Archives Mensuelles: août 2008

Péripéties crétoises 39

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Au village de Agios-Spiridon.
De gros paquets de vent soufflaient avec voracité sur la campagne, m’empêchant d’aller travailler.
Oh, bien sûr, cela n’était pas un drame invivable et le fait de chômer ne me mettait point dans une nostalgie indélébile.
J’avais toujours pleins de choses à faire, par exemple, lorsque un jour, je partis aider le berger Yannis à réparer sa clôture.
La profession de berger était ma fois assez commune dans la région.
Souvent lorsque nous évoquons le mot de berger, il nous vient des images d’Epinal, ou pour parler plus justement, des images virgiliennes de nos lectures scolaires.
Non, il n’arborait pas de longs cheveux blonds et bouclés et ne jouait par sur un agreste chalumeau, des airs anciens, et ne récitait point les vers de Théocrite.
 La vie de berger étant plus simple et pas très sophistiquée.
En outre, ce brave homme était  bigrement sympathique et possédait beaucoup de clairières pour le parcage de ses moutons, dont une au sommet de son crâne, car il perdait ses chevaux… heu, ses cheveux !
Idem son ouïe, qu’il avait égaré bien avant sa toison, ce qui m’obligeait à hurler dans son oreille pour qu’il puisse saisir quelque chose.
C’était bien lui qui voulait me vendre son âme… heu ! lapsus, je voulais dire son âne, avec tout le matériel en options (la selle, la bride, la mangeoire, la bible, que sais je encore !)
Je disais donc que les enfants d’Eole batifolant dans la campagne, me forçaient au repos.
 Quoiqu’il en soit, c’était un boulot à faire sans le moindre vent. (même en pétant ?)
 Faut dire que nous saupoudrions les vignes avec du soufre, pour préserver les plantations contre toutes les maladies et insectes destructeurs.
 Car, si le soufre se rabattait sur le visage, vous risquiez d’avoir de désagréables brûlures ou des irritations.
J’était donc peinard chez moi en souhaitant secrètement qu’il ne vint personne pour solliciter une aide ou un quelconque travail.
Plongeant douillettement dans un délicieux farniente, je me bornais à contempler le paysage.
 Mais voila Marraine qui miaulait plaintivement à ma porte.
 (Marraine, c’est le nom d’une chatte, je l’avais baptisé ainsi à cause de son miaulement particulier, qui donnait à peu près ceci : Mareeènne, Mareeènne etc.…Comme cet autre chat siamois que j’appelai Michel, pour les mêmes raisons. (vous vous souvenez à la Métochi de la Djélla ?)
Elle était une fois de plus enceinte et semblait affamée.
Je n’avais malheureusement qu’un peu de pain sec, trempé dans l’huile des sardines que j’avais fais cuire ce matin.
Ce petit chat interrompait ma rêverie, ma douce méditation dédiée à cette journée printanière, à cette sève qui bouillait d’impatience d’exploser dans l’apothéose de l’été car en dépit d’un vent farouche, il faisait assez chaud pour la saison.
 Et voila,qu’il fallait que je roule de la mie de pain, que je trempe mes doigts dans l’huile parfumée aux sardines, et que je remplisse une minuscule tasse de lait pour étancher sa soif.
C’était comme si elle commandait dans la maison.
Je prenais d’infimes précautions pour ne point l’effaroucher, évitant tout gestes brusques.
 Après chat, elle se détendait les papattes d’un air blasé et puis s’en allait fouiner quelques mètres plus loin pour ausculter cette maison humaine où l’on ne chassait pas les chats à coup de pieds ou de bâtons, comme c’était souvent l’habitude au village.
Je présumais qu’ils avaient du se donner la bonne adresse.
Car les félins parlent un langage secret, fait de clignement d’yeux, de frétillements d’oreilles et de queues.
Lorsque je rencontrais Marraine, je miaulais doucement et je clignais des yeux, (sauf des oreilles, et je ne possédais pas d’appendice caudal, encore maintenant d’ailleurs, il me manquait donc une partie de la grammaire féline !) comme pour dire : T’inquiètes pas nous sommes des potes !
Ma table où j’écrivais étant bancale, pour rétablir le niveau, je l’avais maintenue à l’aide d’une rotule de chèvre.
Une question idiote me passait par la tête : Si la table était oblique devais je pour autant écrire en italique pour rétablir l’équilibre ? ou à la rigueur, manger une chèvre pour récupérer sa rotule, et permettre ainsi à ma table d’être à niveau avec le reste de la maison ?
Ces grands questionnements métaphysicomiques traversaient mon esprit d’une manière tout aussi impétueuse que le vent qui soufflait à l’extérieur et je me mettais à rigoler bruyamment et sans retenue, faisant fuir les chats (mon seul public !)
C’était cela le secouage d’entrailles dont parlaient les anciens grecs ?
Mon enthousiasme s’enflammait assez vite à vrai dire, il suffisait d’un rayon de soleil, d’un bon verre de vin, etc.… et je partais à l’instar d’une fusée, psuuuit !
Une mouche passait et je rigolais !
Il faisait souvent beau dans ma tête et les gros orages étaient passagers.
A vivre dans ce petit village, j’étais devenu par la force des choses un vrai terrien et les tracasseries citadines me paraissaient incompréhensibles ou inutiles.

