La fontaine du Styx ( suite et fin)

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C’était inhabituel de dormir sur de la crotte de bique séchée ! ( voir billet du 28 seprtembre)

Une nuit épouvantable, impossible de fermer l’œil…. (ou même les deux)

Fallait voir le tableau : un drôle de campeur qui n’avait rien trouvé de mieux que de planter sa tente dans de la crotte séchée.. ha ha ha !!!! (ouais ça va , vous pouvez ricaner, je voudrais vous y voir !) En fait, il n’y avait rien à voir et personne qui circulait, vu que j’étais dans l’isolement total.

Au réveil, je bu à moitié hébété et abruti de sommeil, un café froid  à peine sucré.

Rhaâa….putaiiin ! Non, je n’y crois pas, presque toute la tasse s’était renversée sur mon pull en
cachemire ! (et oui, on a beau dormir sur de l’étron, on en est pas moins coquet !) Il est où le Styx ? C’est encore loin le syndicat d’initiative ?…. C’est pour une réclamation ! Ça commence fort !
Où sont les croissants ? Le service laisse à désirer.

Voila, j’étais seul dans la montagne et livrée à moi même et mes cogitations.

Six heure du matin, j’avais fini mes préparatifs, expédié mon petit déj (du café noir, de la fêta sur un morceau de pain, et une poignée de raisins secs.

Puis je pris mon courage à deux mains et je mis un pas devant l’autre et ainsi de suite, je marchais en fait !

Les lanières de mon sac sous les tractions de la marche, couinaient dans mon dos, un peu comme des haubans sur un navire.

J’avais l’air d’un capitaine qui menait un équipage à la découverte de terres accueillantes.

C’était rassurant de voir ainsi mon havresac bien harnaché qui dodelinait sous le rythme régulier de mes pas.

Je marchais, je marchais… dès fois, je ne faisais même plus attention, ça devenait un automatisme, je ne me rendais plus compte que je marchais.

J’arrivais ainsi à me reposer dans ma tête, tandis que mes jambes continuaient le travail.

De toute façon, elles devaient obéir, le chef c’était le cerveau.

Je n’étais plus fatigué, étant au delà de la fatigue, l’usine d’endorphines turbinait à plein régime.

Je disais plus haut, qu’il pouvait faire assez froid dans la montagne.

Néanmoins dans cette petite rando, le soleil m’encourageait à continuer, c’était mes vitamines d’optimisme.

Et quelle belle lumière, quelle générosité dans les couleurs, les odeurs durant mon parcours (j’en rêve encore maintenant)

Ça changeait de la nuit dernière, lorsque en grelottant, je tentais de dormir
malgré les coups rageurs et redoublés que drossait un vent furieux contre mon abri de fortune (là pour le coup, je n’étais plus ce fringant capitaine… fallait que l’orage passe)

Et le bruit que faisaient ces grands morceaux de plastique recouvrant le toit et que le vent giflait sans cesse.

C’est au réveil, que je m’aperçu que j’avais passé la nuit dans une petite serre rudimentaire (qui avait du servir de logement pour des chèvres ou autre ovins)

Après deux ou trois heures de marche, je parvins à un singulier endroit.

Une brume, telle une légère et diaphane brumisation emplissait les lieux, recouvrant toutes choses d’un infime couche luisante, d’un glacis surnaturel.

Une chute d’eau que j’estimais à plus ou moins 150 ou 200 mètres tombait dans
un fracas extraordinaire et merveilleux.

L’eau était fantastiquement glacée, je me contentais d’une vaporisation, d’une divine bruine qui me requinquais, et me donnait du courage et de l’énergie pour mon périple.

Je m’arrêtais quelques moments pour y pique-niquer.

Plus loin, en contre bas, les premières difficultés survinrent.

De gros rochers barraient la route et le chemin semblait s’évanouir dans la nature.

Par où passer ? J’essayais de gravir ces roches, mais mes  pieds glissaient, en outre le poids de mon sac à dos ne m’aidait guère dans mes tentatives de montée.

Allais je renoncer, après tant d’effort ? non !

Finalement, je me résolu à suivre un minuscule sentier sculpté dans la roche et à peine
plus gros que l’épaisseur d’un pas.

Par chance, il y avait une sorte de câble ancré dans la masse de la pierre.

Ça montait, ça montait, pareillement mon adrénaline.

Il fallait suivre ce frêle passage en maintenant le câble solidement.

Que faire ? Revenir sur ses pas ?

Ah là là, quelle histoire, un faux pas et je dégringolais en bas tel un pantin désarticulé !

Je m’encourageais en me disant : allez Christian, d’autres sont passées par ici, ce n’est pas impossible, encore un peu de courage !

Lorsque je fus de l’autre côté, je me félicitais de mon audace.

Je suis un randonneur pas un casse cou, ni un alpiniste.

Je frissonnais un peu, en balayant les derniers vestiges de la peur adénalinisée, qui m’avait électrisé sur ce tronçon scabreux de mon trekking.

Par la suite, ce fut quasi un jeu d’enfant.

Ça descendait, ça descendait interminablement.

Après douze heures de marche, je parvins finalement au terme de ma balade, fatigué mais
heureux.  Étrangement frais comme un gardon, malgré les kilomètres et les nombreux dénivelés que j’avais bouffé !

Dans un cafénéion d’un petit village, je pus enfin boire une bonne bière bien fraîche
et manger un vrai repas chaud ( et un vrai repos chaud… non pas sur des crottes sèches, mais dans un vrai lit confortable comme un bourgeois)

Au patron de l’auberge, j’expliquais ma petite pérégrination dans la montagne Helmos.

Je lui demandais : au fait, comment se nomme cet endroit où coule cette longue cascade ? (de l’endroit où nous étions, nous pouvions voir au loin l’incroyable chute d’eau)

Mais, c’est  la fontaine du Styx ! me répondit il l’air étonné comme si c’était  l’évidence même.

Alors, sans le savoir, j’avais pris un bain dans l’eau du Styx !

J’étais donc immunisé ! Car la légende disait que quiconque prenait un bain dans l’eau du Styx devenait immortel…. Tout un programme !

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Ps : en ce qui concerne la légende de la fontaine du Styx, allez jeter un coup d’œil sur
le net…. c’est assez instructif.

BIEN LE BONJOUR DANS VOS MAISONNÉES.

 

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