Péripéties en Cornwall ( Angleterre ) CHAMPS DE FRAISES POUR TOUJOURS

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 Les aléas de la vie, font que vous vous retrouvez quelques fois dans des situations pour le moins bizarres, étranges, et (ou) inconfortables.
Tout dépend de la direction que vous aurez prise à un moment donné.
A vrai dire, on essaye de  mener sa barque le plus diligemment possible en évitant les écuelles et les requins.
Mais bien souvent il faut ramer durement pour arriver quelque part.
Vous ne possédez qu’un humble esquif, alors que d’autres naviguent sur un paquebot confortable.
Néanmoins, si vous arrivez à sortir votre tête hors de l’eau, sans  boire la tasse, vous avez du bol !
La vraie richesse se trouvera en vous-même, et votre force sera dans la capacité à résoudre les différents problèmes qui parsèmeront inévitablement la route dans votre vie d’humain.
Pour illustrer mes propos, je vous soumets ce petit récit.
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 C’était en 1976 à Mévagissey, dans la région de Cornwall en Angleterre.
(Vas y papy raconte !) Once upon a time… comme disent les anglais.
Pour une raison qui serait trop long à expliquer, je me retrouvais sans le sou et par conséquent sans habitation.
Il fallait que je sois rudement fauché pour en être arrivé là.
(Les logements chez l’habitant étaient pourtant assez bon marché, vous aviez déjà un bed and breakfast à 2,50 livres)
Pour 5 livres, on vous servait le déjeuner au lit comme un petit seigneur.
Yes sir, do you want nothing else ? at your service, sir etc…
Malgré cette difficulté pécuniaire, je gardais le moral.
J’avais travaillé pendant toute la saison des fraises, et cette année  fut vraiment exceptionnelle.
Le soleil ayant atteint des sommets rarement égalés.
Ce temps des fraises, était à inscrire dans les annales
Car, nous avions eus de pointes de canicules allant jusqu’à 36°.
Un phénomène plutôt rare dans le beau pays des Angles.
Cueillir des fraises n’était pas à vrai dire, un boulot de tout repos.
Vous étiez toute la journée sur les genoux au ras des pâquerettes à cueillir les fraises. (Et non au ras des fraises à cueillir des pâquerettes, ce qui n’est pas la même chose, ni la même époque !)
A la fin, vos mains étaient toutes rouges, comme ensanglantées par le jus des fraises, que vous aviez décapitées ainsi pendant toute la journée.
Le boulot était certes éprouvant mais bien payé et nous dépensions tous nos sous dans les pubs du village.
J’en ai passé des soirées dans ces pubs, des moments de pur délire, que je rougirai presque de vous narrer, mais bon, il y a longtemps de cela et j’étais bien fou, bien feu follet à l’époque.
(Une époque ma fois pas si opaque, en tout les cas moins opaque que l’abondante fumée qui régnait dans ces genres d’établissements)
On chantait, on dansait, on  pissait dans les verres. La bière coulait à flot.
Le lendemain, on comptait les billets rescapés du naufrage, et le soir rebelote.
On chantait, on dansait, on pissait dans la bière, et la pisse coulait à flot !
Ce qui est normal quand on ingurgite une telle quantité de breuvage !
Mévagissey, possédait cinq ou six pubs, j’en avais tellement fait que j’étais arrivé à me faire exclure de la plupart d’entre eux !
De plus, par un hasard assez comique, j’avais reçu d’un ami, fabricant de bougies parfumées, une petite bouteille d’essence de fraise que j’utilisais à l’instar d’une eau de toilette. Pour couronner le tout, le soir après le boulot, j’écoutais souvent au juke box, la chanson des Beatles : « Strawberry fields for ever. » (champs de fraises pour toujours !)
Je bossais donc dans les fraises, je me parfumais à la fraise et j’écoutais :     champs de fraises pour toujours.  Ambiance surréaliste !
