Archives Mensuelles: juin 2008

Radio crètoise

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  • http://www.grecian.net/radio/index1.htm (Web radio jouant de la musique crétoise, flux 128kbit/s)
  • Pour écouter de la musique crètoise authentique, cliquez sur le lien.  
  • kalos iltate stine diko mou "Blog"  Kalimèra apo tone christos .
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le modèle crètois

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Une bonne vie, modèle crétois     ( VOICI  UN ARTICLE TRES INTERESSANT CONCERNANT LE REGIME CRETOIS)

Manger plus, vivre plus longtemps

Pourquoi les Crétois sont-ils en si bonne santé ?

Les statistiques médicales –incluant l’incidence relative des maladies cardiovasculaires, des cancers du sein et du côlon- démontrent que les Crétois constituent le peuple le plus sain du monde. Le secret est dans l’assiette : le régime crétois est maintenant largement reconnu comme le plus sain du monde. Jusqu’au milieu des années 60, les Crétois vivaient et se nourrissaient au rythme des saisons, tomates et aubergines en été, choux et poireaux en hiver, artichauts au printemps et châtaignes en automne. Puisque les frigidaires n’existaient pas, on se servait de condiments locaux et de conserves de légumes, de poisson et de viande séchés et salés. Ils ne leur venaient pas à l’esprit de réclamer des fraises à Noël ou du potiron en juillet ! Si la nature n’imposait pas des règles diététiques strictes, les préceptes de l’église Orthodoxe en imposaient au contraire. Les chrétiens dévots observaient trois grandes périodes de jeûne – 40 jours de Carême avant Pâque, 40 jours avant Noël et 15 jours avant l’Assomption. Ils ne consommaient ni viande, ni poisson, ni produits laitiers et œufs, les mercredis et vendredis et ce tout au long de l’année. Pour compenser, l’année était ponctuée d’un grand nombre de jours de fêtes. Mais pour les pauvres, la viande restait un luxe permis 5 ou 6 fois l’an. Mais même les habitants plus prospères des villes ne consommaient de la viande plus de 2 fois par semaine.

Bien sûr, l’exercice représentait une aide non négligeable. Avant-guerre, en raison du réseau routier restreint et du nombre de véhicules réduit, les Crétois étaient inévitablement de grands marcheurs. Il ne faut pas oublier les travaux des champs qui étaient effectués à la main par les hommes et les femmes qui se rendaient à pied à côté des ânes ou des mules dans les villes voisines afin de vendre ou d’échanger leurs récoltes.

Les quatre années d’occupation allemande durant la Seconde Guerre Mondiale ont bouleversé l’équilibre historique entre jeûne et festoiement. De nombreux crétois ont subsisté avec le strict minimum : avec des produits faits à partir de blé, d’orge et de farine, des légumes sauvages, de l’huile d’olive, du fromage de chèvre et des petites chèvres. Le vin local et l’eau de vie rendaient ce régime pauvre un peu plus supportable. En 1947, des représentants de la Fondation Rockefeller sont venus en Crète pour évaluer l’état de santé des Crétois et les aider à reconstruire leurs existences. Après avoir noté la quantité de nourriture absorbée dans un certain nombre de villages, les chercheurs américains étaient horrifiés par la faible quantité de viande et de poisson consommée. Mais ils étaient encore plus embarrassés par le degré de santé des Crétois en dépit de ce manque de protéines. Les comparaisons effectuées avec la population des Etats-Unis ont révélé que les Crétois étaient à 90% plus sains. Maladies cardiovasculaires, cancer et malnutrition sont presque inexistants.

   

Péripéties crétoises 29

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Au village de Agios-Spiridon.

