Hommage à Jacqueline de Romilly

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Jacqueline de Romilly  est décédée ce samedi 18 décembre 2010

Jacqueline de Romilly, membre de l'Académie française, pose dans son appartement, le 12 février 2003 à Paris.

Jacqueline de Romilly, membre de l’Académie française, pose dans son appartement, le 12 février 2003 à Paris. AFP/ALEXANDRE FERNANDES

L’académicienne Jacqueline de Romilly, spécialiste de la civilisation et de la langue grecques, est morte  samedi à l’âge de 97 ans, indique, dimanche, son éditeur Bernard de Fallois. Née le 26 mars 1913 à Chartres (Eure-et-Loir) d’un père professeur de philosophie et d’une mère romancière, Jacqueline David a très vite été première : deux fois lauréate du Concours général, ouvert pour la première fois aux femmes en 1930, elle sera la première femme reçue à l’Ecole normale supérieure en 1933, puis à l’agrégation de lettres en 1936.

Professeur de lycée à partir de 1939, elle est nommée maître de conférences (1949), puis professeur titulaire (1951) à la faculté des lettres de Lille, avant d’être professeur de langue et littérature grecques à la faculté des lettres de Paris (1957-1973).

Elle a été la première femme professeur au Collège de France pour chaire « La Grèce et la formation de la pensée morale et politique » (1973-1984) puis la première femme élue à l’Académie des inscriptions et belles lettres (1975). Spécialiste de la civilisation et de la langue grecques, elle est l’auteur de très nombreux ouvrages sur cette période, notamment sur l’historien Thucydide, le théâtre d’Eschyle et d’Euripide et la guerre du Péloponnèse.

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Jacqueline de Romilly, qui incarnait l’enseignement des études grecques classiques en France ainsi qu’une conception exigeante et humaniste de la culture, a écrit, en plus de 60 ans, de très nombreux ouvrages. En 1988, elle était devenue la deuxième femme élue à l’Académie française, après Marguerite Yourcenar. Elle en était la doyenne  depuis la mort de Claude Lévi-Strauss en 2009. Membre correspondant étranger de l’Académie d’Athènes, elle avait obtenu la nationalité grecque en 1995 et avait été nommée ambassadrice de l’hellénisme en 2000.

« C’est une perte pour notre pays », a réagi sur France Info Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie Française. « C’est une femme qui a porté toute sa vie la langue et la culture grecques parce qu’elle considérait (…) que c’était une éducation (…) à la compréhension de la liberté de l’individu, de l’attachement à la démocratie », a-t-elle souligné.

« Elle a souffert énormément depuis quelques dizaines d’années de voir l’étude de cette langue décliner, et cela a été pour elle un immense chagrin », a-t-elle ajouté, jugeant que le meilleur hommage à lui rendre « serait d’attacher plus d’importance désormais à la langue grecque dont elle a été le plus grand défenseur dans notre pays ».

Une œuvre prolifique

L’universitaire a défendu ardemment l’enseignement littéraire et celui des langues dites « mortes ». Après son plaidoyer L’Enseignement en détresse (1984), elle fonde en 1992 une association pour la sauvegarde des enseignements littéraires. Mme de Romilly a notamment publié des essais comme Histoire et raison chez Thucydide (1956), La douceur de la pensée grecque (1979), un Que sais-je? sur Homère (1986), une biographie d’Alcibiade (1995), mais aussi un roman, Ouverture à cœur (1990), et des nouvelles qui évoquent ses souvenirs : Les Oeufs de Pâques (1993) et Laisse flotter les rubans (1999).

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  1. Comme je lis pas fréquemment les journaux, c’est seulement aujourd’hui, que j’apprends le décès de cette très grand dame.
    Cela me fait songer à ce proverbe africain qui dit :  » Lorsque un vieillard meurt c’est une bibliothèque qui brûle  »
    Avec tout le respect pour Jacqueline de Romilly en qui j’avais une haute estime.
    Idem une pensée pour cet autre grand lettré et ami de la Grèce qui était Jacques Lacarrière. (décédé le 17 septembre 2005)
    Adieu donc mon cher Jacques et ma chère Jacqueline.

  2. Une femme formidable qui a su rester simple, sereine et passionnée jusqu’à la dernière minute, fidèle à ce qu’elle était, proche des ses disciples. Mais tellement utopiste ! Cela ne m’étonne pas qu’elle ait été chagrinée, le mot doit être faible, de voir que l’on délaisse les langues dites mortes alors qu’elles sont l’essence même de notre langage. Il n’y a qu’à voir comment on peut passer pour un extra-terrestre (j’aurais pu dire ringard aussi ) lorsqu’on s’emploie à pratiquer le français correctement. Nous sommes au temps où les fautes d’orthographe ne valent plus un zéro en dictée, où l’on peut employer pour être « IN » le langage texto, je ne parle pas du latin appris dans les missels puisque plus personne ne va à la messe ! 😀 Et puis, les messes sont dites en français ! C’était pourtant chouette « ite missa est, vade in pace je ne peux même pas citer quo vadis, qui pourrait encore lire ce roman ? Bon, j’arrête mes élucubrations, je vais soigner mes doigts, j’ai arraché de vieilles fougères fânées accrochées méchamment au grillage qui nous sépare du voisin, je n’ai pas cru utile de mettre des gants, j’ai les mains en sang ! C’est malin ! Je n’ai pas écouté la vidéo, Clément fait dodo, je respire quand il dort !!! 😀 Bises

  3. Merci de ton commentaire Marie-Jo.
    La langue grecque est si belle.
    D’emblée j’ai aimé sa musicalité.
    C’est sans doutes pour cela que j’ai appris cette langue avec un certain bonheur.
    Bien le bonjour dans ta maisonnée.

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