Péripéties à Brighton

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Les circonstances dans lesquelles je fis du stop en partance vers Brighton me parviennent d’une manière assez fragmentée et confuse.     ( suite du billet du 11 novembre )
Ce dont je me souviens, c’est de cette petite cour d’usine où je m’introduisis un matin très tôt, pour y dénicher un robinet et faire mes ablutions.
Etait ce la cour d’une usine ou celle de la caserne des pompiers ?
(Mais, cela n’a aucune incidence dans la poursuite de mon récit)
Cette fois ci, j’étais vraiment décidé à chercher du travail.
Le plus important fut ce morceau de savon que je trouvais dans un lavabo et qui me permettait de  me laver, et de me refaire une honnêteté parfumée à l’eau de Cologne.
Il n’était pas toujours facile de pouvoir rester propre et frais, en vivant dans le fond d’un bois.
Cela n’avait l’air de rien, mais c’était un véritable boulot de garder une apparence avenante et insouciante. (Surtout que je ne parlais pas de mes problèmes, sauf en dernier recours, lorsque je n’en pouvais plus et que j’avais le sentiment de commencer à moisir, à devenir fluorescent comme les morceaux de bois dans la forêt humide, de ce début d’automne)
Et puis, il fallait contenter mon estomac qui grognait sans arrêt. (Il avait très mauvais caractère à l’époque)  Alors, le premier champ qui venait à moi, devenait la proie de mes petites rapines.
J’effectuais mon marché en plein air, en quelque sorte.
Des patates que je j’arrachais en hâte, des salades bien tendres qui sans plus attendre rejoignaient mon sac.
Telle était la moisson de ce fric frac légumier.
 Le seul trésor qui valait vraiment la peine.
 Mais, je ne prenais jamais plus que ma ration quotidienne.
 En jetant un petit coup d’œil furtif pour voir si le fermier n’apparaissait pas à l’horizon.
Voyez vous, j’étais devenu le grand kidnappeur de salade, la terreur des potagers, le bandit des quatre saisons.
Sur le bord de la route, mon pouce se dressa dans la bonne direction à prendre, et le trajet en stop jusqu’à Brighton s’effectua assez promptement et sans incident notoire.
Je connaissais déjà un peu cette ville pour y avoir vécu quelque temps auparavant, durant l’année 1975.
(Brighton, est une petite ville balnéaire très agréable qui possède en son centre un singulier bâtiment que l’on appelle le : Royal Pavilion, l’ancienne demeure du roi Georges IV.
Il fut érigé au début du siècle, dans un style architectural exotique, l’allure générale était du style Indo-Saracénique, très répandu en Inde pratiquement pendant tout le XIXème siècle.)
Ce bâtiment représentait la signature particulière de la ville et la fierté de ses habitants.  Cette demeure ayant été construite comme maison de repos pour le prince régent, (devenu roi par la suite) pour soigner ses divers aléas de santé (il souffrait notamment de la goutte)
Je ne vais pas vous parler du roi Georges IV et de ses frasques diverses et multiples, car n’étais je pas devenu également une sorte de roi ?
 Mais à présent, un roi en exil.
Car en quittant mon domaine, je laissais derrière moi la forêt, dont les arbres furent les piliers majestueux de ce véritable palais de verdure, dans lequel j’avais passé des bons moments et aussi, je dois le reconnaître des jours difficiles.  J’étais en fin sorti de l’orée du bois, et je me trouvais à présent dans une autre jungle, une autre forêt, celle de la ville.
Toutes proportions gardées, Brighton possédait un certain charme, une douceur de vivre et je savais que cette ville allait m’accepter.

 PS : Dans mon prochain billet, je vous raconterai avec quelle déconcertante facilité, je retrouvai du travail dans un des plus imposant hôtel, le Dudley.
(Hôtel un peu vieillot, d’époque victorienne

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