Péripéties crétoises 57

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J’avais travaillé aux vendanges dans la région de Ziros. (situé à plus ou moins dix kilomètres du village de Agios-Spiridon)
C’était une période où je n’avais pas une idée précise concernant l’endroit où j’allais vivre en Crète, et  je ne connaissais pas encore le monastère de Kapsa. (je vous en reparlerai une autre fois)
Avant d’atteindre Ziros, vous aviez le village de Xandras, (ou Handras, selon les prononciations) qui à prime abord n’offrait rien de particulier.
Il y avait la poste, et le seul magasin d’alimentation du secteur.
Il y avait également un boucher, deux boulangers, un vendeurs de maïs en gros, deux stations services, cinq ou six bistros et autant d’églises.
Il faut savoir que les crétois fréquentaient assidûment et indifféremment l’un ou l’autre endroit. (ou établissement, pourrais je dire !)
Certains hommes juraient effroyablement pendant toute la semaine et le dimanche, vous le voyiez mettre leurs beaux vêtements, les femmes leurs plus beaux atours, pour aller chanter, psalmodier dans le chœur de l’église.
Quoique en général c’étaient surtout les hommes qui avaient l’honneur de chanter dans l’église (et la primeur des jurons bien gros et gras)
La crudité, la rusticité, me permettrais je d’ajouter, des jurons était telle, que j’étais souvent estomaqué et notoirement surpris de la violence des paroles.
Et comme pour dire merde, je ne me borne pas à écrire : M , suivi de quatre petits points, alors je ne vais pas m’en priver.
C’étaient des tirades du style : J’encule la sainte vierge ! J’encule la croix ! et j’encule le Christ ! et autres délicatesses qui sortaient d’une manière on ne peut plus prosaïque. (pour un oui ou pour un non !)
Et j’me tape maladroitement sur les doigts avec un marteau et hop…. J’enculais toute la sainte famille avec !
Quelqu’un me doublait d’une manière effrontée sur la route et hop, encore un p’tit juron de derrière les fagots etc.…..
Et puis le dimanche, vous entendiez : Alléluia, le Christ est ressuscité, il est parmi nous, gloire à Dieu, à son fils et le saint esprit, amen !
Puis après avoir embrassé la main du pope, les fidèles sortaient en grignotant leur morceau de vrai pain prosphora, en se souhaitant une bonne journée, une bonne santé etc.….
C’était vraiment paradoxal, mais comme dit si bien le juron, heu ! je voulais dire le dicton : Qui aime bien, châtie bien.
Et, ainsi tel que je vous le narrais au début, j’étais dans la région de Ziros à faire les vendanges.
Le raisin récolté faisait partie de la qualité sultanina qui était essentiellement utilisée pour faire du raisin sec
La plaine de Ziros, assez large, semblait vraiment choyé par le soleil et vous aviez des vignes à perte de vue.
Malgré le cadre idyllique et bucolique, l’endroit vous procurait un drôle de sentiment comme si vous étiez surveillé en permanence.
Faut dire que sur les collines avoisinantes, se trouvait une caserne militaire.
Les bâtiments étaient laids à pleurer, de plus vous aviez de grosses antennes comme des insectes de métal, des paraboles géantes, juchées sur leurs sommets, paraissant à l’instar de verrues déformant le paysage.
C’était donc cela que vous donnait cette désagréable impression d’être épié.
Le travail supervisé par l’armée et l’œil invisible de Dieu !
Mais, le dieu de vin étant Dionysos, alors, il ne fallait pas trop s’en faire !
L’organisation du travail des vendanges était exemplaire et remarquable.
C’était une noria incessante de pick up, (pas pour écouter de la musique vous vous en doutez ! mais de petites camionnettes avec un plateau à l’arrière que l’on nomme pick up) de petits ânes que l’on chargeait de paniers, d’homme portant leurs charge sur le dos etc.…
Après le chargement et le traitement par un produit accélérant le processus de dessiccation, les raisins étaient posés à même le sol, sur des filets.
Peu avant l’heure de la pause, les femmes s’arrêtaient pour préparer le repas.
Ce n’était plus alors, des seaux de raisins que l’on voyait passer, mais des seaux  de concombres, de tomates, de patates, et divers autres légumes.
C’était le moment du grand épluchage, car il fallait préparer un repas pour minimum une trentaine de personnes. (comme à l’armée, mais en plus sympathique !)
Le jus de raisin et la sueur dégoulinant sur nos torses bronzés que caramélisait le soleil, nous rendaient beaux et sensuels comme dans un poème de Théocrite, sauf que l’on n’avait certainement pas le temps de jouer de la lyre ou de se coiffer les cheveux ! (qu’il fallait nettoyer à fond le soir, ainsi que le reste du corps tant il collait par le sucre des fruits)
Lorsque nous avions fini  nos vignes, nous partions aider les voisins, c’était ainsi, on ne se posait pas de questions sur la portée sociale de notre geste, c’était naturel et évident.
Le soir, on se retrouvait chez l’un ou chez l’autre viticulteur, ou le simple paysan qui ne possédait qu’une centaine de ceps de vigne.
On mangeait et buvait joyeusement chez nos hôtes, jusqu’à une heure raisonnable, car le boulot n’attendait pas, c’était les prérogatives de la saison.

