Péripéties crétoises 70

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( Ancien billet de 5O drachmes )

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Quelqu’un m’avait demandé : qui était
cette Brigitte, qui tout à coup intervenait dans l’histoire ?

J’ai omis de vous dire que Brigitte,
accompagnée de son jeune fils Quentin, étaient venus passer les vacances chez
moi durant l’été 1989.

Alors, j’avais envie de vous raconter les
moments crétois avec mes invités.

J’écris suivant le flux de ma mémoire, et
non dans un sens purement chronologique.

Peut être un jour, j’y mettrai de l’ordre
pour que cela soit comme une suite logique, un récit linéaire à poursuivre de
page en page.

En attendant, j’espère que cette balade
dans ce pays que j’aime énormément, puisse vous plaire, autant qu’il m’a plu de
l’écrire.



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Ce matin, nous allions rendre visite au
monastère de Kapsa.

Je n’avais pas manqué de raconter, et de
vanter à mon amie, mon séjour pendant de longs mois dans ce vénérable lieu du
Xvème siécle.

Nous avions loué une voiture pour ne plus
être dépendants des autobus.

 Car, pour accéder à l’intérieur des terres, il
fallait prendre un bus allant vers Handras et Ziros.

Dans ces villages, il n’y avait souvent
que deux bus par jour et c’était vraiment une expédition pour aller sur le
littoral.

Se lever à 6h du matin, pour attraper le
bus qui daignait par inadvertance passer devant l’arrêt !

En outre, si vous aviez loupé le seul car
de la journée, (il y avait deux cars par jour, un le matin vers 7h et le soir
vers 19 ou 20h …. Et puis rien !)

Heureusement à présent nous étions
motorisés.

Avant de rejoindre Kapsa, nous décidâmes,
de faire une halte dans ce petit cafénéion excentré, qui se situait dans le bas
du village. ( à mi chemin entre Agios-Spiridon et Epano-Episkopi)

Ce bistro, était tenu par un couple de
vieilles personnes.

Ce cafénéion était aussi leur maison.

 Lorsque vous rentriez à l’intérieur, vous
aviez l’impression de pénétrer de pleins pieds dans leur intimité.

Dans la pièce, il y avait une armoire, 2
ou 3 tables, des chaises, une cuisinière au gaz et un lit contre le mur.

 Lorsque le dernier client était parti, ils
fermaient tout simplement les rideaux pour se retrouver chez eux.

Nous buvions de la limonade, que nous
allions rafraîchir à la fontaine, près d’un gros platane, car le bistro ne
possédait pas de frigo.

Ensuite, nous rejoignions la route de Sitia-Iérapétra,
en direction de Pilalimata et de Kalo-Néro.

Dès que l’on franchit kalo-Néro, nous ne
sommes plus très loin du monastère. ( Kalo-Néro, veut dire : La bonne eau,
mais il fallait la chercher dans ce paysage presque subdésertique) Nous
débarquâmes devant le monastère, mais les portes etaient fermées.

A travers la petite fenêtre grillagée, je
vis le dos noir et voûté de la soeur Kalogria, qui s’éloignait de sa démarche
dandinante.

Par chance, elle se retourna comme pour se
raviser, et fouilla dans ses poches pour y chercher une clef.

C’est alors qu’elle m’aperçu et me demanda,
ce que je venais faire, que l’higoumène était occupé, qu’elle n’avait pas le
temps, qu’elle devait fermer le monastère etc….

Je lui demandais gentiment de m’ouvrir la
porte, car j’avais des choses importantes à dire à l’higoumène.

 J’en ai pour cinq minutes, lui dis je, en lui
octroyant mon plus sincère sourire.

Finalement, Kalogria consentit à faire
pivoter les huis, et nous entrâmes à l’intérieur du saint lieu.

Apparemment, aujourd’hui, la bonne humeur
semblait illuminé son visage, car elle daignât même nous offrir du
rahat-lokoum.

Par la suite, je montais au presbytère
pour rencontrer le curé et lui transmettre mes salutations, mais aussi pour
qu’il me remette une certaine somme d’argent, que j’avais mis en dépôt. (car je
laissais volontiers mon argent au monastère, c’était ma banque voyez vous…. Et
Dieu, vous le rendra au centuple ! comme c’est écrit dans la Bible, c’est d’un bon
rapport, non ?)

L’higoumène, semblait un peu ennuyé de ma
requête, car il me dit d’abord : je ne sais pas si j’ai suffisamment dans
mon bureau pour rassembler une telle somme, mais attends moi ici, je reviens tout
de suite ! me signifia t il.

 Quelques instants plus tard, je le vis
réapparaître avec un grand sac en plastique rempli de petites coupures de 50
drachmes.

Voila, c’est le mieux que j’ai pu faire,
j’ai rassembler toutes les dernières collectes d’églises pour réunir ton
pécule.

 Il
avait vraiment l’air contrarié, car j’eus droit à une petite douche froide
moralisatrice.

Fais attention à ton argent, ne dépense
pas tout, et ajoutant sournoisement, méfie toi des femmes, et bla bla
bla !

 Puis, je redescendis avec mes liasses de
billets de banque.

Cela faisait vraiment comme un petit
coussin, un paquet énorme !

 Brigitte fut estomaqué par cette masse de
billet.

C’est invraisemblable ! Tu te rends
compte, j’ai vraiment l’impression que nous avons dévalisé tout les troncs
d’églises du district lui ! dis je en rigolant.

Nous reprîmes la route, de fort bonne
humeur.

Puis, suivant mes indications, nous nous
reposâmes dans les environs, près d’une petite plage…. Pareillement la voiture
se reposât les pneus, des kilométriques pistes caillouteuses et cahoteuses.

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( Plage pas loin de Goudouras et du monastère de Kapsa ( Sud-est de la Crète)
PS: Même en pleine saison, elle est quasi déserte.

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  1. je ne connais pas la valeur de la monnaie crétoise, mais je me souviens de la réflexion de mon frère ainé, lorsqu\’il est revenu de Turquie avec des millions de livres (dans le temps, 1YTL=1 000 000 anciennes livres !). Il était en extase ! Bien inutilement, mais le voir rire, était bien sympa !

  2. ben finalement, tu vais vu clair très tôt!!!!placer tes économies au monastère est plus sécurisant que chez Fortis!!!!!!Beau texte!!!!!!!!!!!!!!!

  3. C\’était pour rire ma question concernant l\’identité de cette Brigitte…..vu que, ….pas de doute,….. c\’est bien moi !J\’étais donc allée passer un petit mois, avec mon fiston, chez mon bon vieux copain Christian, qui vivait en Crète.Les habitants du village en ont été très intrigués….mais je laisse à Christian le soin de poursuivre !!!!!!!!!!!!

  4. Dans le premier bus cahotantIls se rendirent au monastère.Pour y chercher argent sonnant,Et c\’est dans un sac de toile austèreQu\’ils virent des drachmes affolants.Ils se disaient riches et prospères,Ils étaient seulementHeureux de se plaire.

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