Brigitte, Quentin, et les villageoises.

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Voici, un petit texte racontant la première fois que Brigitte et son fils Quentin vinrent me rendre visite dans ma maison en Crète ( Ce texte était sur mon ancien blog)

 

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Agios-Spiridon était un modeste village niché dans la colline.

Le jour où mon amie Brigitte et son petit garçon Quentin, vinrent me rendre visite
cet été 1989, ce fut un véritable évènement parmi les autochtones.

Je dus d’abord faire la présentation de mes invités, aux différentes villageois
et villageoises que nous rencontrâmes sur le chemin.

Depuis la place principale, (sans oublier le cafénéion) jusqu’à ma maison, il y avait
trois cent mètres, mais cela nous avait pris près d’une heure pour les parcourir, ne pouvant échapper tant à la politesse, et la courtoisie élémentaire qu’à la curiosité de celles-ci.

Il ne fallait en aucun cas omettre personne dans ce décorum social.

Quoique, je trépignais d’impatience de montrer mon lieu de vie à mes hôtes.

Déjà, j’entendais certaines femmes chuchoter entre elles.

J’avais dit que ce petit garçon accompagnant Brigitte, était mon neveu.

Ah bon ? Alors Brigitte, c’est ta sœur ? me demandaient ensuite les villageoises intriguées.

Je trouvais fastidieux de leur expliquer que Quentin, n’était pas à vrai dire mon neveu, dans le sens strictement familial du terme, mais qu’il était mon neveu spirituel, ce qui les rendait perplexes.

Tout le monde s’extasiait devant le petit Quentin et complimentait sa maman d’avoir
un si beau garçon.

Mais comment se nomme t il ? me demandait on.

Il s’appelle Quentin ! répondais je

Apparemment, ce nom semblait un vocable compliqué à prononcer, j’avais beau le répéter à
plusieurs reprises, mais la plupart, trouvait impossible d’énoncer son nom correctement.

Cela devenait : Kotin, Kitin, et même Kotta, ce qui signifiait, poule, en grec.

Quentin devenait ma poule ! Mais vraisemblablement, avec ses cheveux blonds et son jeune âge, c’était encore un poussin !

Ma maison, toute menue, s’accrochait, s’appuyait contre un rocher.

Il y avait deux pièces, celle du bas qui servait jadis comme étable pour les animaux, à présent c’était une remise pour le bois.

Celle du haut, le bel étage, si je puis dire, servait aux humains (ainsi chacun vivait dans ses appartements)  Brigitte fut soulagée de la fatigue de son  périple, mais aussi de constater que
ma demeure si exigu soit elle, était malgré tout bien entretenue et confortable.

Dès le soir nous allâmes manger dans le petit cafénéion de Panayotta. (pour un prix  que j’avais convenu à l’avance) Le lendemain, nous étions prestement levés aux aurores pour ne pas rater l’unique bus de la journée qui allait à Sitia.

Sur ces routes isolées, le trafic n’était pas dense, c’est le moins que l’on pouvait dire, une voiture tout les trois quart d’heure, et encore, quand c’était l’heure de pointe.

A l’époque, à Sitia, je connaissais  un magasin (le dernier de sa catégorie) qui vendait des selles pour les mules et les chevaux, ainsi que des accessoires divers.

J’aimais discuter avec la patronne, dans sa sellerie qui sentait bon le cuir et le parfum des choses qui perdurent comme une longue nostalgie désuète.

Elle me racontait sur le ton de la plaisanterie et avec une pointe d’ironie lucide, que son commerce sera le dernier, l’ultime du canton, car plus personne  n’achèterait de paletots pour les mules et que bientôt sa sellerie deviendrait une sorte de musée.

La voiture et surtout les pick-up, remplaceraient petit à petit, cet ancestral moyen de locomotion.

Pourtant, lui fis je remarquer, dans l’arrière pays, on préconisait encore  son utilisation, surtout dans les endroits difficiles d’accès où seul le pied  d’une mule arrivait à se poser.

Après une brève visite de cette petite station balnéaire, nous partîmes Brigitte, Quentin et moi, en direction de la plage la plus proche, faisant une abondante moisson de soleil.

La récolte fut bonne, emportant avec nous du sable dans nos chaussures, et du sel jusque derrière les oreilles.

Nous rejoignions, fourbus mais heureux notre modeste logis.

Brigitte était confortablement installée dans le lit en fumant une cigarette et moi debout, le torse nu en train de faire la vaisselle. (je suis ceinture noire de vaisselle)

Elle me dit  tout à coup : ça alors, tu es bien en chair, on pourrait dire que tu es mince comme un câble ! Je lui rétorqua : que la nourriture crétoise était plutôt roborative, et puis que j’avais la main leste avec l’huile d’olive et le vin ! Comme les excuses sont faites pour s’en servir, celle-ci devait être élimée jusqu’à la corde.

