Archives Mensuelles: janvier 2010

Les assurances-vie

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S’il  y a bien une chose que je trouve absurde et
légèrement morbide, c’est les gens encore vivant, (en corps vivant) qui parlent
déjà de leur futur corbillard,et de leur emplacement au cimetière.Dans ce village crétois où j’ai vécu de nombreux mois, (je suis resté en tout cinq ans en
Crète) Il y avait mon ami Yannis qui était gérant de l’agence des assurances agricoles.

Pour vendre ses assurances, il ne manquait pas…. d’assurance, cela va de soi, mais aussi de
bagout ! Il avait réussi finalement à convaincre le pope de souscrire à une assurance-vie.

Si  le curé en bon pasteur du peuple était convaincu de l’utilité de cette dernière, alors tout le troupeau allait suivre,
se disait Yannis.

Notre assureur distribuait également quelques cadeaux, des stylos, des montres, ou pour les plus fidèles clients, des horloges murales.

Et puis des pots de vin…… des vrais pots de vin, bien sûr ! Combien de fois, ne m’avait il pas vanté les mérites d’un suscription à une police
d’assurance vie.

J’allais payer autant par mois, et cela pendant des années etc….Je lui répondais …. Ah bon et je toucherai mon pécule dès que je serai mort alors ?

Il haussait les épaules en esquissant un léger sourire, mais je comprenais qu’il était contrarié par ma désinvolture.

Pour toucher de l’argent de l’assurance, il aurait fallu que je me casse au minimum un os.

Tel, Yourgo, son beau frère qui avait malencontreusement cassé ses deux jambes.

Oh bien sûr, il reçut de l’argent, et cela lui servit à faire quelques aménagements chez lui, mais pas assez, car il se plaignait du coût de la main
d’œuvre.

Bah, lui disais je, il te reste les deux bras, peut être que cela sera suffisant pour terminer les travaux (j’ignore combien, il avait touché pour les
deux jambes cassées, mais deux bras devaient bien valoir deux jambes….Non ?) J’admets que ce fut de l’humour très ironique et un peu cruel de ma part, mais Yourgo
s’en fichait pas mal, du moment qu’il lui restait au moins un bras pour trinquer !

Pour continuer, ce que je disais plus haut, au début de ce billet.

L’autre jour, j’entendis cette drôle de conversation entre un vieux couple.

La femme disait : Oh moi, je ne souhaite pas un corbillard en bois précieux, je voudrais le bois le plus simple possible, du contre plaqué,c’est amplement suffisant, ça fait moins de fumée, et c’est plus écologique.

Oui, et il ne faudrait pas oublier de prendre rendez vous avec les pompes funèbres, rétorquait le mari. (Quoi ?
un rendez vous chez le croque-mort pour prendre les mensurations, comme chez le tailleur ? wouuah !!!) Oui, oh oh, doucement quand même, je ne suis pas encore morte ! répondit la femme avec humeur !

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