Péripéties en Cornwall ( Angleterre)

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Un jour, j’en ai eu marre de vivre dans ce bois comme un Cro-Magnon.
(Voir le billet du 17 octobre)
Quoique, je présume que le Cro-Magnon devait vivre en famille avec sa Cro-magnonne et ses Cro-mignonnets. (Pas seul comme je l’étais.)
Après la chaude alerte causée par le passage des policemans, j’étais à  vrai dire un peu refroidi.  La solitude me pesait plus que l’apparente légèreté de mes repas frugaux. De plus j’avais toujours l’impression d’être comme une fouine qui ravageait un poulailler.
J’arrivais malgré tout à garder une certaine bonne apparence et pas une tête de bandit patibulaire. (Le délit de sale gueule ?)
Pour me laver c’était simple, j’allais me baigner dans la mer toute proche.
La journée j’errais dans la petite ville, et gare à l’imprudente qui aurait laissée sa tarte crumble à refroidir sur l’appui de sa fenêtre !
Mes mains se baladant librement.
J’épiais même les endroits où les braves gens avaient mis leur linge à sécher. (J’ai dis le linge à sécher et pas le singe à lécher… !
J’étais peut être dans une situation difficile et l’estomac roulant souvent à vide, mais j’avais quand même ma fierté ! Ce ticheurte qui pendait là, solitaire sur un fil, me semblait juste fait pour moi. Voyez vous ce genre de petit larcin, ne méritait pas que l’on me tranche la tête.
D’ailleurs et jusqu’à ce jour, on ne m’a pas tranché la tête. (parfois je l’oublie, mais c’est de la distraction)
D’accord, j’étais dans une situation inconfortable, dont j’étais le seul artisan.
Même, les moutons dans la campagne, lorsqu’ils bêlaient paraissaient se moquer de moi. T’es dans la mèèèrde, t’es dans la mèèèrde ! Semblaient ils me dire.
 Un jour en pénétrant dans une serre, j’y avais trouvé des tomates et  une bouteille de sherry.
Je ne vous dis pas la fête que je fis ce soir là avec moi-même, mon ego et mon surmoi etc.…
Dans ce taillis où je me cachais de la vue des gens trop curieux, je remarquais un drôle de phénomène. La nuit, des morceaux de bois devenaient fluorescents, c’était bizarre à contempler, je voulais en ramener pour montrer cette particularité à d’autres personnes intéressées par la chose.
Dans ma grande naïveté, je pensais avoir fait une découverte essentielle.
(J’ai su par la suite, que le phénomène de fluorescence était du à des champignons microscopiques)
Mais au fait pourquoi me retrouvais je seul dans un bois ?
J’étais venu en Angleterre avec Claude un ami français habitant à Dieppe.
Lui aussi aurait pu être qualifié de phénomène.
Sauf que le soir, il ne devenait pas fluorescent.
Avec les pilules bizarres provenant de la pharmacie familiale qu’il consommait à l’instar de vulgaires cachous, cela ne m’aurait pas étonné.
Nous avions rassemblés un peu d’argent pour faire le voyage jusqu’en Cornwall, où il devait rejoindre sa sœur.
Cette sœur dont j’ai oublié le nom, connaissait une sorte de vieil hippy qui vivait dans un taxi londonien (le vrai avec le taximètre et les banquettes en cuir.) Les premiers jours, l’hospitalité nous avait été offerte, mais par la suite nous nous étions débrouillés pour loger ailleurs.
Non, bien sûr nous, ne dormions pas tous dans le taxi (les taxis londoniens étant sans doutes confortables mais pas à ce point là !)
Je me souviens de cette communauté située dans le fond d’une vallée près
D’un bois et vivant presque en autarcie grâce à un petit potager.
Parfois vous entendiez le tchac  tchac ka boum … caractéristique du groupe électrogène qui fournissait l’électricité.
Mais arriva le jour où la sœur de Claude s’en alla avec son vieil ami anglais et son taxi londonien, et par la même occasion s’envola l’opportunité de notre logement. Suite à cela, nous fûmes contraints de dormir ailleurs.
Nous trouvâmes refuge dans une hutte fort rudimentaire mais qui était recouverte d’une lourde bâche de camion nous empêchant de subir les assauts des ondées. (Par chance, plutôt rares, cette année 1976 où la canicule sévissait.) Notre plus proche voisin était assez spécial.
Il vivait quant à lui, dans une sorte de terrier pour lapin géant.
C’était le propriétaire de la hutte. (Le loyer était à partager avec les araignées)
Nonobstant le logement un rien farfelu, nous étions assez satisfaits.
En outre, nous avions trouvés du boulot dans la cueillette des fraises.
Le travail était dur et Claude lâcha prise dès troisième jour, c’était vraiment too much pour les mains blanches d’un fils de pharmacien.
J’étais seul à ramener un salaire à la maison.
Claude avait écrit à sa mère lui signalant le besoin pressant d’argent.
Il avait bien préparé son coup le gredin.
Car un soir, en revenant avec une grande fiole de cidre pour faire une petite fête, je trouvais la hutte vide, et sur un bout de papier ces quelques mots écrits hâtivement.  «  J’en ai marre de vivre au fond d’un bois, je retourne en France. »
Du jour au lendemain, je me trouvais seul et cela n’était pas à vrai dire très marrant. (Dès qu’il avait touché son chèque, il en avait profité pour filer à l’anglaise….ou plutôt non, à la française, ce qui serait plus correcte.)
Je noyais mon désarroi avec la grande bouteille de cidre.
Après trois mois à vivre comme un homme des bois, un Robinson forestier, je pris également mes cliques et mes claques. (J’étais tellement pauvre qu’il ne me restait plus que mes cliques !) J’en avais ma claque et un beau jour, je fis du stop en direction de Brighton (comme je vous l’avais dit dans un dernier billet)
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  1. magnifique! tu écris comme tu parles et tu le fais de façon passionnante et intelligente!!! tu seras célèbre et reconnu le jour où tu publieras!! tu sais, je ne fais jamais de compliments pour la frime!! et si je te le dis c\’est que c\’est vrai!!!!! tu as le don ! je te l\’ai déjà dit et je suis admirative devant ta manière de dire les choses, avec intelligence et humour !!j\’adore !! et toi aussi je t\’aime bien!!! amitiés anne marie