Le sureau

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 Recette à base des baies : à faire en automne pour l’hiver !   

      

                           SIROP DE SUREAU

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1. Ingrédients

2. Préparation

3. Application / utilisation (posologie)

Voila, une recette très facile à faire, d’autant plus qu’en ce moment c’est la pleine saison et du sureau on en trouve partout.  Choisissez le de préférence dans un bois où a la campagne.

 

1. INGREDIENTS
> 1 kg de baies de sureau noir
>
1 litre d’eau bouillante
>
1 kg de sucre

 

2. PREPARATION
> Faire bouillir 10 minutes 1 l d’eau avec 1 kg de sucre
> Ajouter 1 kg de baies de sureau (avec les tiges), laisser bouillir 4 minutes
> Retirer du feu, couvrir, attendre au moins 2 heures avant de passer au tamis.
> Recuire et mettre en bouteilles chaudes.

3. APPLICATION / UTILISATION
Application / indication :
>
A utiliser lors de toux.

Utilisation / posologie :
> A utiliser 1 à 2 cuillères à soupe(s) de ce sirop dans du thé chaud (plusieurs fois par jour)

  PS: le sureau est un petit arbre,facilement reconnaissable

 C’est un très bon anti-tussif et un diurétique .

Attention ! A ne pas confondre avec le sureau yèble dont les fruits sont toxiques

et qui est une plante, tandis que le sureau sambucus est un petit arbre.

            Ci dessus les photos du sureau yèble dont les fruits ne sont pas consommable

             Donc, je vous rappelle que pour les différencier, il faut savoir que le sureau sambucus nigra est un arbre et

             le sureau yèble une plante,pouvant atteindre 1,50 M

                 

Pages de photos : 1

Baies

Contrairement au Sureau noir, les grappes de fruits sont tournées vers le haut.

Approche

Début de la floraison

Les feuilles pennées

Grandes feuilles opposées forment dans un ensemble un rempart difficilement pénétrable par la lumière.

Une station

Une tige = une plante qui se ramifie au sommet en

Les fruits du sureau sambucus sont encore utilisés en confiserie et en pharmacie, et le bois de cet arbre servait jadis à fabriquer des flûtes .

Balada de Ciprian Porumbescu

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                 Ci contre vous trouvez une des plus belles phrases au violon.
                 Très beau morceau, assez nostalgique.
                 Interprété par Ciprian Porumbescu ( compositeur roumain )
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                        http://www.youtube.com/watch?v=fQyWdiKzgmQ 
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                       ( cliquez sur l’adresse YOUTUBE pour découvrir ou re découvrir )