Ayant fais la cigale pendant tout l’été, je me trouvais fort dépourvu quand la bise fut venue etc.…. Merci La Fontaine, pour ce clin d’œil.
D’ailleurs si je n’avais bu que l’eau gratuite de la fontaine, je n’aurai pas été dans une telle situation économiquement scabreuse !
Je me débrouillais un peu. J’allais par exemple ramasser des moules dans les rochers, je me nourrissais de fruits rouges. (Des groseilles, des mûres, heureusement très abondantes, grâce à un soleil généreux)
Finalement, j’en avais marre du menu : Moules, groseilles et mûres.
Alors, je décidais d’aller chiper des pommes dans les vergers pour agrémenter mon quotidien.
Je dormais dans les bois en m’abritant en dessous d’un plastique.
Un jour, ayant repéré une ferme pas loin de la forêt où j’avais élu domicile, j’avais imaginé tout un plan.
A la nuit tombée, je fis une petite inspection de routine. Que voulez vous, j’avais faim et c’était mon estomac qui prenait les commandes ! (mon cerveau n’avait plus rien à dire !)
Par chance, je trouvais des bouteilles de lait et même des œufs.
Ce petit chapardage durât un certain temps.
 La journée je n’osais pas m’approcher de la ferme, de peur que l’on puisse lire dans mes œufs… Heu, je voulais dire dans mes yeux, que le grand voleur d’œufs et de laits, c’était moi !
Ce petit manège dont je fus le cheval fou, failli mal finir pour moi.
Un beau jour, étant allongé tranquillement dans ma tanière, (si je puis dire)
J’entendis murmurer dans  les broussailles.
Pour comprendre un peu le topo, il faut savoir que le sentier menant au bois était encombré d’épais buissons qui me cachaient un peu de la vue d’éventuels promeneurs. J’avais pratiqué un trou, (lequel trou était rebouché avec des branchages, mais ils aurait suffit de soulever cette petite entrée végétale pour parvenir à l’endroit où je me trouvais.)
Je distinguais, arpentant le chemin, deux casquettes de policeman qui était bien sûr accompagnées de leurs propriétaires.
Zut, me dis je ! Si jamais ces deux flics avaient la bonne idée de venir fouiller par ici, je suis cuis ! Car évidemment, une pensée fulgurante me traversa l’esprit, le fermier avait du porter plainte, cela expliquait leurs présences en ces lieux. Peut être même que l’on m’avait vu !
Apparemment ces deux policiers ne devaient pas prendre cette mission fort au sérieux. J’entendais leurs rires et leurs conversations, ils n’étaient pas très loin ! Parfois l’un où l’autre, jetait négligemment un coup d’œil  à travers les fourrées et c’était à peu près tout.
 Le suspens, c’est lorsqu’ils frôlèrent ma cachette.
J’étais couché à plat ventre, et je me disais que s’ils découvraient mon antre, il aurait été très difficile de nier les évidences.
En l’occurrence, les nombreuses coquilles d’œufs (et de moules) répandues sur le sol, témoignaient du style de menu auquel j’étais habitué !
Je me donnais l’impression d’être à l’instar d’une fouine ou d’un renard et qu’on allait donc organiser une battue !
Par chance, ils ne firent que passer sans se rendre compte que le voleur d’œufs, était là à portée de leurs mains.
Bien sûr, je n’ai pas fais une longue carrière de chapardeur d’œufs et de laits.  J’eus bientôt marre de cette situation et un matin, je décidais de faire du stop jusqu’à Brighton que je connaissais déjà un peu…. Par la suite, j’avais réussi à trouver du travail dans un grand hôtel, etc.….
(Mais je vous raconterai cela une autre fois)
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  1. Derrière cette écriture qui se veut "ironique" se cache une partie de la misère du monde !
    Salut à toi l\’écrivain – et non le vain écrit ! Toute mon amitié

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