Retour Avenue des azalées

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Ah bon ? Vous en voulez encore des élucubrations de Guillaume et consorts? N’allez pas vous plaindre ensuite, nous n’accepterons aucunes réclamations !

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Dans cette fameuse maison de l’Avenue des azalées, nous avions parfois la visite d’un certain Bart. C’était un artiste polonais, graveur de son état (et accessoire-
ment peintre)
Pour un graveur, il était grave, aussi atteint que Guillaume dans l’exubérance !
J’ignore si c’était vraiment pour le plaisir de nous rendre visite, ou simplement pour nous aider à terminer les casiers de bière que nous avions acheté.
J’avais de forts soupçons concernant la deuxième hypothèse.
Toujours est il qu’il tapait fort dans nos munitions, en nous promettant que dès qu’il aurait vendu une gravure ou une peinture, qu’il allait nous inviter à dîner dans un beau restaurant de notre choix, et bla bla bla….
Nous attendons encore à ce jour son improbable invitation.
C’était un pique-assiette de première classe.
Je le voyais souvent dans le quartier, se plaignant de n’avoir pas d’argent.
Il parlait toujours de faire des expositions et puis de vendre pour un minimum de cent milles francs. (Ce qui représentait une somme rondelette à l’époque)
Il était surtout très riche de son imagination et restait un fauché chronique.
Il vendait la peau de l’ours avant de l’avoir tué mais essayait d’avoir la peau du pigeon avant de l’avoir plumé !
En l’occurrence ce pigeon plumé c’était moi ! (jusqu’à un certain point !)
Il avait cette façon de vous demander quelque chose, en vous donnant l’impression de vous faire une faveur, un insigne honneur.
Le grand artiste daignant vous adresser la parole.
En le rencontrant dans la rue, il m’apostrophait en me dictant d’un air d’autorité, maintenant, paie moi un repas !
La première fois, cela m’avait surpris, cette façon de parler comme s’il s’agissait d’une injonction à laquelle il ne fallait pas déroger.
J’avais trouvé cela tellement culotté, que finalement je minimalisais l’aspect désagréable et si peu courtois de sa demande. (cela devenait même comique)
 Nous allions en ce temps là dans les petits restos du quartier (Le Tigre et La Cantine, qui étaient tout deux situés rue Josaphat)
Outre cet aspect pingre du personnage, il possédait heureusement des côtés nettement plus sympathiques et allumés
Un jour en passant chez lui, dans son appartement qui était en même temps son atelier, je fus surpris de voir toutes les portes par terre, hors de leurs gonds (exceptée celle de l’entrée)
Il avait commencé à peindre l’une d’elle et projetait de faire pareil avec les autres. Je n’ai plus d’argent pour me payer de la toile se plaignait il, alors j’utilise les portes pour ne pas perdre la main !
Vous pensez bien que le propriétaire n’était pas au courant de ce qui se tramait avec ses portes, et je pense qu’il n’aurait été guère ravi de la perspective de les voir exposées dans une galerie à Bruxelles ou à Steenokkerzeel ! (A moins que le peintre fut très connu, très côté, et que ses toiles ou ses portes puissent partir pour une somme très alléchante, ce qui n’était pas le cas évidemment.)
Mais revenons si vous le voulez bien à l’Avenue des azalées.
Guillaume et Bart étaient en très vive discussion et ça chauffait…. Forcément avec deux allumés pareils !
Guillaume défendait sa théorie de l’équilibre aléatoire ou quelque chose comme ça.
Il disait qu’il suffisait de trouver le point d’inertie de l’équilibre aléatoire pour pouvoir s’y accrocher et ainsi de ne pas tomber.
Ouais, cela me faisait songer irrésistiblement à la blague du fou qui peignait son plafond, tandis que l’autre retirait l’échelle en lui disant de bien se tenir au pinceau !
Pour démontrer le bien fondé de sa théorie, notre ami Guillaume, avait attaché à un crochet au plafond, (qui était assez haut, je vous le rappelle, au moins 4,50 m)
une corde qui était elle-même reliée à une échelle.
Le tout basculait dans le vide, car l’échelle bougeait constamment à l’instar d’une balançoire.
A ce moment là, je sortis faire une petite course en ignorant ce qui allait se passer par la suite.
C’est en rentrant un peu plus tard, que je compris le petit drame qui s’était déroulé durant ma courte absence.
L’échelle gisait au sol ainsi que Guillaume qui se tordait de douleur.
Imbécile, c’est de ta faute, disait il à Bart. Fallait pas me dire que j’allais tomber ! Je suis tombé car ton esprit négatif a voulu que je tombe.
Ton esprit a dit que je devais tomber et voila le résultat !
Mais non, se défendait Bart, ce n’est pas vrai, l’échelle était dans un équilibre instable, tu es tombé par ta propre bêtise.
Ce cher Guillaume, voulait à tout prix prouver que son système était possible, d’ailleurs il m’avait fait une démonstration, une autre fois.
En attachant l’échelle à une corde au plafond. (les pieds de l’échelle ne touchant pas le sol)
Il peignait ainsi le mur tout en se balançant de droite à gauche. (ou vice versa)
Dans son mouvement il utilisait une brosse ou un rouleau, tout en me disant, tu vois, je n’ai pas besoin de déplacer l’échelle, elle se déplace toute seule.
Le résultat final, fut deux ou trois côtes fêlées, (à peine plus que son propriétaire) et un bras dans le plâtre.
Sa démonstration de voltige ne convainquant personne, je lui disais que s’il persistait dans cette voie, il pouvait toujours se présenter au cirque de Bouglione car avec un spectacle comme ça, il allait avoir du succès.
Mais que chez moi, je ne voulais plus voir des échelles qui pendaient au plafond. (une échelle c’est fait pour avoir ses pieds sur le sol, c’est comme cela, c’est la loi de la gravité.)
Voila un bref échantillon de ce théoricien de l’absurde qui bien souvent terminait son parcours avec quelques bobos.
Dura lex sed lex : La loi est dur mais c’est la loi. Ceci est d’autant plus valable, lorsqu’il s’agit de la loi de la gravité….. Surtout , quand vous chuter d’une certaine hauteur, vous vous rendez compte alors de l’inévitable et dure réalité de ce principe physique.

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Une réponse "

  1. Hé, le taux d\’alcoolémie de tes potes?????t\’as vérifié??????
    Le centre degravité et les lois de l\’apesanteur se modifient au-delà de 0.5 g………………….
    prouvé scientifiquement, mon cher Albert E.
    Amitiés………………….je m\’amuse bien sur ton blog.

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