FIN MAI 2006 / BULGARIE

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 Fin mai 2006.

C’est avec une météo modeste franchissant péniblement les 15° que je descendis à Sofia.
Je pris le bus vers le centre, et là je demandai où se situaient les petites pensions à prix modiques que j’avais trouvé sur le net à Bruxelles.
Impossible de savoir. Apparemment personne ne connaissait ces endroits.
Ça commençait bien !
Faut dire que j’avais oublié de prendre ce stupide, insignifiant, prosaïque petit tétragone de papier avec les précieux renseignements. 
 Et je devais tout retenir par cœur et faisant confiance à ma mémoire.
Pendant des heures, j’errai dans Sofia en essayant de me faire comprendre dans les trois langues que je maîtrisai
 J’utilisai même l’italien et un peu le roumain…Mais que nenni, rien, niet !
Las, je finis par dénicher un petit hôtel d’aspect très bc k…bg ! (si je puis dire)
Il ne me semblait plus très frais comme je devais l’être au moment où je me présentai à la réception de l’hôtel : Spabrhcka.
L’immeuble avait été construit vers 1932 et semblait un gros bunker muni de fenêtres.
 Cela ne manquait pas de charme pour les nostalgiques de l’ex URSS.
La dame à l’accueil ne portait pas l’uniforme réglementaire et obligatoire, et parlait ou plus vraisemblablement baragouinait un peu d’anglais.
Je pense que la dernière couche de peinture effectuée dans cet établissement devait également remonter à 1932.
Le confort était assez frustre mais propre.
(Je m’excuse pour les nostalgiques en évoquant l’URSS. Car il y a de belles choses en Russie : La vodka, la place rouge, la vodka, la croûte du chef et Kroutchiev, la vodka, les zakouskis, la vodka, les grands espaces Sibériens, la vodka ,les isbas, guerre et paix et puis la vodka et aussi la vodka !
 Mais revenons à Sofia.
C’est plus tard et par inadvertance que je découvris en me promenant, les Youth Hostel pour les voyageurs comme moi.
Le lendemain, j’allai donc à cette auberge et essayai d’organiser mon futur périple.
  Au début ce fut le cafouillage, car dès le soir du 31 mai, il y eut de fortes pluies et ainsi presque sans discontinuer pendant deux jours.
 Après une nuit à l’hostel, Je décidai de prendre un train pour Melnik.
Voyant cette pluie, cela me filait le bourbon (comme dirait quelqu’un qui n’aurait pas le foie catholique)
 J’avais acheté deux kiwis et j’en donnai un à la gitane assise à coté de moi dans le hall de la gare.
 Elle tentait de m’expliquer quelque chose en me tendant des photos (ses enfants peut être) et moi essayant de décoder ce qu’elle voulait me dire.
Depuis près d’une heure, un gars était occupé à téléphoner.
Ce qui n’avait rien d’exceptionnel, sauf que deux policiers s’approchèrent et lui
Demandèrent ce qu’il faisait.
Réponse du quidam : Benh, heu, je téléphone !
J’ignorai la raison mais nos deux pandores l’embarquèrent.
Est il interdit de téléphoner au delà des quinze minutes réglementaire et obligatoire, ou sinon vous faites quinze mois de prison plus vingt cinq coups de fouet ?
Je quittai sans remords et sans être mordu de passion pour ce hall de gare
D’aspect lugubre. (Mais il se peut que la pluie ne m’encourageait guère à rester à Sofia) Je parti pour Melnik.
Le petit village de Melnik était assez charmant et touristique. (mais pas trop)
La pension typique, avec de grosses poutres apparentes, de gros tapis de laine partout, le patron était gros aussi !
Un jeune homme du nom de Peter, se proposa de me faire visiter la région jusqu’au monastère Russe.
Mon guide était très sympa  et nous parlions mi grec mi anglais.
Plus tard, j’eus l’opportunité de goûter à la cuisine locale.
La chorba, sorte de soupe à l’haricot et à l’aneth, du fromage cuit au four avec des herbes, du yaourt légèrement salé et du pain.
 Le vin était également très bon marché.
Par la suite, j’avais été boire de ce nectar dans une sorte de cave creusée à même la roche, assis sur des troncs d’arbres.
Moyennant un droit d’entrée dérisoire, nous avions droit à moult dégustations de vin blanc, rouge ou rosé (peu importait ce petit détail chromatique)
J’en buvais à pleine rasade mais jamais plus haut que le bord du verre.
Plus tard, j’assistai à un programme folklorique avec danse locale plus partage du pain et du sel comme dans la tradition. (C’est pour cela que l’on boit beaucoup à cause du sel ?)
Après un bon repos de deux  jours, je décidai enfin de faire un peu de trekking.
J’estimais que mon sac était trop chargé et au bout de trois ou quatre heures de marche, j’avais déjà envie de le flanquer dans le ravin.
Mais après tout, je l’avais voulu ainsi.
La nuit, en montant ma tente tant bien que mal, (et très mal)
étant abruti de fatigue, je l’avais mise sur une grosse bosse qui me faisait mal au dos et me poussait contre la moustiquaire. J’avais le nez collé dessus !
C’était Mister Bean en vacances !
Faut dire que de hautes herbes me cachaient l’accident du terrain et j’avais l’herbette dans ce grand pré !
En plus cette tente était montée en dépit du bon sens.
 (j’avais égaré la notice du montage chez moi)
Je passai une nuit effroyable et j’avais mal au dos comme si l’on m’avait bastonné toute la nuit !
En descendant sur la route en contre bas, je fus pris en stop par un gars qui ne possédait même pas une deux-chevaux, vu qu’il conduisait une carriole tirée par un cheval.
Je fis un peu la route avec lui.
 La conversation dès le début semblait aléatoire, car il n’arrivait à s’exprimer qu’avec de curieux sifflements et claquements de la langue.
Et pour cause, il possédait un larynx artificiel.
 Dans ces conditions, ce n’était guère aisé de se faire comprendre.
J’arrivai malgré tout à saisir plus ou moins l’essentiel entre deux ronflements bizarres de son larynx.
 Il me laissa à l’entrée de son village.
Là, je continuai à pieds sous le regard éberlué des autochtones, ma petite pérégrination avec mon sac à dos qui devait bien peser dans les quinze kilos.
 Quelque kilo…mètres plus loin, ce fut une voiture de policier qui me donna un lift, pas loin du village de Pirin.
J’étais dans ce patelin de Pirin où il n’y avait strictement rien, pas même un bistro.
Par chance, je rencontrai un chasseur (plutôt un braconnier) qui me guida jusque dans la montagne, dans un abri où je dormis d’un sommeil profond, telle une bûche douillettement nichée dans la tiédeur d’un feu suave somnolant dans la cheminée.
Je repris la route et mon courage à deux mains.
Plus justement, je devrai dire que je pris la route à deux pieds et mon courage à deux mains ( et pas à demain non plus)
C’est ce mardi 6 juin que je débarquai, (notez bien la date du 6 juin !) dans ce minuscule hameau  qui n’était pas un village mais le lieu-dit : Papachir. (plus ou moins vingt kilomètre de Golce Delchev)
L’endroit idéal entouré de montagnes (nous étions à plus ou moins 1500 mètres d’altitude)
Le logement était particulier.
 La petite pension, (quoique cet adjectif semblerait inapproprié) que je trouvai dans ce sylvestre lieu, était un compromis entre un camp de scout, une colonie de vacances et un camp militaire.
Aussi esthétique qu’une caserne.
 Imaginez un long bâtiment, d’aspect pour le moins sobre et austère, avec des petites chambres toutes pareilles.
 (Il y en avait au moins une vingtaine alignées l’une à côté des autres)
De plus, j’étais absolument seul dans cet endroit perdu.
Aucunes lignes de bus.
Si je voulais aller dans la ville la plus proche, je devais descendre dans la vallée à travers la forêt et marcher environ trois heures.
 L’isolement total, n’étant pas fait pour me déplaire.
Malheureusement, cette année, il pleuvait souvent.
 Il avait plu, il pleuvait, il allait pleuvoir.
Pour une fois que j’arpentais le beau pays des thraces et des bogomiles.