Encore un jour d’un soleil fou qui s’insinuait partout jusque dans Les moindres recoins où subsistait encore un peu d’ombre.
Dans ma maison, une agréable brise, tel un délicat voile de gaze parfumé, virevoltait dans la pièce, amenant un peu de fraîcheur. C’était dimanche.
Tôt le matin, j’avais aidé Marina ma voisine, ainsi que d’autres dames à nettoyer le chemin qui menait à l’église, en y enlevant les mauvaises herbes, les chardons, et les ronces épaisses et dures comme du bois.
 Il y allait avoir une procession, (pour je ne sais plus quel saint) et donc nous voulions que les villageois puissent traverser sans encombres.
Le sentier passait juste derrière chez moi. Je trouvais logique et sympathique de donner un coup de main.
Après ce petit boulot, pour me détendre, j’avais mis un peu de musique en ouvrant bien ma porte, pour que les sons s’éparpillassent dans la nature.
La symphonie inachevée de Schubert s’évanouissait ainsi dans les effluves estivales se mêlant aux chants des abeilles et des grillons.
Par la suite le pope arriva suivi de plusieurs villageois dont quelques uns portaient une grande icône posée sur une sorte de coussin en velours rouge.
Par respect et discrétion, je diminuai un peu la musique. (pas trop quand même !)
Certaines femmes du village suivaient la procession silencieusement, scrutant le regard du pope pour deviner la pensée de notre brave homme.
 Papa Nikoli, resta imperturbable malgré les commentaires que l’on susurrait dans les oreilles cléricales et qui concernait certainement, la musique profane qui jouait en ce moment.
Il souriait tout en haussant les épaules.
Voyez vous, je ne cherchais pas à faire de la provocation gratuitement.
 J’écoutais ma musique sans vouloir perturber leur cérémonie.
Notre curé en avait vu d’autres.
 Comme ce fameux soir où  Yannis et moi, avions écouter Maria Callas au cimetière dans une magistrale interprétation D’ Orphée et Eurydice.
 Je précise que cela se passait vers 1988 et donc, ce n’était pas un concert live (concert live ? c’est de l’humour anglais ça !) avec la diva* en chair et en os…..
 Quoique la danse macabre par Camille St Saëns, paraissait plus indiquée pour un tel lieu.
 Ce soir là, ce n’était plus frôler l’esclandre que nous avions fait, mais carrément l’emboutir de plein fouet.
Après cet intermède musical que je vous décrivais au début et subséquemment la procession qui passait juste sous ma fenêtre, Je me préparai à cueillir des légumes sauvages.
En l’occurrence des copanidès* qui ressemblaient à des petits pois et que l’on trouvait en général en dessous des oliviers.
 Il existait également des stations dont je connaissais très bien l’endroit.
En sortant, il y avait un hémicycle de chats entourant ma maison. 
 Souvent, ils venaient quémander un peu de nourriture.
 Ils avaient pris cette habitude lorsque ayant acheté des sardines à un pêcheur pour quelques drachmes, je m’étais mis à faire une distribution à ces infortunés félins.
 Il fallait entendre leurs ronronnements de contentement, ça faisait plaisir à voir.
Par la suite, ils suivirent la trace du sillage odorant des poissons jusqu’à mon domicile.
 Vraiment ils avaient trouvé le bon patron et la bonne place qui allait avec !
Quand je faisais mon tour dans la campagne, j’avais pour usage de laisser tout ouvert chez moi.
Je bloquais ma porte avec une grosse pierre pour éviter les coups de vent.
La dite pierre appartenait en fait au linteau de la porte.
 Un jour revenant d’un de mes multiples périples dans le voisinage, je l’avais trouvé gisante par terre juste sur le seuil.
 En levant ma tête, je vis alors le trou manquant dans le haut de la porte.
 C’était impressionnant ! En pensant qu’elle aurait pu choir précisément au moment où je m’apprêtai à sortir ! Si des pierres commençaient à tomber à l’intérieur, imaginez le topo, je n’allais pas vivre en
permanence avec un casque de chantier sur la tête !
 La maison était vieille et le plancher tellement usé et espacé, qu’il aurait suffit que j’allume une lumière en bas pour que je puisse voir clair dans la pièce du haut également !
Encore heureux, que cela s’était produit durant mon absence.
 Car si j’avais été là pour réceptionner la pierre sur ma pauvre tête, à l’heure qu’il est, je serai peut être encore absent ! Qui sait ?
Mais le pire était derrière moi. 
 Pendant quelques temps, au début de mon installation au village , j’avais reçu à titre gracieux, une autre demeure qui était située en peu plus bas  sur ce sentier que les autochtones empruntaient pour se rendre à l’église du bas ou tout simplement rejoindre leurs potagers.
La maison appartenait à Yourgo le berger.
 La vétusté du lieu ne manquait sans doutes pas de charme, mais dans les cas de fortes pluies, la maison n’était plus très étanche et devenait incontinente.
Je devais disséminer des seaux et des bassines, partout dans les pièces.
Un jour revenant comme de coutume d’un de mes tours favoris en cette charmante contrée crétoise. Je vis Yourgo venir à moi, l’air embarrassé.
Il me dit tout en se raclant la gorge…Hum, hum, mon cher Christos , je dois t’annoncer une mauvaise nouvelle ! Figures toi qu’une partie de la toiture de ta maison s’est effondrée !
En effet, un gros orage s’était abattu d’une manière tonitruante.
 J’avais en outre évité de justesse les copieuses ondées en allant m’abriter au caféneion.
Dans le coin, il ne pleut pas souvent, mais quand ça arrive vous en avez pour votre argent ! 
 Je me souviens de certaines tempêtes qui parvenaient à  arracher des parcelles de terre avec des arbres que l’on retrouvait au milieu de la route.
Mais présentement, nous étions en plein été et la météo restait en général plutôt stable avec une prédilection pour le beau fixe.
 Je disais tout à l’heure, que j’étais en partance pour aller rejoindre mes endroits favoris.
 Les belles stations de fleurs, les orchidées, les anémones et d’autres fleurs encore que je ne connaissais pas, et bien sûr de succulents légumes sauvages que la nature m’offrait gracieusement.
 Diva : Maria Callas est née à New York en 1922 et décédée à Paris en 1977
Copanidès : nom local du tétragonolobe qui est une sorte de légume sauvage .

