Péripéties crétoises 59

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Suite du billet précèdent se passant à Xérokambos, sur le rivage de la  Libikon thalassa
Détrompez vous, cela n’a strictement rien à voir avec la libido ou quelque chose de similaire, mais désigne tout simplement le nom intérieur de cette partie de la méditerranée, (en grec : Libikon thalassa)
Notre plus proche voisine étant la Libye, située à 150 km à vol d’oiseau, de l’autre côté de la mer.
tout dépend bien sur de l’oiseau ou de la vélocité des missiles.
Je dis cela, d’une manière anodine, mais il faut savoir que Kadhafi,  (à ne pas confondre avec le kadaîfi qui est une sorte de gâteau composé de noix, d’amandes et de miel, (et certainement plus délicieux que l’autre nommé plus haut !) avait menacé à plusieurs reprises de tirer des missiles en direction de la Grèce et donc de la Crète, qui était en première ligne.
J’ignore les raisons géopolitiques de toute cette affaire et mon but dans ce blog, n’est pas de faire de l’analyse politique.
Retournons, si vous le voulez bien, à Xérokambos.

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Les oliviers de Miltiade, étaient de taille moyenne et donc facile à gauler.
Il fallait néanmoins introduire dans les plus hautes branches, une sorte de hampe tournoyante, munie de tiges qui par un mouvement de va et vient, fouettait les frondaisons pour en faire choir les fruits.
L’ensemble du système fonctionnait à l’aide d’une grosse batterie de voiture.
Laquelle avait une certaine autonomie.
En règle général nous pouvions tenir une bonne demie journée sans devoir la recharger.
Ouais ! C’était sans compter sur ma distraction. (quasi pathologique)
Un jour, par inadvertance, j’avais inversé les pôles positif et négatif, ce qui eut pour effet de fatiguer la batterie.
Résultat des courses, au bout d’une petite heure, elle était grillée !
Franchement, ce fut une journée et une batterie fichue, Miltiade ayant retenu une partie de mon salaire pour rembourser celle ci.
C’est ainsi que l’on apprend à être plus attentif et moins tête de linotte.
Car faire griller une batterie coûtait certainement plus cher que de faire griller des sardines ! en dépit du fait que l’on se trouvait au bord de la mer, et que c’était chose courante.
Une fois par semaine nous remontions à Ziros, avec les sacs d’olives de la récolte, que Miltiade confiait ensuite à l’huilerie.
A part cette petite bévue que je vous narrais plus haut, la saison se passait très bien et nous avions le dimanche pour nous reposer.
Miltiade allait à son temple et moi, j’en profitais pour aller dégourdir les papattes de son chien. (et les miennes par la même occasion)
Vous voyiez rarement un chien à l’intérieur d’une maison, bien souvent ils demeuraient dehors, et dormaient dans des tonneaux à l’instar de Diogène le Cynique.
Ce chien était fou de joie de pouvoir enfin sortir et gambader librement.
J’outrepassais bien évidemment et promptement, les conseils de Miltiade me recommandant de le tenir en laisse.
Dès que la maison avait disparue de la vue, je lâchais le chien dans les vignes.
J’avais un grand plaisir de le voir bondir comme une gazelle entre les ceps.
Il était en liesse.
C’était préférable qu’il fut en liesse plutôt qu’en laisse, ou attaché piteusement à une chaîne.
Etant donné la proximité d’une caserne, il y avait une vie nocturne à Ziros.
Des bistros restos où l’on passait de la musique, et où l’on esquissait quelques pas de danse entre deux plats.
Ce n’était pas à vraiment dire des bouzoukis. (Les bouzoukis sont une institution en Grèce, c’est un peu comme le pubs en Angleterre)
Ils peuvent indifféremment désigner l’instrument de musique ou l’endroit en question.
Si vous n’avez jamais été dans un bouzouki, il faut reconnaître que c’est assez spécial, cela dérouterait plus d’un qui ne serait guère familiarisé avec ce genre d’ambiance.
Je me souviens d’une invitation dans un tel établissement.
Il y avait une dame assez forte et très fardée, habillée d’une longue robe lamée et des longs gants noires remontant jusqu’aux coudes, qui chantait des rébétikos* sirupeux, dégoulinant d’amour et de mascara.
On aurait dit qu’elle avait utilisée une spatule pour étendre son fond de teint.
Les musiciens de bouzoukis accompagnaient la chanteuse de leurs pizzicati aux accents si caractéristiques, vous entraînant irrésistiblement dans une sorte d’enthousiasme communicatif.
De temps à autre, un client lançait une assiette qui venait atterrir sur la scène.
Dès fois, c’était carrément toute une pile qu’une autre personne s’employait à casser systématiquement, soit en les brisant sur sa table à l’aide d’un petit marteau ou en les fracassant par terre devant la scène.
L’émulation montait ainsi que la taux d’alcool.
À présent, c’était à celui qui détruirait le plus d’assiette possible.
Entre deux jets de vaisselle, d’aucun lançait des bouquets de fleurs.
Un monticule de tessons et de fleurs s’accumulait peu à peu devant la chanteuse qui imperturbablement continuait son répertoire.
Ils dansaient ainsi pendant toute la nuit dans une sorte de douce folie dionysiaque, un délire bachique et tabagique.
Je me souviens de mon ami Yourgo, du village de Agios-Spiridon, qui montrait avec ostentation, le tas de débris d’assiette qui gisait dans le fond de son pick up. Il en retirait une sorte de gloire.
Comme pour dire : Voyez le seigneur que je suis ! Tout l’argent que j’ai dépensé, etc.….
(Mais franchement, je ne sais pas comment, il s’était pris pour reconnaître les tessons lui appartenant !)
Et loin de désapprouver sa prodigalité, on considérait son geste comme un acte de grande notoriété.

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  1. Et le chien …en laisse……à participer à cette liesse????????Tu m\’as effrayée en cours de la lecture!!!!!lècher le chien…….1° réaction: " berg, il est fou, ce Kristos!!!!!!Beau récit et à + …………..pour manger les groseilles!!!!!!!

  2. Il s\’en passe des choses dans la Crète profonde ! Les assiettes fracassées, les tessons de bouteilles, c\’est déjà assez chaud….mais en plus si un illuminé lybien pointe ses missiles !Au secours !

  3. Oupaa, chez Georgio, le resto grec où nous allons quelques fois, des assiettes sont cassées en cours de repas et les clients s\’en arrachent les morceaux porte-bonheur.

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