La vie au village de Agios-Spiridon

Par défaut

La vie au village de Agios-Spiridon (Sud-est de la Crète)

Lorsque j’avais des loisirs, j’aimais me promener dans la région.

En règle générale, il y avait toujours quelque chose à faire, surtout quand on possédait un jardin ou quelques animaux ; mais ce qui n’était pas mon cas.

Alors les jours chômés, j’en profitais pour faire la belle et  partir dès potron-minet avant que mon potron….heu ! entendez mon :patron, ne se désistât et ne trouve un quelconque travail a effectuer ! Car je me méfiais ; même si Yannis était plus un ami qu’un patron.

Vu la position sociale de ce dernier, (il était l’homme le plus riche du village) sa parole et son intégrité étaient respectés comme des valeurs sûres.

Il me disait par exemple : Christos, j’ai un tout p’tit boulot à faire, presque rien, peut être une heure maximum !

Alors, je partais la pioche sur l’épaule (ou la pelle, ou la brosse à poils durs) Soit, il s’agissait de déblayer la route encombrée de gravats (le village se nichait dans une colline) ou enlever des branches d’amandiers d’un terrain.

En fait, maintes fois, cela prenait la journée entière.

C’est bientôt fini encore dix minutes et ensuite nous partons, c’est dimanche pour tout le monde, me certifiait il….. dix minutes devenaient une heure et etc….. Bien sûr, il bossait avec moi.

Yannis ne comptait pas cela, comme des heures de travail, mais plutôt le fait d’un loisir.  Moi de mon côté, je râlais un peu car il avait contrarié mon plan du dimanche.

Au programme : grosse gambade dans le thym et le serpolet, remplissage de poumon d’odeurs, de parfums, de fragrances diverses et multiples.

Le simple plaisir de ne strictement rien faire, sinon rêver un peu etc… mais non, Yannis changeait tout cela par des choses plus formels et utiles.

Ensuite, nos pas se dirigeaient dans la plupart des cas, vers le cafénéion de Panayotta, que je dénommais plaisamment : Toyota. (Pana-Toyota qui ne se départait pas de son sempiternel tablier noir ainsi que son fichu du même coloris) Évidement,les boissons et le repas offert par le patron, pour remercier du p’tit travail insignifiant que j’avais fourni.

Insignifiant, c’était vite dit…parfois ce fut un travail de longue hellène comme on dit en Grèce ! Enlever de lourdes branches d’oliviers ou d’amandiers hors du terrain, les débiter à l’aide d’une toute petite scie (que l’on nommait dans la région : sarakas… sans doutes à cause du bruit que l’outil faisait : « sarakasss sarakass sarakasss  »

La sarakas faisait : sarakass sarakass sarakasss et le grillon : krisss kriss krisss donnant ainsi sa partition, sa touche sonore du décor

Je ne comprenais pas très bien pourquoi, Yannis se bornait à utiliser cette toute petite scie, (une sorte de lime à ongles géante !) Pour le plaisir de bien suer, de  tempêter, de larguer un bon gros juron d’appellation pas toujours contrôlé !?!? Ah oui, comme cela ça prenait la journée !

Si au moins nous possédions une tronçonneuse…. Et Ziiin ziiinnn Ziiiiin ziiiinouaaaziiin (j’imite bien le bruit de la  tronçonneuse ?)…en moins d’une demi heure nous expédions l’ouvrage !  Mais où se situait alors la poésie ? Le travail se devait être harassant, légèrement ingrat et difficile, pour mériter le palmarès des nombreuses carafes de tsipouro, que nous allions nonobstant déverser dans nos gosiers desséchés de travailleurs.

Et pas dans nos gosiers de travailleurs desséchés !!!! bien évidemment ! Quoiqu’il en soit, l’horreur de ce vacarme, de ce massacre à la tronçonneuse, que l’on entendait trop souvent dans les campagnes avoisinantes.

Non seulement le bruit mais aussi l’odeur de l’essence que ces engins envoyaient dans l’air.

Ainsi, je maudissais la personne qui polluait  par cette agression sonore et olfactive.

Pour sûr le boulot à la sarakas devenant plus écologique….. plus éco que logique d’ailleurs ! Nos chevelures emmêlées de copeaux de bois, (salut les copeaux !!!)  nous donnaient des allures de vrais travailleurs , ( avec un grand  T….du lait et deux sucre pour moi, s’il vous plait !) d’authentiques et rustiques campagnards qui méritaient bien une petite halte au bistro pour se désaltérer parmi d’autres honnêtes travailleurs.

Suite au prochain épi…sode (et oui nous sommes à la campagne !)

₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪

Publicités

"

  1. Merci Brigitte de ton message. Plus grand monde ne passe par ici, pourtant la porte est encore ouverte avant expropriation.Je suis sur ce blog jusqu\’à la dernière limite; néanmoins on peut me visiter sur Netlog.J\’ai donc deux blogs ( mais jumeaux…. c\’est à dire que le même billet est transféré d\’un blog à l\’autre)BIEN LE BONJOUR DANS VOS MAISONNÉES

  2. Au moins, avec ta lime à ongles, c\’était difficile de scier la branche sur laquelle tu étais perché! Une scie de sécurité, en quelque sorte! Bonne soirée, Christos!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s