Historique du rébétiko

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Le rebétiko est un terme qui, bien qu’il semble désigner un « genre
musical », regroupe en réalité une multitude de formes musicales
différentes, des rébétika d’Istanbul
du début du XXe siècle aux chansons
« laïka »
de Vassilis Tsitsanis
dans les années 1950.

Musiques rhyzomatiques, empruntant à l’héritage musical d’Istanbul et
de Smyrne, des îles grecques et des musiques
continentales, puis s’alimentant tout à la fois des musiques indiennes
et latino-américaines, les rébétika ont connu un développement
foisonnant tout au long du XXe siècle.

Le développement des rébétika au port du Pirée, dans la banlieue pauvre et désaffectée d’Athènes,
fut la conséquence de la rencontre, dans les années 1920, des réfugiés
d’Asie mineure et des émigrés de la Grèce
des îles et du continent venant chercher à Athènes une vie meilleure
que celle des campagnes. L’orientalité des uns et la pauvreté des autres
ont vite fait de les exclure en marge des mœurs grecques du continent
comme de la « bonne société » se dirigeant vers le modèle d’un
« Occident imaginé ». Bientôt apparaissent des chansons faisant
l’apologie du mode de vie « rébet », basé sur l’honneur, un mélange de
bonté de coeur et de malice qui fait tout le personnage du « mangas »,
là où le marginal s’érige en modèle. Les chansons de hashisch se développent pour provoquer bientôt
un débat éthique au retentissement national. Sous la dictature de Métaxas (années 1930), certains rébétika
sont interdits de diffusion à la radio, les rébets sont victimes de
persécution et les tékkés où l’on pouvait jouer et fumer le narguilé
sont victimes de razzias. Le statut national du rébétiko se joue alors
dans un dialogue entre personnages de l’élite culturelle grecque par
articles de journaux interposés[1].
Dans cette discussion historique sur le rébétiko se joue la question
douloureuse de la politique culturelle d’une Grèce qui se dirige vers un
modèle Occidental considéré comme raisonnable et raisonné en refoulant
une orientalité dénigrée.

C’est le cours historique du rébétiko qui résout ce conflit
idéologique, puisque dans les années 1950 se joue le devenir-majoritaire
du rébétiko[2].
En effet, de musique mineure, le rébétiko devient musique majeure
lorsque Tsitsanis sortit son bouzouki
non plus dans les tékkés du Pirée, mais dans les tavernes cossues
d’Athènes. Doucement, le rébétiko se fait « laïko », à mesure qu’il se
fait domestiquer, qu’il abandonne les apologies du haschisch et de
l’alcool, de la plus-que-peine et de la vanité pour le thème
prépondérant de l’amour et de la douleur de la séparation.

« Pour moi, c’est d’abord cela, le rebetiko : une atmosphère autant
qu’un chant, des visages silencieux et marqués autant que des danses ou
des cris, des odeurs mêlées de vin résiné, d’ouzo, de sciure fraîche
sous les tables, de mégots refroidis » (L’Été grec, Jacques Lacarrière, 1976)

Le joueur, chanteur, compositeur de rebetiko est un rebétis (ο ρεμπέτης), au pluriel rebétes
(οι ρεμπέτες), au
féminin singulier la rebétissa (η ρεμπέτισσα), au féminin pluriel les rebétisses
(οι ρεμπέτισσες).

Les danses
associées sont principalement le zeimbekiko,
le hasapiko, mais
aussi le tsifteteli et le karsilamas

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  1. ben dis donc ! Du travail pour toi mais pour moi aussi ! Va falloir aller à la pêche de tous les mots inconnus au bataillon ! J\’ai essayé de lire très attentivement ton billet mais sans blague, va falloir que j\’y retourne ! lol Je file au tennis (d\’abord les jambes) et je reviendrai m\’instruire (ensuite la tête) en espérant qu\’il me restera un brin de lucidité après 2h à courir après une balle ! bises.

  2. J\’ai maintes fois entendue cette musique. Mais je n\’en connaissait pas l\’histoire. Merci pour ton billet.Il me fait aussi comprendre pourquoi cette musique est parfois très orientale.

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