Péripéties crétoises 38

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Encore une journée torride, d’un soleil implacable qui tapait dur.
J’étais dans la fraîcheur toute relative de ma chambre, à  l’abri de ses coups cuisants qui vous mettaient k.o à la moindre tentative de sortie.
Lorsque j’entendis comme de petits cris plaintifs, plus précisément d’infimes jappements qui semblaient venir du parking du monastère.
Les sons étant trop proches ils ne pouvaient provenir de ceux de Skilakia qui gardait le potager situé un peu plus haut.
Intrigué, je sorti et je vis un chien, couché en dessous d’une voiture,  qui suffoquait, haletait, la langue agitée de fébriles soubresauts, apparemment proche de la déshydratation.
J’avais peur pour lui à cause du mouvement de va et vient des voitures sur le parking.
 Car nous étions dimanche et l’église du monastère se vidait de ses nombreux fidèles.
C’était pratiquement le seul jour où nous avions de la visite, excepté en semaine quand parfois les pêcheurs nous offraient quelques exemplaires à nageoires que notre chère Kalogria s’empressait de faire frire.
Sous le sillage odorant des poissons et de la longue soutane noire de celle-ci, une multitude de chats suivait la vieille soeur jusqu’à la cuisine, s’agrippant, s’accrochant fébrilement à sa robe avec leurs griffes, affolés par ce fumet appétissant dont ils attendaient avec grande espérance les reliquats composés des têtes, des queues, et des viscères.
 Le chien se terrait donc sous la carlingue surchauffée d’une voiture.
 Il fallait agir en vitesse pour le sortir de là, mais d’abord sustenter le pauvre animal.
Je ne disposais de pas grand-chose à part deux ou trois tomates trempées dans un peu de paximadia.*
Je n’avais jamais vu un chien manger avec une joie si évidente, en dévorant ces tomates et ce pain comme s’il s’agissait d’un merveilleux festin 
 Ensuite, je demandai à chaque personne sortant de l’église, si elle ne désirait pas l’adopter.
 Mais aucun ne voulait de ce frère poilu, venu quérir le gîte et le couvert parmi les humains.
Après avoir terminé ce repas improvisé, cette infortunée bête ne me lâchait plus d’une semelle, croyant avoir trouvée son maître.
 Mais j’étais dans l’incapacité de la prendre avec moi.
Je bougeais souvent à l’époque, faisant fréquemment l’aller retour du village de Agios-Spiridon au monastère de Kapsa.
Ne sachant que faire, Je me trouvais notoirement dans un bel embarras, d’autant plus que ce petit chien me suivait partout comme l’animal du même nom.
Un quidam au courage extraordinaire, l’avait il abandonné sur la place du parking plus mort que vif sous un soleil accablant ?
Vint l’heure de partir.
 Un villageois se proposa de me conduire jusqu’au village voisin de Kalo Néro (distant de plus ou moins trois kilomètres)
Je pris position comme à mon habitude sur le plateau du pick-up.
En jetant un regard en arrière, je vis avec stupéfaction, ce pauvre chien qui courait derrière la voiture. J’avais vraiment le cœur serré et je tambourinai rageusement contre le toit du pick up pour supplier au conducteur de ralentir.
Oh bah ! il abandonnera, tu verras, m’hurla t-il, entre deux bourrasques de vent.
Mais il ne va pas tenir le coup Jusqu’à Kalo Néro, arrêtez je vous en supplie éructai je ! 
 Le gars se décida enfin de mauvaise grâce, de stopper sa voiture.
 Nous essayâmes d’attraper le chien.
 Fort heureusement, l’animal ne fut pas trop réticent et  j’arrivai à l’attacher avec un morceau de corde de chanvre que me tendit l’homme.
 Que vas-tu faire de ce chien ? Il ne vaut même pas la corde avec laquelle tu l’attache ! me dit il en haussant les épaules.
J’ignorai superbement les propos désobligeant pour la gente canine, et descendis au village.
En maintenant me dis je, si je ne trouve personne ici pour adopter cet animal que vais-je faire ?
Notre sort était lié, si je puis dire, car nous étions réunis par le même lien.
C’était qui au bout de la laisse en fin de compte ?
D’un côté il y avait moi et de l’autre ce corniaud qui frétillait de la queue, insouciant qu’il était.
 Pour lui l’affaire était classée, il avait trouvé son patron.
Par un hasard heureux, je rencontrai ce brave villageois qui justement cherchait un chien de garde pour son poulailler.
Je veux bien te donner cette bête mais jure moi sur la vierge Marie, (Jurer sur la Panagia, était l’argument imparable, auquel personne ne se serait dérobé) que tu nourrira ce chien convenablement et tout les jours que Dieu fait !
J’abandonnai donc cet animal à sa destinée et l’esprit léger, je m’en retournai au monastère en ayant le sentiment d’avoir fait une bonne action.
Je n’ai jamais très bien compris le mépris de certains envers les animaux.
Moi-même étant enfant, j’avais toujours eu des animaux.
Chien, chats, tortue, perruches, cobayes, souris blanche, et même des puces, mais ça c’est une autre histoire !
Au village d’Epano Episkopi, j’aurai pu acquérir à une certaine époque un âne pour la modique somme de 10.000 fb. (250 euros)
Une très bonne occasion, consommation minimum et entretien aisé.
Il suffisait de faire brouter cet animal sur le bord de la route.
En promenade, nous aurions partagé presque le même repas, car j’étais de préférence végétarien.
Yannis, (dont je vous avais parlé une autre fois, vous savez celui qui était sourd comme un pot…. Pire qu’un pot car un pot ça résonne ! ) voulait me céder son âne car il venait d’acheter un cheval blanc.
 Voyant mon incapacité à harnacher cet animal, il m’engueulait gentiment en me disant :
Voyons tu ne sais pas mettre un paletot sur le dos d’un âne, mais qu’as-tu appris à l’école ?
 Je lui rétorquais que dans la ville de Bruxelles où j’étais né, il était rare de circuler à dos de mule ou d’âne, même si Schaerbeek s’appelait le quartier des ânes, car en fait, cela faisait belles lurettes que nous avions renoncés à ce moyen de locomotion.
J’étais parfois abasourdi par certaines questions des villageois.
 Christos dans ton village à Brukselle (sic), c’est le jour où la nuit ?
 Comment ça le jour où la nuit ?
 Disons qu’il y a seulement une heure de décalage, alors ! Répondis je le plus simplement du monde.
Christos à Brukselle, combien coûte un âne ? Et je répondais gentiment et le plus honnêtement possible.
Je ne me moquais jamais des paysans qui venaient me poser des questions si incongrues. 
 Ces gens vivaient en osmose parfaite avec la nature et avaient des connaissances empiriques sur un tas de domaine et puis infiniment de poésie.
 Ce qui faisait le charme de la Crète, (la vraie celle du cœur) et des crétois.

