Suggestion de livres (3)

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Voltaire   (1694-1778)

Voir une présentation succincte du Dictionnaire philosophique.

"Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? Ce sont d’ordinaire les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce Vieux de la Montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu’ils iraient assassiner tous ceux qu’il leur nommerait."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Toute secte, en quelque genre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l’erreur.
Scotistes, thomistes, réaux, nominaux, papistes, calvinistes, molinistes, jansénistes ne sont que des noms de guerre.
Il n’y a point de secte en géométrie ; on ne dit point un euclidien, un archimédien.
Quand la vérité est évidente, il est impossible qu’il s’élève des partis et des factions. Jamais on n’a disputé s’il fait jour à midi."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Redisons tous les jours à tous les hommes : "la morale est une, elle vient de Dieu ; les dogmes sont différents, ils viennent de nous"."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Pourquoi Dieu ferait-il un miracle ? Pour venir à bout d’un certain dessein sur quelques êtres vivants ! Il dirait donc : "Je n’ai pu parvenir par la fabrique de l’univers, par mes décrets divins, par mes lois éternelles, à remplir un certain dessein ; je vais changer mes éternelles idées, mes lois immuables, pour tâcher d’exécuter ce que je n’ai pu faire par elles." Ce serait un aveu de sa faiblesse, et non de sa puissance. Ce serait, ce semble, dans lui la plus inconcevable contradiction."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Or l’histoire du déluge étant la chose la plus miraculeuse dont on ait jamais entendu parler, il serait insensé de l’expliquer : ce sont des mystères qu’on croit par la foi ; et la foi consiste à croire ce que la raison ne croit pas, ce qui est encore un miracle."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Ceux qui fortifient leurs raisonnements par la science vous diront que les Pères de l’Église ont avoué souvent eux-mêmes qu’il ne se faisait plus de miracles de leur temps. Saint Chrysostome dit expressément : "Les dons extraordinaires de l’esprit étaient donnés même aux indignes, parce que l’Église avait besoin de miracles ; mais aujourd’hui ils ne sont pas même donnés aux dignes, parce que l’Église n’en a plus besoin." Ensuite il avoue qu’il n’y a plus personne qui ressuscite les morts, ni même qui guérisse les malades."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Un gouvernement théocratique ne peut être fondé que sur des miracles ; tout doit y être divin. Le grand souverain ne parle aux hommes que par des prodiges ; ce sont là ses ministres et ses lettres patentes."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Pourquoi existe-t-il tant de mal, tout étant formé par un Dieu que tous les théistes se sont accordés à nommer bon."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"La religion naturelle a mille fois empêché des citoyens de commettre des crimes. Une âme bien née n’en a pas la volonté ; une âme tendre s’en effraye ; elle se représente un Dieu juste et vengeur. Mais la religion artificielle encourage à toutes les cruautés qu’on exerce de compagnie, conjurations, séditions, brigandages, embuscades, surprises de villes, pillages, meurtres. Chacun marche gaiement au crime sous la bannière de son saint."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"À la honte des hommes, on sait que les lois du jeu sont les seules qui soient partout justes, claires, inviolables et exécutées. Pourquoi l’Indien qui a donné les règles du jeu d’échecs est-il obéi de bon gré dans toute la terre, et que les décrétales des papes, par exemple, sont aujourd’hui un objet d’horreur et de mépris ? C’est que l’inventeur des échecs combina tout avec justesse pour la satisfaction des joueurs, et que les papes, dans leurs décrétales, n’eurent en vue que leur seul avantage. L’Indien voulut exercer également l’esprit des hommes et leur donner du plaisir ; les papes ont voulu abrutir l’esprit des hommes."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Presque tout ce qui va au-delà de l’adoration d’un Être suprême et de la soumission du coeur à ses ordres éternels est superstition."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Remarquez que les temps les plus superstitieux ont toujours été ceux des plus horribles crimes."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Et qu’est-ce donc que le sang d’un saint Janvier que vous liquéfiez tous les ans quand vous l’approchez de sa tête ? Ne vaudrait-il pas mieux faire gagner leur vie à dix mille gueux, en les occupant à des travaux utiles, que de faire bouillir le sang d’un saint pour les amuser ? Songer plutôt à faire bouillir leur marmite."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Qu’est-ce que la tolérance ? C’est l’apanage de l’humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Mettons à la fin de presque tous les chapitres de métaphysique les deux lettres des juges romains quand ils n’entendaient pas une cause : N.L., non liquet, cela n’est pas clair."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Je conclurai que je dois me méfier à plus forte raison de toutes mes idées en métaphysique ; que je suis un animal très faible, marchant sur des sables mouvants qui se dérobent continuellement sous moi, et qu’il n’y a peut-être rien de si fou que de croire avoir toujours raison."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Je pense avec vous que le fanatisme est un monstre mille fois plus dangereux que l’athéisme philosophique. Spinoza n’a pas commis une seule mauvaise action : Chastel et Ravaillac, tous deux dévots, assassinèrent Henri IV."
(Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Non, si vous voulez rendre la religion chrétienne aimable, ne parlez jamais de martyrs ; nous en avons fait cent fois plus que les païens."
(François-Marie Arouet, dit Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
"Guerre : Le merveilleux de cette entreprise infernale, c’est que chaque chef des meurtriers fait bénir ses drapeaux et invoque dieu solennellement avant d’aller exterminer son prochain."
(François-Marie Arouet, dit Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)
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 DEVEREUX Georges, Femme et mythe, Flammarion, 1982
réédition en Champs – Flammarion, 1988
 