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  1. Et bien ils n\’y allaient pas de main morte avec les jurons ….ce ne sont que des mots, l\’entraide entre voisins est , elle, bien réelle !J\’aime bien l\’image des torses caramelisés….de quoi rêver ici en plein hiver !

  2. Ah, j\’imagine……………………………………;;;;jus de raisin et sueur dégoulinant sur les torses bronzés!!!!!!!!!Beaux et sensuels!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Des photos!!!!!!!!!!même si les cheveux n\’étaient pas coiffés…………..Sacré nom de D…!!!!!!!!!!!A+

  3. Le petit vin blancRefrainAh ! le petit vin blancQu\’on boit sous les tonnellesQuand les filles sont bellesDu coté de NogentEt puis de temps en tempsUn air de vieille romanceSemble donner la cadencePour fauter, pour fauterDans les bois, dans les présDu côté, du côté de Nogent – 1 -Voici le printempsLa douceur du tempsNous fait des avancesPartez mes enfantsVous avez vingt ansPartez en vacancesVous verrez agilesSur l\’onde tranquilleLes barques docilesAu bras des amantsDe fraîches guinguettesDes filles bien faitesLes frites sont prêtesEt y\’a du vin blanc.- 2 -Suivons le conseilMonsieur le SoleilConnaît son affaireCueillons en cheminCe minois mutinCette robe claireVenez belle filleSoyez bien gentilleLà, sous la charmilleL\’amour nous attendLes tables sont prêtesL\’aubergiste honnêteY\’a des chansonnettesEt y\’a du vin blanc. – 3 – (Non chanté ici)À ces jeux charmantsLa taille souventPrend de l\’avantageÇa n\’est pas méchantÇa finit tout le tempsPar un mariageLe gros de l\’affaireC\’est lorsque la mèreDemande, sévère,À la jeune enfantMa fille raconteComment, triste honteAs-tu fait ton compte?Réponds, je t\’attends…Dernier refrainAh ! le petit vin blancQu\’on boit sous les tonnellesQuand les filles sont bellesDu coté de NogentEt puis…Pour finir…Car c\’est toujours pareilTant qu\’ y aura du soleilOn verra les amants au printempsS\’en aller pour fauterDans les bois, dans les présDu côté, du côté de Nogent. ——————————————————————————–Pas mal ton blog lollllllll le travail c\’est la santée, trop beaux de vivre au jour le jour , en plus dans la joie et la bonne humeur , c\’est génial , passe une ageable semaine , avec toute mon amitier, merci de ton passage chez moi bisouss bisouss

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