Archives Mensuelles: juin 2010

Anestis Delias – ΣΥΡΑ ΚΑΙ ΜΑΣΤΟΥΡΑ 1936 (Original)

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Ma vie en Crète ( extrait)

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Un certain nombre d’entre vous connaissent mes expériences grecques (
que j’avais consigné sur mon blog durant 2008 et 2009 )
Ci dessous voici un bref extrait de ma vie crétoise dans un charmant
petit village niché dans la colline, dans le sud-est de la Crète.
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Vivre dans un petit village  reculé du sud-est de la Crète, n’était pas
toujours chose aisé.
Il y avait des compensations bien sûr.
Des moments fantastiques, puis des jours sombres, des orages passagers
où l’incertitude flottait dans l’air ,telle une nuée d’oiseaux de malheur.
( lorsque je pataugeais dans la boue de mes angoisses
existentielles.)
Heureusement, j’arrivais toujours à surmonter tout cela, grâce à la
légèreté d’un cœur joyeux et confiant, et d’une ineffable joie guidée par un optimisme inexpugnable.
Dire que j’étais un indécrottable optimiste, ne serait pas exact non
plus.
Disons que j’arrivais à relativiser les situations et surtout de prendre
le parti d’en rire.
J’évitais d’être comme un bateau en péril sur un océan de contingences,
balloté par l’existence,
sans pouvoir interférer, de décider de la suite de l’histoire.
Puis de changer de cap, s’il s’avérait utile ou nécessaire.
Une personne âgée du village de Néa-Pressos, m’avait demandée si je
pouvais venir arroser ses orangers, une fois par semaine.( je crois me souvenir que c’était tout les mardi)
Nous étions dans une période creuse, je n’avais pas trop d’ouvrage.
J’acceptais de bonne grâce, sans même jeter d’abord un coup d’œil dans
le jardin, ou de discuter de mon éventuel salaire.
Le premier jour fut difficile, car en fait d’orangerie, je trouvais une
jungle de ronces et d’orties enlaçant les troncs d’arbres.
Ce fut à coup de pioche et de machette, que je parvins à dégager les
orangers de leurs étreintes acérées.
Je revins quelques heures plus tard, complètement éreinté, le visage
fardé de terre, les jambes toutes griffées par les ronces, électrisées par les picotements et les morsures acides des orties.
J’avais bien sûr omis de dire à ma patronne, qu’il s’en était fallut de
peu, que toute l’orangeraie ne parte en fumée !
Car en effet, ayant fait des fagots avec les branches, j’y avais bouté
le feu.
Ce feu qui couvait depuis un certain temps , se mit subitement à prendre
de l’importance et s’approchait dangereusement des orangers.
C’est à l’aide de branchages verts et en jetant de la terre et de l’eau,
que je parvins à contenir l’ardeur de celui-ci.
 J’ai su plus tard, qu’il était imprudent de faire du feu lorsque le sol
était trop sec et qu’il soufflait un peu de vent.
J’avais fort heureusement une fontaine pas très loin.
 Imaginez un seul instant, toute la plantation partant en fumée !
 Pour mon premier jour de travail, cela aurait été un coup de maître,
assurément !
Les autres fois, je me contentais d’arroser les arbres et puis de faire
une bonne sieste, après avoir mangé ce que m’avait préparée la dame.
En partant, je cueillais trois ou quatre oranges généreusement gorgées
du soleil crétois, lesquelles je dégustais sur le chemin du retour.
 En fait, il n’y avait pas beaucoup de travail, à part lorsqu’il
s’agissait de nettoyer le terrain.
Je pense que cette brave dame, voulait surtout de la compagnie et puis
de parler un peu.
Je l’écoutais attentivement, fidèle et patient comme un chien.
Elle me parlait de la ville de Smyrne, des grecs de l’Asie Mineure, de
l’exil forcé, de la grande catastrophe de 1922, du génocide etc….
Elle était encore une jeune enfant à l’époque, mais se souvenait de
tout, et c’est avec une émotion vive qu’elle me parlait de son passé.
Puis finalement, avec un sourire un peu triste, elle haussait les
épaules, en disant : Bah, c’est de l’histoire ancienne, je t’embête sûrement avec tout cela !
Ce n’était pas le cas., je trouvais son histoire intéressante, même si
parfois, je devais faire un effort pour comprendre le dialecte crétois
,qu’elle utilisait en mélangeant le grec.
 Ensuite, elle me servait un plat de lentilles avec de l’aneth et de la
sauce tomate, ou du riz pilaf avec des keftédés, puis sortait une petite
carafe de raki ou une bouteille de vin  ( le vin de ses vignes)
Mon prodigieux salaire se résumait à une poignée d’oranges, un bon plat
chaud, du raki et du vin..
Souvent "j’oubliais" de réclamer mes sous, mais cela n’avait aucune
importance , j’étais heureux ainsi.
Et la mardi suivant, je revenais avec le bêche sur l’épaule.