Cuisine crètoise

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Liste des spécialités crétoises
16 recettes à ce jour

D’autres recettes de ce site peuvent être crétoises mais je n’en connais pas l’origine exacte.

La cuisine crétoise est  en fait guère différente de la cuisine grecque mais privilégie des ingrédients comme fruits, légumes, poissons, huile d’olive, peu de viande (beaucoup de recettes de lapins et d’escargots), les herbes sauvages, les céréales. etc……


POUR CONNAÏTRE LA CUISINE CRETOISE, CLIQUEZ EN DESSOUS DE LA RECETTE

 KALI OREXI !  PS: le nouveau billet devrait paraître demain dans la soirée.

Lyre crètoise

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  Cliquez sur le lien YOUTUBE pour entendre un autre virtuose de la lyre crètoise.
PS : J’ai ajouter un nouvel album photo concernant la Crète, le monastère où j’ai vécu, quelques amis animaux etc….
Cliquez sur photos.
   Kalimèra pour tout le monde §&µù§&µù§&µù§&µù§&µù§&µù§&µù§&µù§&µù§&µù

Ma maison à Epano-Episkopi

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Souvenirs de ma maison à Epano-Episkopi en Crète.

L’endroit où je demeurais à Epano-Episkopi, n’était pas à proprement dire une maison, mais une grande pièce servant de débarras pour les machines agricoles.
Yourgo ‘Caféneion’ me l’avait prêté aimablement.
Le premier jour où je pris possession de mon logis, il fallut enjamber un gros motoculteur qui barrait le chemin.
Des sacs d’engrais étaient couchés sur le lit.
L’odeur de la machine imprégnait le lieu à l’instar d’un garage.
Par terre, posé sur du papier journal,
se trouvait le moteur d’une moto, tout gluant d’huile et de cambouis.
Les longues toiles de  poussière qui collaient au plafond imploraient le passage d’un balai. Il n’y avait pas d’électricité, ni d’eau.
A l’aide de Yourgo et de son père, nous avions exproprié le matériel agricole obsolète ainsi que les débris de la moto.