  2. Bien qu\’on se connaisse depuis ton retour de Brighton, ce qui fait une belle tranche de vie….je ne connaisais pas ou j\’avais oublié
    certains épisodes, c\’est donc une joie de les (re)découvrir….
    par exemple le coup du vieux taxi londonien..
    Mais dis-moi, pour que je m\’y retrouve chronologiquement ceci se passe avant ton boulot dans un hôtel/resto à Brighton ??
     
    ta fidèle lectrice et amie : B.

  3.  En fait j\’ai vécu deux bonnes années en Angleterre.
    De 1975 à 1976 j\’ai travaillé dans un resto de luxe à Brighton, qui s\’appelait " Le Français " C\’était de la  haute gastronomie française et un des restaurant les plus réputé de la région. Ensuite , j\’ai fais une petite interruption en France ,dans la région de Dieppe ( environ 3mois ) pour revenir dans la région de Cornwall ( cueillette des fraises, travaux des champs etc…) et puis, je suis retourné à Brighton , que je connaissais déjà un peu pour y avoir travaillé dans un resto gastronomique. C\’est donc de 1976 à 1977 que je bossais dans un grand hôtel : LE Dudley.

  4. tu as vécu dans pas mal d\’endroits je vois
    tans mieux, quelle richesse ça apporte
    tu as bien raison,
    non pas d\’aller voir si l\’herbe est plus verte ailleurs
    mais de profiter des richesses qu\’offre notre magique planète
    bisous à toi et bonne soirée

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