Historique du rébétiko

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Le rebétiko est un terme qui, bien qu’il semble désigner un « genre
musical », regroupe en réalité une multitude de formes musicales
différentes, des rébétika d’Istanbul
du début du XXe siècle aux chansons
« laïka »
de Vassilis Tsitsanis
dans les années 1950.

Musiques rhyzomatiques, empruntant à l’héritage musical d’Istanbul et
de Smyrne, des îles grecques et des musiques
continentales, puis s’alimentant tout à la fois des musiques indiennes
et latino-américaines, les rébétika ont connu un développement
foisonnant tout au long du XXe siècle.

Le développement des rébétika au port du Pirée, dans la banlieue pauvre et désaffectée d’Athènes,
fut la conséquence de la rencontre, dans les années 1920, des réfugiés
d’Asie mineure et des émigrés de la Grèce
des îles et du continent venant chercher à Athènes une vie meilleure
que celle des campagnes. L’orientalité des uns et la pauvreté des autres
ont vite fait de les exclure en marge des mœurs grecques du continent
comme de la « bonne société » se dirigeant vers le modèle d’un
« Occident imaginé ». Bientôt apparaissent des chansons faisant
l’apologie du mode de vie « rébet », basé sur l’honneur, un mélange de
bonté de coeur et de malice qui fait tout le personnage du « mangas »,
là où le marginal s’érige en modèle. Les chansons de hashisch se développent pour provoquer bientôt
un débat éthique au retentissement national. Sous la dictature de Métaxas (années 1930), certains rébétika
sont interdits de diffusion à la radio, les rébets sont victimes de
persécution et les tékkés où l’on pouvait jouer et fumer le narguilé
sont victimes de razzias. Le statut national du rébétiko se joue alors
dans un dialogue entre personnages de l’élite culturelle grecque par
articles de journaux interposés[1].
Dans cette discussion historique sur le rébétiko se joue la question
douloureuse de la politique culturelle d’une Grèce qui se dirige vers un
modèle Occidental considéré comme raisonnable et raisonné en refoulant
une orientalité dénigrée.

C’est le cours historique du rébétiko qui résout ce conflit
idéologique, puisque dans les années 1950 se joue le devenir-majoritaire
du rébétiko[2].
En effet, de musique mineure, le rébétiko devient musique majeure
lorsque Tsitsanis sortit son bouzouki
non plus dans les tékkés du Pirée, mais dans les tavernes cossues
d’Athènes. Doucement, le rébétiko se fait « laïko », à mesure qu’il se
fait domestiquer, qu’il abandonne les apologies du haschisch et de
l’alcool, de la plus-que-peine et de la vanité pour le thème
prépondérant de l’amour et de la douleur de la séparation.

« Pour moi, c’est d’abord cela, le rebetiko : une atmosphère autant
qu’un chant, des visages silencieux et marqués autant que des danses ou
des cris, des odeurs mêlées de vin résiné, d’ouzo, de sciure fraîche
sous les tables, de mégots refroidis » (L’Été grec, Jacques Lacarrière, 1976)

Le joueur, chanteur, compositeur de rebetiko est un rebétis (ο ρεμπέτης), au pluriel rebétes
(οι ρεμπέτες), au
féminin singulier la rebétissa (η ρεμπέτισσα), au féminin pluriel les rebétisses
(οι ρεμπέτισσες).

Les danses
associées sont principalement le zeimbekiko,
le hasapiko, mais
aussi le tsifteteli et le karsilamas