Idem, les sacs d’urées et de phosphates qui encombraient le lit.
Tantôt, je t’amènerai une lampe à pétrole, un balai, et puis un seau et des couvertures, me précisa Yourgo.
Dehors, il y avait une sorte de gros tonneau qui recueillait l’eau de pluie.
Je me servis de cette eau  stagnante mais relativement propre pour laver le sol.
J’avais réussi à rendre cette demeure tout à fait viable et agréable.
Une vigne était adossée contre le mur et une partie de pampre dépassait de la fenêtre, formant ainsi un brise-vue naturel qui donnait un aspect charmant et bucolique.
C’est dans cet endroit, en m’éclairant à la lampe à pétrole, (je me serais cru au temps du Far- West) que j’avais dévoré de mon plus bel appétit littéraire, le livre de Hans Georg Wunderlich : The  secret of Crete.
J’étais ébloui et fasciné par cette lecture et me mettais à rêver.
Allais- je faire de grandes découvertes à l’instar de Wunderlich ou même d’Arthur Evans ?  Surtout que Yannis, m’avait narré des histoires mi sérieuses mi fantastiques, relatant l’exhumation inopinée de la tombe d’un guerrier, dont le masque funéraire était en or massif , entouré d’un tas de joyaux, de vases, et d’autres objets tous très bien conservés.
Dans quel pourcentage se situait la vérité et où commençait la légende ?
Ne confondait-il pas avec les masques d’or trouvés à Mycènes dans le Péloponnèse ?
La vérité se cachait-elle au fond de son verre de raki ? et non dans le tréfonds d’une improbable grotte ?
Prétendument, que certains trésors dormaient encore quelque part dans une caverne, ou un labyrinthe, et qu’il suffisait d’en dénicher l’entrée, pour un jour devenir riche et célèbre.
Notre expédition dans l’une d’elle, tourna court.
Je pensais en particulier à la grotte aux brebis de Yannis, où nous avions cru suffoquer d’angoisse lorsque nous nous étions retrouvés piégés dans les entrailles de la terre.
(pour ne pas perdre la face, aucun de nous n’aurait avoué la peur aussi légitime soit-elle, qui nous avait cernés de ses bras invisibles et froids)
Le craquement soudain, puis le jaillissement d’une frêle lumière provoquée par une allumette que Yannis avait fait surgir entre ses doigts, avait paru alors à nos yeux comme un phare nous guidant à bon port vers la sortie.
Une autre fois, nous étions retournés dans cette fameuse grotte, dûment munis de torches électriques, pour ne pas refaire l’expérience de nyctalope. (nyctalope ? restons polis !)
Sans le savoir, dans notre première tentative, nous étions arrivés au terme de cette excavation.
Le creusement du tunnel s’arrêtait net devant la paroi rocheuse et ne menait nulle part.
Nous avions déployé un plus grand trésor d’imagination que ne pouvait contenir cette caverne. C’était de notre imaginaire que nous étions les plus riches.
La réalité était aussi patente et désespérément dure que cette roche qui nous barrait le chemin. Quand même, quelles raisons avaient poussés des hommes à construire un tel souterrain qui  apparemment ne servait à rien ?
Nous sûmes la vérité lorsque nous revînmes au village.
Nul n’avait entendu parler d’un quelconque trésor caché dans cette caverne.
Un vieux du village se souvenait que pendant la guerre, ce souterrain avait été choisi pour servir de poudrière et probablement cacher des canons et des armes.
Et que cette excavation avait aussi été utilisée par les palikares* comme cachette, durant la guerre de l’indépendance contre les turcs.
Personne ne pouvait dire avec précision, quand cet ouvrage avait été crée.
Nous fûmes un peu déçus de la disparition ,ou plus précisément de la »non réalité » du trésor.
Alors, nous nous consolâmes avec un peu de vin. (qui aimait tant faire la glissade dans nos gosiers).
N’allez pas croire non plus que toute cette histoire nous avait rendu tristes comme une pierre….. précieuse ?
Les plus belles richesses de la Crète étant, les abondants oliviers, l’air pur, l’accueil de ses habitants, les innombrables fleurs, le soleil etc.…

Palikares* = soldats grecs qui combattirent durant la guerre de l’indépendance de la Grèce (1821-1830 )

