Péripéties crétoises 65

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J’ai décris dans
d’autres billets, les gens résidant à Agios –Spiridon.

Je voudrais
continuer ma galerie de personnages.

Ceci dit, cela ne
ressort pas d’une curiosité mal placée, à l’instar d’un ethnologue paternaliste
et colonialiste, étudiant les mœurs exotiques d’une tribu  de bons sauvages, un peu rustres, vivant à
l’écart, et hors du temps.

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Ne vous ais je pas
encore parler de Stéllios et de sa femme Maria ?

Stéllios, habitait
une petite maison de deux pièces dans le bas du village, juste en face du
cafénéion de Panayotta.

Il vivait avec sa
femme et deux chèvres, ce qui représentait tout son cheptel ( je ne compte pas
sa femme dans le lot, évidemment ! )

IL avait combattu
dans son jeune temps en Albanie ( sur le front d’Orient de 1915-1919) d’où il
avait ramené des souvenirs impérissables, en l’occurrence, des éclats d’obus
ayant labouré sa chair en creusant d’affreux sillons, semant leurs graines de
douleur.

Il me racontait sa
vie loin de son pays, c’était la première fois qu’il quittait son village. (ce
fut son seul et unique voyage de son existence, dont il failli d’ailleurs ne
plus revenir)

Vivant humblement
à la limite de la pauvreté mais ne s’en plaignant jamais, ayant appris à vivre
à la dure.

 Nous avions tellement faim à l’époque, que nous
aurions pu manger de la terre ! me disait il

Il rentrait au
bistro, mettait ses deux cannes au portemanteau, s’asseyait toujours à la même
place, et restait des heures sans    pratiquement consommer, se bornant à
regarder la télévision, surtout la météo qui semblait avoir sa préférence.

 C’était précisément à ce moment là, que l’attention
générale était la plus présente.

En d’autres temps,
le bruit des conversations couvrait celui du téléviseur, sauf, lorsque la météo
s’annonçait, alors le silence se faisait dans la pièce, un peu comme à la messe.

(la météo étant un
outil indispensable pour les fermiers et les cultivateurs )

Ensuite sa femme
Maria, venait toquer à la fenêtre du cafénéion, pour lui signifier que le repas
était prêt.

Elle n’entrait jamais,
mais restait sur le seuil.

Un autre monsieur
très âgé qui se nommait Illias (et fauché comme Stellios)  fréquentait aussi l’endroit.

Dès que vous lui
offriez un verre de raki, son visage s’illuminait tout à coup d’un soleil
radieux, qui semblait raviver les nombreux étés de sa jeunesse passée, en le
faisant sortir du froid anonymat de sa vieillesse.

Bien entendu,
Panayotta la patronne du cafénéion, ne demandait pas à cette clientèle
particulière et respectable, de bien vouloir céder la place aux autres
consommateurs plus énergiques du côté du portefeuille. (Stéllio, pouvait rester
une soirée avec un seul verre de thé)

Tout le monde avait
le droit de venir au cafénéion,  le lieu social
par excellence.

C’était même le dépôt
du pain, de la poste, et lors des élections, le bistro devenait fortuitement l’endroit
des débats politiques.

 Nonobstant après la messe tout les fidèles, le
pope Kosta, en tête  venaient faire un
(dé) tour chez Panayotta.


(photo de la récolte des olives en Crète)

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  1. On rencontre encore, aujourd\’hui, dans nos petits villages "oubliés" ce lieu social avec ses solitudes, ses camaraderies, le foot à la télé …

  2. Avec ton récit, on croit faire partie de ce petit monde attablé devant un verre de raki dans ce petit cafénéion…Jolie photo en plus!

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