Comment accuser l’air pur de la Crète ? ( un des meilleur de l’Europe)

Les mézzés succulents, le vin qui ne faisait pas de manière lorsqu’il s’agissait de le boire, et puis cette sempiternelle huile d’olive, quasi sainte, et d’un usage multimillénaire ?

Le régime crétois avait fait ses preuves, mais j’étais plus gourmand que gourmet,
un épicurien tendance dionysien !

Ainsi nous discutâmes agréablement.

Lorsque, je vis Marina ma voisine, accompagnée d’autre dames du village (une véritable délégation !) qui voulaient apparemment me donner quelque chose.

Ma porte était largement ouverte.

Christos, nous avons amener des biscuits fait maison pour souhaiter la bienvenue à ton
amie et son fils ! Cinq femmes en noir portant un plateau de pâtisserie crétoise.

Je vis ces braves villageoises, jetant des regards curieux, introspectifs, à l’entour, pour constater à leur grand étonnement, que j’étais occuper à faire la vaisselle, tandis que Brigitte était mollement allongée sur le lit, tirant de longues bouffées sur sa cigarette.

Je pensais immédiatement : ça y est, le journal allait bientôt être édité et demain tout Agios-Spiridon serait au courant de l’affaire ! Vous vous rendez compte ! ce pauvre Christos qui faisait la vaisselle et cette femme ‘vautrée’ sur le lit et en plus qui fumait une cigarette !

Dans les vieux patelins, ce n’était pas toujours facile de changer les mentalités.

Pour elles, les rôles étaient inversés, car c’était à la femme de s’occuper de la vaisselle et de préparer le repas pour l’homme.

Evidemment, je ne m’en formalisait pas, considérant Brigitte et Quentin comme mes chers et précieux hôtes.

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  1. superbement bien racontait ton voyage . je l ai lu avec beaucoup d attention . merci pour ce depaysement . je mis serai cru bisous a la prochaine tu as du talent d ecrivain

  2. magnifique!!je vous vois tous les trois!! et petit Quentin devenu grand maintenant!!il y a bien des années que vous êtes amis!!!! c\’est une chose rare et belle!tout comme ton récit mon ami!! qui me charme toujours autant!! gros bisous ceinture noire de vaisselle !! tu étais moderne avant l\’heure!!

  3. J\’espère, cher Christian, car tu ne l\’as point signalé, que tu avais remis ta chemise lorsque toutes ces dames sont entrées dans ta cuisine-salon. J\’appelle cette pièce comme cela puisque, si je l\’ai bien compris, madame Brigitte jouait à la Récamier sur son lit ! J\’aime bien aussi "ma porte était largement ouverte"… et Paris-Match n\’était pas dans le coin ? Je crie à la préméditation ! Tout Agios-Spiridon était forcément au courant !!! Pas étonnant que tu aies pu payer largement le repas offert à tes visiteurs ! PS : je pense que je n\’ai pas encore décollée de mon "roman policier"… mais mon langage est beaucoup plus surveillé !

  4. A ce jour Christos a peut-être changé d\’avisMadame est à la vaisselle, et Monsieur sur le lit.Quel homme ne joue pas les attendrisDevant une femme jeune et jolie.Le temps passe, Christos a pris ses marquesLa femme est là, qui le remarque.On est monté, dit-elle, dans la même barque Pas la peine de jouer au monarque.Le lave-vaisselle fait du bruit,C\’est elle qui s\’en est occupé sans souciMonsieur est devant la télé bien assisQui va dire le contraire, n\’est-ce pas les amis!

  5. Euh, je ne m\’engagerai pas sur ce sentier, dame Régine, car chez moi, tout est un peu décalé ! Mon cher et tendre a la bonne idée de pallier sans sourciller, et sans déplaisir à mes manquements quant aux tâches ménagères qui, paraît-il, nous sont toujours réservées ! Je trouve que Christian se comporte comme un galant homme : faire la vaisselle pendant que son invitée admire béatement les volutes de sa clope monter vers le plafond de son joli boudoir crétois.

  6. En réponse au commentaire de Régine, ci dessousOk Régine, une fois de plus tu m\’écris tout un poème Mais non, je n\’ai pas changé !……( Mé toi non plou tou na pas chanchéé !!!) J\’ai beau m\’appeler Leroy de mon nom de famille, je ne me conduis pas encore en monarque, et je vis seul avec ma vieille grammaire française !!! En ce qui concerne à la télé elle est souvent aphone. J\’ai suffisamment à faire avec mon ordi et le blog. Je m\’amuse beaucoup à vous lire toutes et tous. Bien sûr on change….. Je suis devenu plus sage, mais je ne fais pas de repas sages, car je suis gourmand. Je ne fais pas non plus de repassage, car cela m\’embête et tant pis si ma chemise est chiffonnée…. tant que ce n\’est pas mon humeur… ça va, car je suis souvent de commerce agréable, et cela ne fait pas un pli ! BIEN LE BONJOUR DANS VOS MAISONNÉES RESPECTIVES PS: Je partirai en Bulgarie dès le 20 juin.

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