Archives Mensuelles: janvier 2011

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Petite péripétie en France.

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« A partir de dorénavant »

Voici un petit récit de mes « exploits » avec deux amis de l’époque, Jean-Jacques et Béatrice.

La France, c’est un pays que j’ai également beaucoup aimé, et c’est d’ailleurs dans la région du Midi-Pyrénées, département de Tarn et Garonne, que nous allons nous diriger.  Précisément dans un petit village qui se nomme : Lafrançaise.

A  l’époque un peu fofolle, (en 1973 si ma mémoire est fidèle) lorsque nous avions marre de cette société de consommation et tutti quanti, il suffisait de partir l’esprit léger, aérien, (à l’instar de nos économies qui n’étaient guère pesantes) sans se soucier des problèmes matériels.
Nous avions quand même un vague projet de travail dans la récolte des fruits ou autres occupations annexes, mais toutefois sans grandes précisions.
Nous formions un drôle de trio, Jean-Jacques, Béatrice et moi.
Jean-Jacques m’éblouissait par son savoir faire et son côté très débrouillard.

A dix huit ans, il travaillait déjà à son compte et parvenait me semblait il, à tout faire ou presque de la cave au grenier.
La menuiserie, la plomberie, l’électricité, etc.….
D’ailleurs, j’avais commencé un des premier chantier avec lui dans une vieille petite maison dans le quartier que l’on nomme : Le Coin du balai, à Bruxelles, situé dans la commune de Boitsfort.
Béatrice, devait avoir la trentaine, et Jean-Jacques s’en était entiché plus qu’il n’était raisonnable.
Ils formaient un couple atypique et assez tumultueux.
Les problèmes de boisson chez Béatrice étaient récurrents et lorsqu’elle avait bu, l’esclandre n’était plus très loin.
Il aurait fallu alors l’attacher, pour éviter qu’elle ne fasse d’avantage de bêtises.
Nous avions eu de la chance de recevoir une voiture qui nous avait été prêtée gentiment par un professeur d’université.
Puisque mon ami et moi-même ne savions pas conduire, cette tâche imputait donc à Béatrice…. Ouais ! C’était sans compter sur l’inconstance, et l’intempérance de cette dernière !
Heureux de posséder ce véhicule pour notre périple,  nous décidâmes d’aller fêter cela, en allant boire un verre au café le : Dol molle, situé pas loin de la Grand-Place de Bruxelles.
Jean-Jacques, devant s’absenter quelques instants pour aller acheter une carte routière, nous restâmes Béatrice et moi, seuls dans le bistro.
Elle me dit : Christian, ça te dirait de faire un p’tit tour avec la voiture ?
Oui pourquoi pas ! Répondis je. ( nous devions attendre le retour de Jean-Jacques)
Cela fut une bien mauvaise idée, et le cours des évènements en sera la preuve indubitable.
Je pensais  bien naïvement en mon for intérieur, qu’elle en avait marre d’être dans ce bistro, et au lieu de commander un quatrième verre de vin blanc, elle choisissait d’aller prendre l’air.
La voiture semblait agréable à conduire, et démarrait au quart de tour.
Nous fîmes donc le tour du quartier assez rapidement.
Assez rapidement, est la formule appropriée, car cinq minutes après nous fûmes encerclés de trois voitures de police !
Il faut que je vous explique par le menu. Béatrice é