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  1. … tu étais tracassé … pour moi, dans ta situation, le mot eût été trop faible ! J\’aime tes descriptions ! C\’est aussi peu dire que le courage ne t\’a pas manqué ! Heureusement que tu as "hérité"  !!!!!!!! Bonne journée Christian !

  2. Il est vrai que lorsque j\’utilise le verbe "tracasser " en parlant de rats faisant la bringue chez moi , cela semble un peu littéraire et désinvolte .
     Certains soirs, ces bestiaux étaient tellement bruyants, que je n\’arrivait pas à dormir. Sans oublier les "tracasseries "des moustiques virevoltant comme des escadrilles au dessus de ma tête. Quand aux araignées, elles étaient encore très discrètes, provoquant le moins de bruits possible lorsqu\’elles arpentaient le sol ou le plafond avec leurs pattes velues.
    Et pour finir, les lézards que l\’on nomme des geckos, avaient une apparence translucide et molle , un peu comme du raha-lockoum. Quand à eux, ils émettaient de drôles de petits cris ainsi : Crouiiîk Crouiïk crouuiîk et tombaient par terre dans un bruit mat caractéristique…. kaplack plack….. ou quelque chose comme ça !  Allez un vrai cours d\’histoire naturelle et d\’entomologie !

  3. Merci Christian, je me suis régalée par les descriptions supplémentaires ! Tellement bien écrit que je voyais tout ce petit monde faisant la ronde chez toi !  Je lis ton com . il est 0h.25et je vais aller au lit Je suis sûre que je vais en rêver !!! Ca y est, je me gratte déjà la tête …

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