Péripéties crétoises 27

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Au village d’Epano-épiskopi, j’habitais dans une toute petite maison composée d’une pièce.
 Un modeste logis coincé entre deux vignobles.
Mes plus proches voisins étaient des dindons que j’entendais glousser dès le matin d’une manière très expressive et particulièrement sonore.
Cette symphonie matutinale débutait par le chant inévitable des coqs, du pépiement des oiseaux divers et multiples, des chiens du voisinage qui se mettaient à aboyer, du bêlement des moutons et des chèvres, du braiement des ânes et pour finir le brouhaha lointain et confus des activités humaines.
Après cette aubade pastorale terminée, le calme retombait sur la campagne pendant quelques temps, jusqu’à ce que les stridulations lancinantes et ininterrompues des cigales reprennent en chœurs leurs longs chants estivaux.
Je m’amusais à contempler les dindons que je trouvais fascinants et assez rigolos.
Cette façon qu’ils avaient de faire enfler cette sorte de jabot rouge écarlate qui par ailleurs pendouillait la plupart du temps, et semblait comme un ballon de baudruche tout fripé et dégonflé.
 Le propriétaire de ces volatiles m’avait expliqué que durant la pariade à la mi-février, on voyait ces curieux oiseaux qui commençaient à trépigner, à piaffer, en maintenant leurs ailes pendantes, agités de curieux frémissements convulsifs, tout en faisant la roue.( on aurait dit qu’ils étaient sous pression)
Leurs gloussements particuliers, suffisaient à faire plonger les femelles dans un état proche de l’extase. (Voulez vous encore un transe de dindonneau ?)
Parfois, il y avait des brebis  qui passaient juste sous ma fenêtre, accompagnées de Yannis. (L’homme au cheval blanc)
Il possédait un vaste enclos dans une grotte pas loin du site archéologique de Néa-pressos.
 Quand l’envie me prenait, je le suivais volontiers.
 Par ailleurs, j’avais remarqué un singulier rituel.
 Dès qu’il arrivait sur les lieux après avoir fait rentré toutes les bêtes, il se mettait à pisser devant elles, bien en évidence.
Cet acte là pouvait sembler anodin, mais un jour, ne pouvant plus me retenir, non pas de pisser, mais de lui poser la question qui me tarabustait.
Dis, Yannis pourquoi tu fais pipi devant ton troupeau ? Lui demandai- je
Il me répondit, que c’était évident comme le nez au milieu de la figure.
Tu vois, j’urine pour leur montrer que c’est moi le patron !
J’ignorais si sa réponse était une boutade.
Mais néanmoins, je savais que l’urine chez les animaux servait à délimiter le territoire, et à affirmer une suprématie sur les autres femelles ou mâles.
Mais j’arrête de vous parler de pisse !
 Pissons à autre chose….heu, je voulais dire, passons à autre chose !
Cette grotte dont je parlais plus haut, faisait fonction d’abri pour les animaux et c’était là également où se tenait en saison, le salon de coiffure des moutons. (C’est-à-dire la tondaison)
Yannis m’avait montré un tunnel creusé à même la roche et qui s’enfonçait très profondément dans la falaise.
 Un jour, ayant eu la curiosité de l’explorer jusqu’au bout, nous nous étions munis de chandelles pour aller faire une expédition.
 Ce tunnel semblait très long. Nous avions parcourus au moins cinq cent mètres, lorsque un coup de vent soudain, venant de l’extérieur vint éteindre nos bougies, nous plongeant dans une obscurité d’encre. Evidemment, aucun de nous avait songé à cette éventualité ni même à une stupide boite d’allumettes.
 Tu as du feu ? Me demanda Yannis avec un tremblement dans la voix qui trahissait une légère inquiétude.
Non, malheureusement je ne fume pas ! Lui rétorquai- je.
Nous nous étions contenté d’allumer les chandelles sans songer à prendre le briquet avec nous. Dans ce tunnel, nous marchions en tâtonnant la paroi de nos mains, tout en allant vers ce qu’il nous semblait la sortie.
L’obscurité était tellement épaisse que j’avais l’impression d’immatérialité, d’incorporalité, comme un esprit enveloppé d’un tégument de ténèbres.
Ma voix, les battements de mon cœur, étant les seules choses qui émergeaient de cette opacité profonde telle la proue d’un navire dans une tempête noire et menaçante.
J’étais occupé à ces pensées pour le moins dantesques, lorsque j’entendis Yannis pousser un cri de joie. Hourra ! J’ai trouvé une boite d’allumettes dans ma poche.
 Le craquement inopiné et inespéré d’un ridicule petit morceau de bois enduit de souffre permit de mettre le feu à un vieux morceau de papier journal que notre brave berger tint à l’instar d’une fugace torche jusqu’à la sortie de la grotte.
La fulgurante clarté de l’extérieur et la chaleur de l’été s’imposèrent à nous d’une manière violente et suave