tait déjà un peu gaie et prise par la boisson, et moi le gros nigaud qui ne remarquait rien d’anormal.
Nous avions fait à peine cinq cent mètres que nous nous trouvâmes devant un taxi qui bloquait une rue, attendant probablement un client.
Mais, la vitesse de notre véhicule était trop importante, comble de malchance Béatrice ne trouvait plus le frein à main ou même cette stupide pédale de frein… Putaiiiin, c’est où qu’il on mis cette foutue pédale de merde!
Et un moins de temps qu’il ne faut pour écrire cette présente phrase,… Vvlaang ! Voila que nous emboutissions le taxi de la plus belle manière, du très grand art.
M’enfin tu ne pouvais pas faire attention, c’est insensé, tu viens de prendre le volant depuis moins de cinq minutes et tu provoque un accident !
Et dire qu’elle devait être la conductrice nous amenant dans le sud de la France.
Non seulement, elle riait à gorges déployées, mais tout à coup elle embraya et tenta de s’enfuir.
Tu vas voir, on va le semer ce connard  de taxi ! me disait elle.
Ce n’était absolument pas raisonnable, car deux minutes après nous étions rejoint par toute une escouade de policiers.
Notre moyen de locomotion était donc hors service, de plus la bagnole fut harponner par une méchante dépanneuse très onéreuse, ce qui greva notoirement notre budget.
Résultat de cette escapade, une forte amende, accident avec délit de fuite, une voiture immobilisée etc.…..
Encore heureux que le père de Jean-Jacques avait des relations (il travaillait également comme professeur à l’université) et qu’il avait pu minimiser l’affaire
(Sans compter que notre amie avait pris le volant avec un taux d’alcoolémie non autorisé et moi avec un taux de connerie identique)
Nous réussîmes malgré tout à partir vers la région de Tarn et Garonne, avec des économies réduites.
Une grande partie du voyage se déroula donc dans le train: Bruxelles Avignon.
Lorsque nous débarquâmes à Avignon,  nous allâmes dormir à la belle étoile.
C’était l’hôtel le moins cher pour des fauchés comme nous.
Maintenant que nous étions en route, il fallait bien organiser notre voyage pour atteindre notre but final, le village de Lafrançaise.
A trois ce n’était pas toujours facile de faire du stop, alors nous prîmes la décision de nous séparer et de se donner rendez vous à un endroit précis.
La tente canadienne étant très lourde, nous avions partagés les éléments divers.  Moi je portais la toile, Jean-Jacques et Béatrice les cordes et les piquets.   La première étape fut Carcassonne.
Mais voila, l’auto-stop c’est quelque chose d’aléatoire, parfois ça va vite et vous roulez bien et une autre fois vous restez en rade pendant des heures.
Manque de pot ou de voiture, (ou les deux) je ne parvins pas à temps pour le rendez vous et je fus contraint de passer la nuit dans un champ de maïs, enroulé, enrobé, dans la toile de tente.
J’avais la casserole mais pas les assiettes, j’avais la tente mais pas les piquets et la corde pour la dresser, j’avais l’ouvre boite mais pas les conserves, la bouteille de vin, mais pas le tire bouchon. (quelle organisation !)
Puisque nous avions partagés les choses en poids égales (mais pas en logique égale !)

