Péripéties à Brindisi ( Italie du sud)

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En revenant d’un séjour plus ou moins long en Grèce, (vers 1984 ou 85) ayant fait la traversée en bateau depuis Patras, je me trouvais à Brindisi.
Brindisi est une charmante petite ville balnéaire de la région de la Puglia (Les Pouilles) en Italie du sud.
Mon aspect général, ainsi que ma carnation qu’un généreux soleil crétois avait buriné pendant de longs mois, me faisait passer pour un grec authentique.
A peine descendu du bateau, et arpentant l’artère principale menant à la ville, on m’aborda d’une manière très amicale en me demandant si j’étais grec.
J’aurais bien aimé dire que j’étais issu du noble peuple des Hellènes.
Je tirais une sorte de fierté de cette méprise, ma fois très flatteuse.
Mais mon souci était d’un autre ordre, il s’agissait à présent de se renflouer et de trouver illico et très presto, un petit travail à effectuer.
Les pensions chez l’habitant pratiquaient un prix démocratique et les petits hôtels n’étaient guère plus onéreux.
La balade dans Brindisi me permit de voir la ville sous toutes ses coutures.
Promenade que je fis sans accroc.
Exception faite pour un certain quartier où la déchirure du tissu social se dévoilait en de sordides baraquements peu glorieux.
Des toits en tôle, ou en contreplaqué, quelques braseros refoulant au loin de longues volutes de fumée bleutée, résumaient l’endroit. (Un véritable décor à la Ettore Scola, comme dans le film : Affreux, sales et méchants.)   Sauf, que ce n’était point un décor et que des gens vivaient sur ce drôle de terrain.
Bien évidemment, il y avait des côtés plus plaisants dans cette ville.
Par exemple, ces nombreux marchands de vin qui vendaient le vin au litre.
Vous ne pouviez pas les manquer, il s’agissait de repérer les énormes fûts en bois qui trônaient dans la boutique.
C’était facile de faire le plein, et cela ne coûtait pas cher.
Ensuite, j’allais chercher une pizza ‘margarita’ à la tomate et fromage, pour me sustenter.   La vie était belle.
Malgré mes infinies précautions budgétaires et mes succincts repas à base de pizzas, arrosées de moelleuses rasades de vino di tavola, mes économies commencèrent dangereusement à s’amenuiser.
J’avais déniché un hôtel un peu décati mais qui ne manquait pas de charme.
Les heures s’étaient attardées jusqu’à l’orée de la nuit, lorsque je me présentais à la réception.      Le réceptionniste avait des yeux langoureux et tristes de bouledogue, un visage lunatique, rond et grassouillet, un teint blafard comme passé au blanc d’Espagne.
Néanmoins, il me souriait gentiment et en soupirant me tendit mollement la clé qui était suspendue à un clou.
C’est au quatrième étage, je vais vous montrer le chemin me dit il.
Dans l’ascenseur, nous avions échangés quelques mots anodins
Il me demandait d’où je venais, comment je m’appelais etc.…..
Lorsque subitement, il m’embrassa, sans raison apparente, en me lançant :
Dis, si tu veux me rejoindre, je suis dans ma loge, tu viens quand tu veux !
J’étais trop surpris et fatigué pour réagir à cette invitation singulière.
Tout ce que je voulais, c’était un bon lit et puis surtout dormir seul.
Sans m’inquiéter outre mesure, je me disais que c’était probablement la dernière fois que j’allais dormir dans des draps blancs comme du bon pain.
Le sac à couchage allait reprendre du service, étant donné que mes prospections concernant un travail ne donnaient aucun résultat.
Et j’entérinais que les prochaines nuits, se passeraient désormais à l’auberge des milles étoiles. (Possédant un grand jardin et un plafond immense)
Se retrouver sans le sou, n’est jamais une expérience réjouissante.
J’avais deux grandes préoccupations primordiales, d’abord remplir mon estomac qui grognait comme un ours, et me demander où j’allais bien pouvoir passer la nuit.
PS : Suite dans un prochain billet.
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  1. J\’ai l\’impression d\’assister à un récit du "Bourlingueur", les choses sont bien décrites et les situations plus que cocasses.La maman de mon épouse provient de cette région:" Lecce", les pouilles et le sud de l\’Italie sont encore très appauvries au profit du Nord.

  2. Beau récit, à part le sous qui manquait, tu as quand même fait craquer quelqu\’un????????????????et si c\’était l petit fils d\’Onassis???????????LOL;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;Marie

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