Suite d’essais consacrés à la mythologie de la Grèce antique, cet ouvrage de Georges Devereux présente un certain nombre de développements très originaux sur les Amazones ; il convient cependant de souligner dès l’abord qu’il s’agit d’un travail qui vise à renouveler l’approche psychanalytique classique des phénomènes culturels.    
 ( extrait ci dessous)
"Les fils des Amazones et Héphaïstos"
Chapitre 5, "Les enfants parthénogéniques d’Héra célibataire".
Georges Devereux trouve de nombreuses similarités entre le mythe d’Héphaïstos et la légende concernant les Amazones ; il précise "dont le modèle est certainement le mode de vie des cavaliers nomades de la steppe". Cette hypothèse formulée, l’auteur trouve nombre d’éléments qui, selon lui, la corroborent. Ainsi il rapproche le fait qu’Héphaïstos était boiteux et la mutilation que font subir à leurs fils les Amazones. "Son amoindrissement corporel le subordonne à jamais aux femmes qui détiennent tous les pouvoirs" (p. 177)
Il poursuit (p. 192) : "Revenant aux Amazones, je rappelle qu’elles étaient censées estropier les jambes de leurs fils et qu’elles affirmaient que les boiteux étaient des amants ardents". Pour lui, il faut mettre en relation cette manière d’estropier les enfants et la cécité infligée par les Scythes à leurs esclaves…
Il résume ainsi les Affinités d’Héphaïstos avec les fils des Amazones (p. 198-199)
" a) Selon une tradition, Héphaïstos a été conçu avant le mariage de ses parents. Les Amazones devenaient enceintes au cours d’une simple passade.
b) Ni Héphaïstos, ni les fils des Amazones n’ont de père sociologique
c) Les jambes (pieds) tant d’Héphaïstos tant que des fils des Amazones sont estropiées
d) Les deux vivent dans la dépendance de "mauvaises mères"
e) Les deux sont artisans, forgerons et, surtout, armuriers
f) Le régime "matriarcal" préhéllénique que le mythe d’Héphaïstos semble présupposer, paraît avoir des affinités avec celui que les Grecs attribuaient aux Amazones mythiques."

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Jean-Pierre Vernant, L’Univers, les Dieux, les Hommes
récits grecs des origines

éd du Seuil, 1999. Poche (Points) 2002.   §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Voici encore trois livres que j’ai sélectionné.
Le premier c’est : Le dictionnaire de Voltaire. La première fois que j’ai lu Voltaire, c’était quand je séjournais en Angleterre. Je l’ai tout de suite aimé pour sa franchise et puis aussi pour une certaine forme d’ironie libertaire. N’hésitez pas à fréquenter Voltaire ( son nom de plume viendrait de la contraction du mot "volontaire" )Et il se portait volontaire pour dénoncer toutes sortes d’abus. Il préfigure également le siècle des lumières.
Le second c’est : le fameux essai sur le mythe des Amazones , la société matriarcale archaïque etc… Ouvrage remarquablement mené par Devereux.
Et pour le dernier livre j’ai choisi celui de Vernant sur l’explication des mythes. Voici enfin un livre qui vous donnera la bonne clé qui ouvrira la bonne porte vers une compréhension claire et intelligente
Vernant vous aidera à débroussailler tout cela.
Un ouvrage indispensable pour comprendre toute la vraie dimension, la vraie mesure des mythes Grecs anciens.

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