La rue des artichauts

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J’ai été me promener du côté de la ferme Nos Pilif, dans un endroit que j’affectionne particulièrement (entre la ferme Nos Pilif et l’hôpital militaire de Neder-Over-Hembeek)
L’endroit est un peu désaffecté et il y a du bruit à cause de l’autoroute toute proche, mais on y trouve encore d’anciens vergers qui se débattent entre les ronces et autres plantes envahissantes.
J’étais d’ailleurs très content, ravi, d’avoir pu ramasser de belles pommes de la variété que l’on nomme cox orange pippin (au minimum trois kilos) et j’ai même trouvé du raisin.
Par la suite, j’ai cueilli de la tanaisie qui est une fleur jaune à l’odeur caractéristique qui fait songer un peu au camphre.
Ce fut une courte promenade, mais remplie d’une douce poésie, j’avais le sentiment agréable d’être en accord parfait avec la nature.
Je suis également très satisfais de vous dire cela via le blog, car figurez vous que j’ai mangé pour le déjeuner, des gros haricots blancs ( des soissons ) et présentement, je pète d’une manière très sonore et parfumée à tel point que j’ai ouvert largement ma porte. (celle qui donne sur le jardin)
En dépit de la renommée pétaradante des haricots, ce ne sont pas eux les plus puants, mais les plus musiciens si vous me permettez cette expression.
Pour les vents les plus infects, il faut manger soit des oignons, des choux-fleurs, (déjà que les choux-fleurs puent à la cuisson, c’est pour vous dire)
Des œufs ou des champignons… alors là c’est l’usine !
Suite à cela, comment  arriverai je à vous amener à la rue des artichauts ?
Pourquoi parlerai je de la rue des artichauts ?
J’ai détesté les artichauts pendant de nombreuses années, suite à une indigestion à Blankenberge.
Que cela soit une indigestion à Blankenberge, à Steenokerzeel, à Copacabana, dans l’archipel des Ouagadougou, en Papouasie, à Douarnenez ou ailleurs, cela reste une expérience fort éprouvante.
Il aurait suffit que l’on prononce le mot : artichaut, devant moi pour que je commençai à me sentir mal.
 Mais revenons à la rue des artichauts, et à l’anecdote qui s’y rattache d’une façon encore très claire et précise dans mon esprit.
Dans la rue des artichauts, habitait ma tante Colette. ( et pas dans la rue Colette habitait ma tante Artichaut…un peu de sérieux !)
 Ce qui était tout à fait faux car en réalité, ma tante Colette n’était pas ma tante mais la maîtresse de mon père (qui, vous vous en doutez, n’allait plus à l’école depuis belles lurettes et avait donc pris une maîtresse pour sa récréation.)
Quoiqu’il en soit, j’étais tout gamin et j’ignorais les pieux mensonges des adultes, ou alors cela passait au dessus de ma tête,  les enfants ayant également leurs problèmes existentiels à résoudre et bla bla bla…..)
C’était le soir des Pâques, ce qui à son importance dans la poursuite du récit, vous allez savoir pourquoi !
Cette vieille maison datait du début vingtième siècle.
Le sol de l’entrée était recouvert de carrelage, ce qui donnait une atmosphère de douce fraîcheur, certains pans de murs étaient en marbre et la rampe d’escalier était terminée par une grosse boule. (en marbre également)
La maison grinçait ainsi que les planchers, ça respirait et vivait.
Au rez de chaussée, il y avait un piano qui me fascinait, l’ensemble du  lieu était empreint d’une magie, d’une ambiance agréable et insouciante.
Ma tante Colette était d’ailleurs une très bonne cuisinière, et elle adorait faire la fête.  J’ai des souvenirs de nouvel an et de Noël assez fabuleux.
Un soir, elle fut très étonnée de voir que j’appréciais la bisque de homard qu’elle avait amoureusement préparée avec les ingrédients les plus frais.
C’est la première fois que je vois un enfant aimer ainsi la bisque de homard, d’habitude pour leur faire manger du poisson, c’est toute une affaire ! disait elle.  En fait, je crânais en dégustant sa drôle de soupe, et j’en ressentais de La fierté, presque de l’héroïsme, en me disant : Je suis un enfant et je mange des choses comme les adultes.
Bien sûr, fallait pas que je me dégonfle, et lorsque elle proposa de m’en resservir, je n’osai refuser, de peur de la  vexer.  Heureusement que je n’eus pas d’indigestion à l’instar des artichauts rue des artichauts à St Josse.
 L’installation électricité de cette maison étant vétuste, nous avions souvent des pannes, alors mon père descendait à la cave pour aller réparer les plombs.
Un peu de fil électrique que l’on enroulait tel un bandage autour du plomb récalcitrant et le tour était joué ; (jusqu’à la prochaine fois)
Un jour en passant dans le hall, manque de pot, la lumière rendit l’âme et s’est en tâtonnant dans le noir, que j’essayai de retrouver mon chemin et puis ‘bing’ ma tête rencontra cette énorme boule de rampe d’escalier en marbre.
Je ne fis pas toute la comptabilité des étoiles que je vis à ce moment là, mais croyez moi le choc fut notoire et une grosse bosse apparue quasi instantanément.
Mon père et Colette vinrent aussitôt, suite aux cris que je poussai.
Heureusement, rien de grave, j’avais la tête dure à l’époque.
Le seul problème, c’était cette  énorme bosse sur le sommet du crâne.
Ma tante se souvenant de quelques notions de secourisme me fit un bandage, je dirai plutôt une sorte d’emballage autour de la tête.
Avec ce look, j’avais l’impression d’être comme un œuf de Pâque et justement c’était la saison !
Une tête comme un œuf de Pâques, je n’avais pas l’air cloche !
Pour finir, je m’étais consolé en mangeant des œufs en chocolats (sans artichauts ni bisque de homard)
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  1. Ton billet est un vrai délire digne d\’un Bobi La Pointe ! Bonne journée  et bon week-end à la recherche des fruits d\’automne ! Ne mange pas trop de noix ! Si elle sont riches en oméga 3 elles font aussi grossir !

  2.  En fait, tout est vrai dans mon récit ( c\’est comme dans le cochon tout est bon )
    Et la rue existe réellement, elle se nomme : La rue de l\’artichaut ( au singulier ) et se situe quelque part derrière la place St-Josse à St-Josse.

  3. Je me dois absolument  d\’ajouter à ta liste d\’aliments péteurs  : justement l\’artichaut !
    Lors d\’un séjour en Suisse, chez une amie (que tu connais) ayant mangé un bel artichaut/vinaigrette,
    celle-ci a passé de nombreuses heures a pété sans cesse ( en plein air) (ah, le grand air de la Suisse)
     
    Très drole ton billet, et au fait comment appell-t-on les collectionneurs de boules de rampe d\’escalier ???
     
    Bien le bonjour, mon cher ami et grobizouxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
     

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