Les nuits pouvant être parfois fraîches, franchement, je me demandais comment Jean-Jacques et Béatrice allaient pouvoir dormir avec pour tout logement, des cordes et des piquets.
Comment ils allaient dîner puisqu’ils n’avaient pas l’ouvre boite.
Souffrance ultime, ils avaient le tire bouchon mais pas le vin…. Ha ha ha !
C’étaient voyez vous, des petites tracasseries inhérentes à ce genre de périple.


Dans le village de Perivolakia / Péripéties crétoises et autres flâneries /

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« A partir de dorénavant »

Je ne sais plus dans quelle circonstance, j’atterrisais à Périvolakia, une bourgade perdue dans la colline et tellement isolée que même le macadam  hésitait à fréquenter l’endroit.
Néanmoins, une ou deux fois par semaine, un bus de la compagnie Ktel* venait éprouver ses pneus et ses châssis sur ces routes défoncées qui étaient d’ordinaire fréquentées par les chèvres, les brebis, et accessoirement par les êtres humains.
De Périvolakia vous suiviez une improbable piste qui vous menait soit à Kalo Néro en faisant un large détour en contournant la colline, ou alors en connaissant bien le sentier, vous pouviez rejoindre le monastère de Moni- Kapsa, en traversant par le milieu.
Ce chemin était évidemment plus intéressant, encore fallait-il pouvoir lire l’itinéraire dans les petites crottes laissées par les capridés sans trop s’écarter du chemin, car vous pouviez rapidement vous retrouver dans une impasse ou au bord du ravin.
Je sais de quoi je parle, j’en avais fais l’éprouvante expérience.
Voulant prendre un chemin plus court par le flanc de la colline, ayant distingué au loin le clocher du monastère.
Au commencement tout semblait d’une déconcertante facilité et hop, je gravissais la ravine à l’instar d’une allègre chevrette.
Pensant être parvenu au sommet, je remarquais une sorte de surplomb dans la roche.
Pour arriver en haut, il aurait suffit que je me penche un peu en arrière et que j’agrippais ce qu’il m’avait semblé être une surface plane et herbeuse.
Mes mains étaient tendues par l’effort pour parvenir à me hisser, mais mes pieds glissaient sur l’étroite corniche et une grosse pierre se descella, allant choir lourdement en contrebas.
Le bruit se répercuta  dans la colline, porté par l’écho, puis le silence revint aussi inexorablement qu’il était venu ce qui accentua l’effet de solitude.
Pendant d’interminables minutes, j’étais tétaniser, ne sachant plus quoi faire et ne pouvant plus bouger.
Surtout, lorsque je calculais mentalement, le temps qu’avait pris la pierre pour dévaler la pente.
Allais je faire le même parcours ?
Avec d’infimes précautions, je descendais en mettant scrupuleusement les pieds dans mes propres pas et ainsi de suite, je me retrouvais à nouveau en bas du ravin.
Pendant ce temps là, la cloche du monastère sonnait gaiement (non, ce n’était pas encore le glas qui sonnait pour moi !)
Par la suite, je continuais scrupuleusement la petite piste.
Je me félicitais intérieurement de mon sang froid.
Grâce à ce raccourci, j’arrivais à Moni kapsa avec deux heures de retard. (Cela a failli être un raccourci pour l’hôpital ou plus si affinités !)
Mais revenons au village de Périvolakia où je travaillais pour le maire.
Le boulot était assez dur est pas très bien payé.
Il fallait par exemple, dépierrer à la main, toute une parcelle
Ensuite entasser les pierres, les transporter dans une brouette.
Elles devaient servir à ériger de petits murets de protection pour les champs.
Toute la journée, je faisais l’aller retour avec un chargement de pierre sous un soleil de plomb.
Et même s’il s’agissait d’un chargement de plomb sous un soleil de pierre, la différence n’aurait été guère énorme.
Un autre travail consistait à faire la moisson avec une authentique et presque anachronique faucille.

Prendre une gerbe de la main gauche et puis hop d’un coup bref couper les tiges au ras du sol, les rassembler en bottes etc.…  Mine de rien, ce n’était pas évident au début, car il y avait tout un coup de main à avoir, pareillement pour le geste auguste du semeur. (comme on dit)
Je n’étais jamais arrivé à la bonne technique.
Pour bien lancer votre poignée de graines, vous deviez d’un geste partant de l’intérieur du bras, faire une sorte de demi cercle, un peu comme si vous lanciez un frisbee que vous jetiez en l’air d’une manière décontractée et naturelle.
De toutes façons, j’aurai préféré jouer au frisbee plutôt que de faire ce travail obsolète et très mal rémunéré.
Je comprenais à présent pourquoi Karalambros refusait de travailler pour son frère.
Ce frère qui s’appelait Manoli (si ma mémoire est fidèle) était l’archétype de l’homme très économe. (frôlant l’avarice.)
De même, il vivait en quasi autarcie sans avoir recours à des achats extérieurs, hormis le sel et l’essence pour son pick-up, les seules choses qu’il ne produisait pas.
 » Je vais rarement acheter des légumes ou des fruits car j’ai tout ce qu’il faut dans mon jardin, de plus je fais mon propre vin , le bistro c’est une stupidité, pourquoi donner tant d’argent au kafétsis* me serinait-il souvent  »
Concernant le travail, il avait des notions communistes pures et dures.
Pour lui l’idée du kolkhoz, la participation obligatoire du travail par les citoyens, œuvrer dans un même sens pour le bien être de la communauté (et du parti) aurait du se généraliser partout en Europe.
Idem la notion d’argent lui semblait une erreur et suggérait que l’on devait revenir à un système de troc, une forme de préhistori-communisme.
Evidemment, cela ne l’empêchait pas d’empocher pour ses pêches et autres fruits ou légumes qu’il cultivait en abondance sur ses terrains, de l’argent tout à fait officiel et pas tombé du ciel.
Apparemment, il aimait faire la collection de ces sortes d’images imprimées.
Il était même très difficile pour lui de s’en dessaisir lorsqu’il s’agissait de payer quelque émoluments divers.

