviens de cette anecdote.
Durant les travaux divers et variés, que j’avais à faire pour le compte de Manoli.
 Je logeais en bas de la maison, dans une minuscule pièce qui servait de débarras et de remise pour les outils. L’endroit avait été nettoyé et on y avait installé un confortable lit. C’était parfait pour une chambre.
 Le dortoir à poules était juste en face, il suffisait de traverser la cour où se trouvait également la niche du chien.
 Malgré toutes ces précautions, le poulailler fut visité un soir par une fouine.
 Le carnage avait été découvert le lendemain quand Kalliopi vint chercher les œufs pour le petit déjeuner.
 La presque totalité des poules avait été égorgées. 
 M’enfin, Christos, ne me dis pas que tu n’as rien entendu ou remarqué de suspect cette nuit ! Me dit Kalliopi l’air désemparée.
Tu dors juste à coté, c’est invraisemblable ! 
 Et le chien alors ? Sa niche est à trois mètre cinquante et il n’a rien entendu non plus, ce corniaud ! Lui rétorquai je.
 Je me sentais presque responsable de ce massacre, comme ci j’avais été complice de la fouine ou que j’avais autorisé son escapade meurtrière.
Je sais, c’était idiot de ma part que je puisse croire cela, mais dans un élan empathique, j’essayais de la consoler de la perte de ses volailles.
 ( je ne m’étais pas éveillé en pleine nuit, pour aller couper le cou à ces infortunés oiseaux, avec pour complice un renard ou une fouine, tandis que le chien faisait le guet…Non mais sans blagues !)
 Kalliopi n’était pas catastrophée et prenait cela avec philosophie.
 Elle était très pieuse et brûlait constamment des cierges et de l’encens devant une icône de la Vierge Marie.
Elle pensait, Dieu a voulu que cette fouine mange des poules, c’est comme ça, c’est la volonté divine etc.… En l’occurrence, Manoli son mari, pestait contre cette bestiole car le menu du repas de midi changeait radicalement.
Mais, j’en reviens à l’oliveraie. À présent, il s’agissait de dépierrer une parcelle de terrain  pour pouvoir construire ce fameux poulailler.
Ici en Crète, le sol est très rocailleux. Nous n’avons pas de cette terre bien noire et grasse où l’on enfonce sa bêche comme dans du beurre.
La terre, dans cette région c’est comme les gens. Dure, pas aisée à cultiver, encore un peu sauvage, indépendante et difficile à maîtriser.
 (tout ce que j’énonce, n’est en rien péjoratif, mais pour celui qui connaît un peu les crétois)
C’est souvent à la pioche, qu’il faut extirper cette terre ocre mêlée de cailloux.
Excepté dans les plaines, la culture en terrasse est la seule possibilité.
Pour ériger une clôture, nous devons faire le périmètre avec du fil de fer quadrillé, et ensuite enfoncer les piquets en métal à distance égale autour du terrain.
 Pour effectuer ce travail nous utilisons un lourd maillet. 
 Cet outil me fait songer au gourdin,que le méchant dans les dessins animés de Tex Avery cache derrière son dos, et qui attend le prochain quidam qui passe pour lui masser le crâne.
Mais pour l’instant ce n’était pas l’objectif premier, il importait de terminer cette barrière et non de s’assommer à coup de maillet… (Même pas mal !)
 N’empêche qu’il fallait malgré tout faire gaffe.
 Il y en a un qui soulevait cette masse et l’autre tenait le piquet bien droit, en évitant d’y laisser ses doigts et en reculant légèrement la tête. (simple mesure de précaution !)
Yannis m’avait demandé de faire fonctionner le motoculteur car il voulait ameublir la terre pour créer un potager.
Faire démarrer cette machine n’était pas le plus compliqué.
 Dès la mise en route, ça crachotait, toussait, pétaradait et fumait énormément. (un peu comme Yourgo, le berger !)
 Le problème survenait quand il s’agissait de maintenir cet engin.
 Tu tiens bien et tu te laisse guider, me recommandait Manoli.
 Ouais ! C’est plus vite dit que fait, pensai je.
 Non seulement je n’arrivais pas à avancer, mais le motoculteur faisait du surplace, de plus je m’enfonçais dans la terre !
 M’enfin, que fais tu Christos ? Tu creuse un tunnel ou quoi ?
 Après plusieurs essais infructueux, je laissai la manipulation de cet engin à Yourgo qui semblait plus malin que moi pour piloter un bazar pareil.
 De toutes façons, comme tu sais déjà conduire une moto, c’est un boulot fait pour toi ! Lui dis je.
Par la suite on m’avait délégué un travail plus dans mes cordes.
 Il s’agissait de remplir la brouette avec les pierres qui jonchaient le terrain.

(A SUIVRE……)                                  / Suite dans le prochain billet/                    ( 1 )

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