Soeur kalogria ( péripéties crétoises)

Par défaut

Voici une péripétie crétoise ( que j’avais écrite sur mon ancien blog) Pour ceux qui ignoraient encore mon séjour dans un monastère. Le moine « Christos » rendant visite à sœur Kalogria qui est malade.

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Notre brave sœur Kalogria était malade .
L’igoumène avait réussi à la convaincre de se soigner à l’hôpital le plus proche, qui se trouvait à Iérapétra. (Environ plus ou moins quarante kilomètres du monastère )
Cette nonne ne sortait pratiquement jamais de son lieu de vie.
J’assurais donc l’intérim en ce qui concernait le travail dans le potager.
Ce jour là, je devais nettoyer le puits.
D’abord vider le réservoir, en ôtant le bouchon qui était constitué d’un manche de pioche, entouré de vieux chiffons,de vieilles chasubles et de soutanes.
L’eau affluait de partout transformant le jardin en rizière, et dégoulinant dans la ravine toute proche, où se trouvaient les figuiers de Barbarie.
J’étais content de voir s’abreuver copieusement ces arbustes qui me semblaient toujours être, non seulement au bord du précipice,mais au bord de la déshydratation, et qui formaient une sorte de frontière naturelle, une protection plus ou moins inefficace contre les chèvres et les brebis.
A l’aide d’une échelle, je descendis dans le puits pour y verser deux ou trois sacs d’une chaux épaisse et crémeuse, paraissant aussi appétissante et onctueuse que du yaourt. (Je ne conseillerais quand même pas au petit déjeuner !)
C’était l’igoumène qui faisait la cuisine, échangeant en quelque sorte son chapeau de pope contre la toque du chef.
Ok d’accord ! Ce n’était pas de la grande cuisine, excepté la taille de celle-ci, avec ses hauts plafonds vénérables et les celliers attenants.
Avec Kalogria, ce n’était guère plus sophistiqué et vous aviez souvent la même chose au menu du jour ou du soir.
Que cela soit des bettes, des tomates, des concombres, du poisson, des aubergines etc.… Tout était systématiquement, noyé, trempé, imprégné, englouti, engorgé, rempli, submergé, absorbé, oint, recouvert, inondé, enseveli, disparu, badigeonné, enrobé, abreuvé, enduit, lubrifié, englué, enveloppé, fourré, camouflé, huilé, dissimulé, avalé, dilué, délayé, étendu, mouillé, infusé, barbouillé, plongé, imbibé, immergé, étouffé sous l’huile d’olive !
Nous nous débrouillâmes donc très bien sans notre cuisinière, et nous eûmes droit (chose exceptionnelle) à du rouget que l’on désigne en grec du nom assez cocasse, de « barbounia »
Pourquoi tu n’irais pas dire bonjour à notre bonne vieille Kalogria, ce dimanche ? Par la même occasion, tu lui donneras ce pain prosphora*, me suggéra, l’igoumène .
Ah oui, avec un pot de beurre et des galettes et en faisant attention sur la route de ne pas rencontrer le grand méchant loup ! Me disais je en mon for intérieur d’une manière bien ingénue.
Dons, je me mis en chemin vers la grande route menant à Iérapétra, car le bus ne passait pas à Kalo-Néro le dimanche. ( Kalo-Néro, premier village à deux kilomètres du monastère)
Ce fut une belle balade que j’effectuais en longeant le littoral.
Ensuite, je pris l’autobus de Paxi amo jusqu’à l’hôpital.
Lorsque à la réception, je demandais la chambre de la nonne, je provoquais une certaine gaîté, (une hilarité dirais je !) car on trouvait ma demande particulière et si inattendue.
Enfin bref, quoi qu’il en soit, je parvins dans la chambre de Kalogria.
La sœur ne m’avait pas encore aperçu, et s’apprêtait à manger ce qui me semblait être un hamburger !  N’exagérons rien, il n’y avait pas non plus, le gros litron de rouge juste posé à côté d’elle !  Probablement, j’étais le jouet de mon imagination qui devait tourner en roue libre.
Je voyais mal , notre brave sœur confite de dévotion, prête à s’envoyer un hamburger !
Etait ce le plat du voisin que l’on avait mis là provisoirement , en attendant de débarrasser les tables ?
Je toussotais un peu pour faire diversion avant de m’approcher de son lit.
Subrepticement, (eh oui ! encore mon imagination, à moins que cela ne fut la chaleur) elle déposa quelques mouches noires…heu ! je voulais dire, quelques mouchoirs en papier sur son assiette !
Ah  heuuu ! Bonjour Christos ! Me dit elle
Je lui expliquais le but de ma visite et lui remis donc le pain.
Elle paraissait surprise de me voir et ne s’attendait (mais alors pas du tout) à me voir débarquer dans cet hôpital .
L’entretien durât à peine une petite demie heure, puis elle me pria (et prier pour une sœur, c’est normal) de la laisser seule et de continuer à assurer le travail du potager etc.…
Puis, je sortis et profitais de cette belle tranche de journée ensoleillée pour faire le chemin du retour à pied.
Ne possédant pas, comme c’est souvent le cas dans les petits villages isolés, du taxi crétois à longues oreilles qui fait : Hi haân hhihaaâan dans les virages.

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

PS : Prosphora * Ce pain est un pain de froment fermenté  qui est composé avant cuisson de deux pâtons superposés (symbolisant les deux natures du Christ) ; on le nomme « prosphore » (en grec : prosphora c’est à dire offrande) ; ce pain est marqué d’une empreinte carrée centrale avec l’inscription « IS XS NIKA » (Jesus Christ vainqueur ou victoire, les traductions divergent).

)§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()§()

Publicités

"

  1. Réponse à Brigitte.
    Parce qu’au monastère de Kapsa ( Agios-Prodromos) nous ne mangions jamais de viande, excepté de temps à autres du poisson.
    Notre alimentation était presque exclusivement basée sur les légumes, les fruits, l’huile d’olive, etc..
    Peut être avais je mal vu, et qu’en fait notre brave Kalogria mangeait tout simplement un « fish stick », un hamburger de poisson!

  2. D’accord avec Brigitte… ;o)

    On ne vit qu’eune fois hein, on va pas se priver de tout, qu’on soit bonne soeur ou « mécréant »… ou « Qu’on soit bonne soeur ou bien méchant » comme dirait Polnareff (et on ira tous au paradis du hamburger…)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s