Péripéties crétoises 63

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La désertification
des villages crétois n’est pas quelque chose de nouveau ou de symptomatique
concernant la Crète.

On trouve cela un
peu partout en Europe, la
France n’étant pas épargnée par ce phénomène.

.Mais dans cette partie de l’Europe, ce processus fut
accéléré à cause de l’exil massif du peuple hellène, suite à plusieurs raisons
politiques ou économiques, dont je ne parlerai pas ici, ce n’est pas mon but.

Dans le village de
Agios-Spiridon, (situé à une vingtaine de kilomètres de Sitia, sur la route
menant à Iérapétra) la plupart des habitants étaient partis vivre en Australie.

Ainsi, Marina ma
charmante voisine, ancienne couturière à présent pensionnée, me parlait souvent
de sa fille établie à Sydney, et qui de temps à autre lui envoyait un peu d’argent
de quoi suppléer les pauvres drachmes qui s’essoufflaient sous les coups d’une
inflation galopante.

Cette brave dame
venait souvent me déposer un bon petit plat sur la table de ma maison, lorsque
j’étais en vadrouille dans les environs.

Comme je travaillais
au rythme des saisons, il y avait donc des moments où je pouvais réellement
goûter aux plaisirs simples d’une vie éloignée des soucis citadins.

En dehors des
grandes époques des travaux saisonniers, qui étaient ceux de la cueillette des
olives, des vendanges ou encore du ramassage des escargots.

J’aimais alors
flâner dans la campagne et les collines avoisinantes pour aller cueillir des
légumes sauvages.

 Par exemple, une variété de chardons
parfaitement comestibles, des tétragonolobes ( copanidès en dialecte crétois)
qui ressemblaient à des petits pois et que l’on trouvait sous les oliviers, et
aussi des asperges, de la mâche etc….

Tout cela
entièrement à ma disposition, le seul prix à payer, représentait la peine
d’aller les chercher.

Et lorsque l’higoumène
me demandait de venir faire quelques travaux dans le monastère, je ne refusais
jamais son offre, même si le salaire était très bas. (je gagnais trois ou
quatre fois plus ailleurs)

Faut croire que
j’avais une propension à la vie érémitique, ayant toujours aimé une certaine
forme de solitude.

J’ai toujours eu
le sentiment très distinct, d’être telle une montagne consciente, se déplaçant
dans un microcosme d’éléments vibrants de vie, de couleurs et d’odeurs,
participant autant que moi à cet équilibre malgré tout fragile et fortuit de l’univers
qui nous entoure.

A mon retour de
mes pérégrines errances, je trouvais donc, comme je vous le disais plus haut,
un plat tout préparé, ( par les bons soins de ma voisine) le tout enveloppé
dans un linge pour éviter la curiosité intempestives des mouches ou autre
insectes volants.

Je lui avais
pourtant parfois donné des soucis, mais apparemment, elle ne m’en tenait pas (
pas trop) rigueur.

Il m’arrivait parfois de pousser des cris,
de sortes d’hurlements, une forme de panique dionysiaque. (j’utilise le terme panique, dans le sens mythologique et
étymologique, du dieu Pan )

C’était ma façon
tonnante et vibrante, d’exprimer une joie indescriptible, une rage de vivre,
tel un orage bienfaisant arrosant la Terre-Mère, et qui m’enivrait par tous les pores
de la peau.

Je devais sûrement
soûler également ma voisine avec mes élucubrations sonores, à tel point qu’un
jour, elle s’en allât se réfugier chez une voisine, croyant que j’étais devenu
fou !

Le lendemain, je
me confondais en excuses, en tentant de lui expliquer que si je poussais de
tels cris, c’est parce que j’étais heureux de vivre. (et que j’avais vidé une
bouteille de vin, devrai je avouer !)

Bien sûr, je
n’étais pas tout les jours visité par
Dionysos, Pan et son cortège de bacchantes.

Je maintenais malgré tout de bons rapports
avec Marina en particulier, et le reste des villageois en général, même si
souvent j’étais pris pour un original !

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( DIONYSOS)

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  1. Agréable un p\’tit laisser aller de tant à autres en compagnie d\’hommes de terre et de divinité ancestrales, un vrai banquet de plaisirs, non?

  2. tu es original! rires! sinon tu ne sortirais pas de la masse ! un avis n\’en fais pas trop avec tes mots hyper compliqués car cela casse le rythme !! ne déforme pas les paroles de ton coeur! bisous et avec toute mon honnèteté!!

  3. Ma chère Anne-MarieJe ne déforme rien, mais le courant de mon récit m\’emporte parfois dans délires verbaux encore trèsraisonnables, car je n\’essaie pas de noyer le poisson ou l\’éventuel lecteur dans une noyade de mots compliqués.Pas encore obligé d\’avoir un dico en permanence à côté de soi.Si,le contexte du récit utilise parfois des mots plus rares ou moins habituels, c\’est que cela est nécessaire dansla poursuite de la lecture.Les mots ne sont pas toujours des "objets" enfermés dans les tombeaux des bibliothèques.L\’écriture peut être simple sans être simpliste.

  4. bien sur CHRISTIAN, d\’une part je disais cela en toute amitié et d\’autre part je ne suis pas critique littéraire !je n\’ai jamais dit tout cela ! chacun suit sa propre pensée avec ses propres mots ! bonne continuation à toi! je te souhaite tout le bien du monde!

  5. Merci à toi Anne-Marie d\’une part, les critiques sont toujours les bienvenues, il n\’est pas toujours nécessaire d\’avoir un discours consensuelou de peigner dans le sens du poil.Ainsi on apprend à s\’améliorer. Un gros bisou sur ta joue d\’albâtre.

  6. Bon t\’es prêt à nous faire la nouvelle version du " guide du routard en vadrouille en Crête"!!!!!!!!Pratique, avec tes récits: on vadrouille, le derrière posé sur un siège et sans cloches aux pieds……….Nous manque quand même le son de tes élucubrations sonores………..quoique: j\’imagine!!!!!!!!Bon vent pour ton prochain voyage !!!!!!!!

  7. Jusqu\’à présent je n\’avais eu l\’occasion de venir te lire que pour les textes concernant les ateliers d\’écriture, je découvre aujourd\’hui ( et hier!) tes aventures helléniques qui me paraissent des plus intéressantes…On se régale à te lire..J\’aime beaucoup.

  8. "J\’étais pris pour un original"………………mais Christian, tu étais, je crois, pris pour un extraterrestre, entre le pierrot lunaire, le hippie, l\’illuminé, le joyeux luron, le gai vagabond : ………….un étranger bien étrange….mais tellement gentil, serviable, rigolo, chaleureux, insouciant que tout le village t\’aimait bien !Tu étais pour une eux une distraction permanente….qu\’est-ce qu\’ils ont du s\’emmerder après ton départ !!

  9. dommage, il manque le sonj\’aimerais bien l\’entendre moi ton cri proche du hurlementj\’imagine un peu ce que ça doit être (lol)si tu m\’entendais parfois (mdr)bisous à toi

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