En passant à Brindisi

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Dans ce présent billet, je vous raconterai une péripétie survenue à Brindisi en Italie.

Je revenais de Grèce (une fois de plus) et pour certaines raisons que je vous expliquerai peut être un jour, j’étais sans le sou.

Donc me voila en Italie, et la dernière pizza margarita est déjà un lointain souvenir

N’ayant plus d’argent, et n’osant demander de l’aide, je me demandais bien ce que j’allais pouvoir manger.
Nous étions en été, et j’avais l’opportunité (ou vraisemblablement le culot) d’emprunter par ci par là, quelque fruits ou légumes dans les champs.
Un jour, en faisant ainsi mon marché sauvage dans un grand terrain regorgeant de fabuleux trésors succulents, tels que des orangers, des figuiers, des tomates etc.…
Je vis un énorme chien fonçant vers moi, les babines retroussées et maculées de bave fumante….. Disons qu’il allait bon train, telle une locomotive folle écumant de la vapeur et un peu énervée du sifflet !
Par chance son maître se trouvait dans les parages et pu intervenir à temps avant que celui-ci ne déchire le fond de la culotte (je parle du chien  évidemment)
Apparemment, il voulait en découdre avec moi…. Surtout mon pantalon !
Que viens tu faire ici ? Me dit le propriétaire du jardin.
Il tenait son chien à l’aide d’une grosse corde (j’étais tellement près que j’aurais pu lire la marque de son collier….. le collier du chien bien entendu ! mais bon, je ne vais pas à chaque fois vous précisez la chose ; je continue  le récit ?)
J’expliquais brièvement les raisons opportunes de l’insidieux hasard m’ayant fait choir dans son potager.

La faim me poussant à commettre cet acte délictueux, au regard des objets convoités et tellement appétissants à mes yeux.

Mais surtout à mon estomac qui en avait marre de rouler à vide et que nonobstant, je remplissais ce sac posé à côté de moi, qui était la conséquence de cette petite affaire qui présentement nous préoccupait….. Bref ! Je crevais la dalle, putaiiin !
Finalement, le brave homme ne se mit pas en colère et accepta que j’emporte ma modeste rapine (3 ou 4 tomates et une chétive salade.)
Cela ne valait pas le coup de se faire déchiqueter par les crocs d’un dogue énorme, fou de rage, et qui  tournoyait férocement autour de sa laisse.
L’homme finalement arriva à calmer le chien et m’offrit même quelques kakis,
en me demandant de ne plus revenir dans sa propriété.
Dans mes balades, j’avais remarqué qu’il y avait un dortoir attenant à la gare de Brindisi, et il me vint une idée.
Il était hors de question de retourner à l’hôtel, de toutes façons je n’avais plus d’argent, et certainement pas envie de dormir dans la loge du réceptionniste à la face lunaire (il me faisait irrésistiblement penser à un personnage de Fellini)
Je n’osais plus dormir sur la plage car j’avais toujours peur qu’une vague un peu plus forte que les autres puisse m’emporter.
En outre, le bruit incessant des vagues, la noria des vespas qui passaient sans arrêts, et l’odeur de pizzas narguant mes narines.
Un peu plus tard dans la soirée, je revins subrepticement dans les parages de la gare qui était déserte à cette heure là.
Le dortoir était une grande bâtisse pourvue d’un côté d’une rangée d’éviers et de douches, et de l’autre de chambres.
Par chance, le bâtiment n’était pas verrouillé
Je me disais, au point où j’en suis, je vais d’abord prendre une douche, j’aviserai ensuite.
Après une petite ablution et propre comme une lire neuve, (l’euro n’existant pas encore) j’essayais systématiquement d’ouvrir chaque porte, essayant en vain de pénétrer, étant halluciné de fatigue.
Mais comble de déveine, toutes étaient fermées
J’étais près à abandonner, lorsque, après moult essais, une porte s’ouvrit enfin sur une petite chambre.
Ce bon lit semblait  telle une invitation impérieuse à rejoindre les bras de Morphée, j’obtempérais à ce commandement sans autres délais et m’endormis du sommeil du juste, en pensant aux petits aléas de la journée.
Mes rêves se peuplèrent de chiens et de locomotives écumantes, transportant une cargaison de kakis et de tomates cerises.
C’est aux petites heures du matin lorsque même le coq somnole encore sur son perchoir, que j’entendis des pas se rapprochant de la chambre.
La clenche fit un demi tour et moi je me glissais dans les couvertures pour ne pas voir ça !
Imaginez, l’air hébété du brave type qui venait probablement de faire une longue journée de travail dans la compagnie des trains et qui trouvait déjà quelqu’un dans son lit !
J’allais quand même pas lui dire…..Allez, je me pousse un peu pour te faire de la place !
Mes explications oiseuses dans une langue qui ne comprenait pas, ajoutaient de l’absurde à cette scène qui virait à présent à la commedia dell arte
Il ne savait pas s’il devait se fâcher ou bien rire de cette situation  particulière.
Néanmoins vu mon aspect inoffensif, il devait se dire qu’il avait affaire à un drôle de coco mais pas dangereux.
Il me reconduisit gentiment devant son chef de service.
Le chef de la gare de Brindisi, m’intima l’ordre de ne plus revenir dans les parages, sinon, il irait prévenir les carabinieri.
Alors, je repris mon sac à dos et mon courage.
J’étais malgré tout content car j’avais (presque) réussi à passer une bonne nuit

PS: je vous expliquerai une autre fois,comment j’ai dormi pendant plusieurs jours dans une caserne militaire désaffectée et comment j’ai failli être pris pour un espion  si si !!

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  1. très intéressant ton récit …tu pourrais écrire dans le guide du routard !….lol…comment voyager et dormir à peu ou point de frais quand on n’a plus un sou , un kopek , une lire , un euro en poche …enfin peu importe !!!!mais ne faut pas avoir peur des conséquences de ses actes qui peuvent être très mal interprétées …cette semaine , un voleur de truffes s’est fait tuer dans la DROME par le propriétaire du champ …c’est certain ..le prix des truffes est diffférent de celui des tomates !!!…lol… bisous CHRISTIAN

  2. Merci Ornithorynque de ton commentaire sur mon blog.
    En ce qui concerne la veille de Noël, j’étais seul, à cause de la neige qui bloquait les routes.
    Impossibilité d’aller rejoindre ma nièce à Ittre.
    Je n’étais pas vraiment seul puisque j’avais deux poivrons au four et une bouteille de vin.
    Ensuite, j’ai vu un reportage sur les renards de la région de Calabre, en Italie…. c’est tout !
    Bien le bonjour dans ta maisonnée.

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