Le fer à repasser et les moules

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Il y a quelques années de cela, j’habitais avenue des azalées, juste en face du parc Josaphat à Schaerbeek.
Je louais un rez de chaussée pour un prix modique.
Les pièces étaient très grandes et les plafonds immenses car ils devaient faire au moins quatre mètres cinquante de hauteur.
Une mezzanine avait été aménagée pour scinder l’appartement, ce qui procurait un gain de place, mais surtout la sensation d’être sur le ponton d’un navire, c’est là que j’avais mis mon lit, constitué d’un matelas posé par terre et de quelques coussins.
Je n’avais pratiquement pas de meubles, excepté une table basse, une chaise dont on avait sciés les pieds, (pour être à la hauteur de la table) une banquette provenant d’une voiture, des paquets de bouquins posés à  même le sol.
Au milieu de la pièce, se trouvait la charrette d’un grand magasin bourrée également de livres, et c’était à peu près tout.
Un décor en fait très sommaire, et puis des bouquins, encore des bouquins.
Je pense qu’il y en avait jusque dans la cuisine, qui était composée d’une petite table et d’une armoire encastrée.
La cuisinière n’était pas d’une très grande utilité, vu que le gaz n’avait pas encore été installé, par contre il y avait de l’électricité.
Je connaissais un copain qui habitait dans le grenier.
Il jouissait du lieu gratuitement, car souvent il effectuait de petits travaux d’entretien dans l’immeuble, un peu de peinture, du bricolage etc.…
Comment décrire ce copain Guillaume ?
Faut dire qu’il était assez spécial, plutôt atypique et un peu zinzin (ceci dit dans un sens sympathique)
Par exemple, lorsque j’allais lui rendre visite, il insistait toujours pour qu’on aille se balader sur les toits.
Nous arrivions ainsi, à faire presque le tour du bloc. L’immeuble était assez grand et nous avions une superbe vue sur le parc Josaphat.
Quand je lui expliquais, que je n’aimais pas cela et que j’avais le vertige, il me répondait : Il ne faut pas avoir peur de tomber, si tu penses que tu vas tomber, alors tu tomberas sûrement.
Si tu as le mental assez fort, tu pourras traverser ce building pour rejoindre l’autre sans tenir compte de la force de l’attraction terrestre car c’est ton mental qui commandera.
Je vous dirai que je n’eus jamais la curiosité de tester sa fameuse théorie et que je préférais avoir le mental un peu moins balèze plutôt que de me retrouver en bas, à l’instar d’un pantin désarticulé ou au pire comme un navrant puzzle.
Nous fréquentions assidûment le bistro : Le jugement dernier, qui était situé rue Josaphat à Schaerbeek.
Un soir, après moult libations mousseuses dédiées principalement à la bière (dans ce lieu nommé plus haut) il insista pour me porter sur ses épaules.
Il voulait prouver une fois de plus l’efficacité de son système. (de sa théorie)
La force du mental….et que je te soulève par mon mental etc.…
Néanmoins, le lendemain, il m’engueula d’une manière pas très fraîche, en disant qu’il avait très mal au dos.
Qu’il avait du me porter, que j’avais abusé de sa bonté etc.…
Je lui rétorquai, que je ne lui avais rien demandé, qu’il m’avait pratiquement obligé de grimper sur ses épaules, et que finalement cela n’était pas grave, puisque c’était son mental qui faisait tout le boulot !
Voila le genre de personnage un rien fantasque.
Mais je n’étais pas loin d’être le dernier des farfelus.
Un jour, en rentrant à la maison, nous avions été témoins d’un petit drame.
Une voiture venait d’écraser un malheureux pigeon.
Le conducteur semblait vraiment navré.
C’est dommage pour cette pauvre bête, se désolait il.
L’oiseau n’ayant pas survécu à l’impact, nous nous contentâmes de l’amener chez nous.
Je ne sais plus qui se proposa de le manger, mais toujours est il qu’il finit son parcours dans la casserole et peut être même accompagné de riz !
Avec le recul et les années, je ne pense pas qu’à l’heure actuelle, nous aurions  agi pareillement, surtout lorsqu’on sait toutes les maladies que ces bestiaux de ville peuvent amener. (mais à présent je suis végétarien)
Pour cuisiner, c’était encore tout un système crée par Guillaume.
Comme nous ne disposions pas de gaz, mon copain avait trouvé une idée brillante…Oh peut être pas assez pour s’éclairer, car il avait beau avoir des idées lumineuses, ce n’était pas un phare non plus !
Dans un des tiroir de l’armoire de cuisine, nous avions réussi à coincer un fer à repasser qu l’on disposait à l’envers, de façon à pouvoir déposer une petite casserole dessus.
J’avais été chercher des moules (chez lez poissonnier et pas des moules géantes que l’on trouve dans le fond de la vase du parc Josaphat… des vraies moules de Zélande !)
Nous étions parvenus à cuire des moules sur un fer à repasser ! (de toutes manières comment croyez vous que le pigeon avait été cuit !)
La cuisson des moules fut très facile mais il fut impossible de faire des frites !
Je dois dire que nous eûmes notre petit succès, lorsque nous racontâmes
La façon particulière de cuire des moules, les gens rigolaient et nous prenait pour de drôles d’oiseaux.
Nous étions loin d’être moroses.
Pour faire une plaisanterie, j’avais rédigé une sorte de fausse annonce que j’avais placardé devant la vitrine du rez-de chaussée où je séjournais.
«  A vendre une paire de baffes pour tout renseignements sonner au rez de chaussée. »
Nous attendions, hilares, l’éventuel chaland qui aurait eut besoin d’une bonne paire de baffes.
A chaque personne qui s’arrêtait, intrigué par cette curieuse pancarte et qui se penchait pour lire, nous n’en pouvions plus de pouffer de rire, cachés derrière les rideaux.
Ah, v’la encore un qui cherche des baffes !
D’aucun pensaient qu’il y avait sans doutes une erreur et qu’il s’agissait en fait d’une  paire de baffles pour une chaîne stéréo.
Voyez vous, il ne fallait pas grand-chose pour faire notre bonheur, un fer à repasser, des moules, quelques bouquins etc.…
J’espère que ce petit billet vous aura déridé, sinon essayer avec un fer à repasser
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  1. Ah, pasbanal ce Christian?????????????????????,
    Vais  me pnromener un peu plus sur ton blog, pour trouver des choses rigolotes ou sérieuses.
    Be, ton billet m\’ a déridé.
    Merci pour le lifting gratuit, vais refiler le truc à mon namie Anne-Marie.
    Tiens au fait comme j\’ai un fer machine à vapeur, penses-tu que je puiise cuire mes légumes, de la sorte, je mangerai + light: donc + de rides, – de kg. superflus.
    Génial tout ça.
    A+
    Marie Pipoune

  2. Très drôle… j\’ai bien ri avec ton copain Willem… sympa et un rien zinzin comme tu dis ! Je veux bien que le mental peut nous aider beaucoup mais bon, tu as été sage car je doute de sa puissance face à l\’attraction terrestre !!!  Belle journée à toi Christian !

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