Ma vie en Crète ( extrait)

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Un certain nombre d’entre vous connaissent mes expériences grecques (
que j’avais consigné sur mon blog durant 2008 et 2009 )
Ci dessous voici un bref extrait de ma vie crétoise dans un charmant
petit village niché dans la colline, dans le sud-est de la Crète.
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Vivre dans un petit village  reculé du sud-est de la Crète, n’était pas
toujours chose aisé.
Il y avait des compensations bien sûr.
Des moments fantastiques, puis des jours sombres, des orages passagers
où l’incertitude flottait dans l’air ,telle une nuée d’oiseaux de malheur.
( lorsque je pataugeais dans la boue de mes angoisses
existentielles.)
Heureusement, j’arrivais toujours à surmonter tout cela, grâce à la
légèreté d’un cœur joyeux et confiant, et d’une ineffable joie guidée par un optimisme inexpugnable.
Dire que j’étais un indécrottable optimiste, ne serait pas exact non
plus.
Disons que j’arrivais à relativiser les situations et surtout de prendre
le parti d’en rire.
J’évitais d’être comme un bateau en péril sur un océan de contingences,
balloté par l’existence,
sans pouvoir interférer, de décider de la suite de l’histoire.
Puis de changer de cap, s’il s’avérait utile ou nécessaire.
Une personne âgée du village de Néa-Pressos, m’avait demandée si je
pouvais venir arroser ses orangers, une fois par semaine.( je crois me souvenir que c’était tout les mardi)
Nous étions dans une période creuse, je n’avais pas trop d’ouvrage.
J’acceptais de bonne grâce, sans même jeter d’abord un coup d’œil dans
le jardin, ou de discuter de mon éventuel salaire.
Le premier jour fut difficile, car en fait d’orangerie, je trouvais une
jungle de ronces et d’orties enlaçant les troncs d’arbres.
Ce fut à coup de pioche et de machette, que je parvins à dégager les
orangers de leurs étreintes acérées.
Je revins quelques heures plus tard, complètement éreinté, le visage
fardé de terre, les jambes toutes griffées par les ronces, électrisées par les picotements et les morsures acides des orties.
J’avais bien sûr omis de dire à ma patronne, qu’il s’en était fallut de
peu, que toute l’orangeraie ne parte en fumée !
Car en effet, ayant fait des fagots avec les branches, j’y avais bouté
le feu.
Ce feu qui couvait depuis un certain temps , se mit subitement à prendre
de l’importance et s’approchait dangereusement des orangers.
C’est à l’aide de branchages verts et en jetant de la terre et de l’eau,
que je parvins à contenir l’ardeur de celui-ci.
 J’ai su plus tard, qu’il était imprudent de faire du feu lorsque le sol
était trop sec et qu’il soufflait un peu de vent.
J’avais fort heureusement une fontaine pas très loin.
 Imaginez un seul instant, toute la plantation partant en fumée !
 Pour mon premier jour de travail, cela aurait été un coup de maître,
assurément !
Les autres fois, je me contentais d’arroser les arbres et puis de faire
une bonne sieste, après avoir mangé ce que m’avait préparée la dame.
En partant, je cueillais trois ou quatre oranges généreusement gorgées
du soleil crétois, lesquelles je dégustais sur le chemin du retour.
 En fait, il n’y avait pas beaucoup de travail, à part lorsqu’il
s’agissait de nettoyer le terrain.
Je pense que cette brave dame, voulait surtout de la compagnie et puis
de parler un peu.
Je l’écoutais attentivement, fidèle et patient comme un chien.
Elle me parlait de la ville de Smyrne, des grecs de l’Asie Mineure, de
l’exil forcé, de la grande catastrophe de 1922, du génocide etc….
Elle était encore une jeune enfant à l’époque, mais se souvenait de
tout, et c’est avec une émotion vive qu’elle me parlait de son passé.
Puis finalement, avec un sourire un peu triste, elle haussait les
épaules, en disant : Bah, c’est de l’histoire ancienne, je t’embête sûrement avec tout cela !
Ce n’était pas le cas., je trouvais son histoire intéressante, même si
parfois, je devais faire un effort pour comprendre le dialecte crétois
,qu’elle utilisait en mélangeant le grec.
 Ensuite, elle me servait un plat de lentilles avec de l’aneth et de la
sauce tomate, ou du riz pilaf avec des keftédés, puis sortait une petite
carafe de raki ou une bouteille de vin  ( le vin de ses vignes)
Mon prodigieux salaire se résumait à une poignée d’oranges, un bon plat
chaud, du raki et du vin..
Souvent "j’oubliais" de réclamer mes sous, mais cela n’avait aucune
importance , j’étais heureux ainsi.
Et la mardi suivant, je revenais avec le bêche sur l’épaule.

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  1. C\’est souvent interessant d\’écouter les gens parler, surtout les anciens.J\’imagine ton histoire, d\’autant mieux que je connais un petit peu le pays. En 1975, quand j\’y suis aller, il y avait encore peu de touristes, et pas du tout dans certains coins.

  2. merci pour tes renseignements sur la crète sur mon albummais n\’oublie pas que je n\’y suis passée qu\’une semaine d\’un côté,et une de l\’autrealors désolée pour les infos moins précises que les tiennes,mais c\’est aussi celles que je reçois des gens de là-bas,et celles des cartes,gros bisous de coeur à toi

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