Sa femme n’arrêtait pas un seul instant de bosser du matin au soir.
Elle faisait la cuisine, le pain, la lessive, le ménage, allait traire les animaux et de surcroît travaillait aux champs avec nous.
Nonobstant, il produisait un excellent vin qui vous donnait de la force et compensait un peu l’ingratitude du travail.
Après quelques verres, je parvenais à tordre des clous à mains nues.
Parfois le matin, il m’arrivait de boire un raki à jeun, ce qui me donnait un coup de fouet, un regain d’énergie.
J’aurai pu transporter une chèvre sous chaque bras, un sac de ciment sur la tête tout en poussant une brouette remplie de pierres.
Outre le tordage de clous, et le rinçage journalier de mon gosier par les bons produits locaux, il n’y avait guère d’activité dans ce bled perdu.
Certes, il y avait le caféneion mais qui me semblait triste et complètement désuet.
Le sentiment que le temps s’était attardé dans les parages, comme fixé à jamais, telle une punaise rouillée sur un vieux calendrier jauni.
Le trou noir quoi ! Les bienfaits de la civilisation ne semblaient pas encore parvenus jusqu’ici.
Peu de personnes possédaient le téléphone.
(la cabine se situait dans le bistro) Les annonces se faisaient par haut-parleur.
Cette voix nasillarde qui traversait l’air pour annoncer que « La pension de  Madame Georgia est arrivée ou encore, Anatole est appelé au téléphone,… nous attendons les administrés pour le partage de l’eau etc, » donnait l’impression d’être dans une sorte de grand camps de travail (exempt de miradors) On savait tout sur vous, à quel heure on avait téléphoné, et qui avait appelé.

Mais le village était charmant et puis on y fabriquait un très bon raki
Un dimanche, j’eus l’agréable surprise d’entendre des chants byzantins qui furent psalmodiés avec beaucoup de joie et de finesse, ces chants sortaient de l’église tels de l’encens invisible qui enrobait l’air et vous enivrait d’une joie sereine et pure.

Ktel* : C’est la compagnie des bus en Grèce (inévitable et peu onéreuse)
Kafétsis* : tout simplement celui ou celle qui tient un caféneion (bistro)

La Lybie antique. un rêve de marbre

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« A partir de dorénavant »

Histoire. Ouvrage illustré de Claude Sintes, photographies de Gilles Mermet. Imprimerie nationale, 280 p., 75 euros.

Préface par :  Brigitte Hernandez


Prodigieux. Grecque, punique, romaine…, la Libye est un écrin où le temps se couche dans la pierre et le marbre, au long des amphithéâtres et des statues. Ce pays, lorsque les Grecs le nommaient Libye, ne correspond pas à celui d’aujourd’hui. C’était alors le continent africain, de la Méditerranée jusqu’aux terres du Grand Sud, celles de l’inconnu. Trois parties constituaient son ensemble : à l’est, la Cyrénaïque où s’installèrent les Grecs, à l’ouest, la Tripolitaine qui fut dominée par les Romains, le reste, les déserts. Claude Sintes, directeur du musée départemental Arles antique et conservateur en chef du patrimoine, raconte les sites et les hommes, fait ressurgir les peintures d’Hubert Robert qui porta au sommet la mode de l’antiquité au XIXe siècle, et nous plonge dans une Antiquité idéale… Les photographies de Gilles Mermet nous transportent, nous faisant toucher du doigt la précision des tuniques en marbre des korês, révélant les détails de l’architecture d’un des plus beaux sites au monde, Leptis Magna, haut lieu romain, caressant les mosaïques des Saisons, conservées au musée de Tripoli. Cet ouvrage est un spectacle, un voyage, une féerie.

Photographies (© Gilles Mermet)