Citation

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                         " Il  faut entretenir la vigueur du corps pour
                          conserver celle de l’esprit "
                         
                        
                         ( Vauvenargues)
                         

Suggestion de livre

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Présentation de l’éditeur
L’Occident a défriché son espace au cœur des forêts, et fondé contre elles ses institutions dominantes – la religion, le droit, la famille, la cité. De part et d’autre de leur ténébreuse lisière, tenus à distance, deux espaces s’épient, se menacent, s’interrogent. Forêts, monde écarté, opaque, qui dépayse, enchante, terrifie, remet en question la cité.
Robert Harrison raconte ici l’histoire des forêts dans l’imaginaire occidental. Avec Vico pour compagnon de voyage, il nous mène de l’épopée de Gilgamesh à la poésie contemporaine de Zanzotto. Dans les forêts, nous rencontrons Artémis, Dionysos, Roland Furieux, Descartes et Dante, les fées des contes, Rousseau, John Clare, une petite clairière de Constable, les symboles de Baudelaire…
En marge des débats actuels, l’auteur s’interroge sur notre rapport à notre habitat, puisque l’homme habite non la nature mais son rapport à la nature. Ainsi s’élabore une écologie de la finitude.


Détails sur le produit

  • Poche: 399 pages
  • Editeur : Flammarion (25 janvier 1994)
  • Collection : Champs
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2080812874
  • ISBN-13: 978-2080812872
  • ( prix de l’éditeur : 8 euros )