Rando vers le Styx

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« A partir de dorénavant »

Dans ce billet, (publié sur mon ancien blog) je tenterai de vous raconter un extrait de mon périple péloponnèsien.

(que j’effectuai à partir du Golfe de Corinthe jusqu’au Cap Ténare, dans la région du Magne) La date de ce tour du Péloponnèse, chahutait un peu dans les nombreux corridors de ma mémoire. Mais en y mettant de l’ordre, je me suis souvenu de mes problèmes de tendinites en 2002, ce qui ne m’avait pas empêché d’aller en Sicile, escalader l’Etna avec deux touristes français de passage. Malgré mes problèmes à la patte arrière droite, j’avais insisté pour faire cette rando.

Je traînais un peu, mais je parvins finalement au sommet,  pour contempler le volcan nimbé de nombreuses fumerolles, c’était impressionnant, je crois même qu’il grondait un peu comme pour dire : L’Etna, c’est moi ! A l’époque, je n’arrivai pas à faire deux kilomètres sans souffrir pitoyablement. Alors en toute logique, le tour du Péloponnèse, c’était avant 2002, peut être bien en 2000.

J’étais dans la région d’Achaïe, dans le village de Péristéra ( qui signifie :colombe) Sans un but précis, sinon celui d’aller dire bonjour un peu plus près à la montagne Helmos (prononcez :Khèlmos) Donc, par un hasard heureux mes jambes m’acheminèrent jusqu’à Colombe-Péristéra Charmant village adossé à la montagne.

Je m’enquérais des possibilités de balades dans le coin.

Je pouvais poursuivre plusieurs sentiers relativement aisés, mais un seul menait au sommet du Helmos. » Ce n’est pas difficile me dit un jeune berger avec qui j’entamais la conversation ainsi qu’une bonne omelette aux poivrons, dans ce petit cafénéion, où en guise de nappe, on avait recouvert la table de papier journal, Il te suffit de suivre ce raidillon jusqu’à cette forêt que tu vois là bas, ensuite tu ne lâches pas le chemin, sans désemparer ni à gauche, ni à droite, tu continues ainsi tout droit, jusqu’à l’observatoire. » ( le mont Helmos culmine à 2300 m, au sommet se trouve le Aristarchos… deuxième observatoire européen de par la taille) Dire de continuer tout droit, ne signifie pas grand-chose en montagne.

Rien ne va tout droit, il faut une bonne part d’intuition et savoir sentir le chemin. Que faire lorsque 3 ou 4 routes  parcourent le même trajet. (en apparence) En outre, si vous suivez un sentier qui  parait revenir au départ…. Vous vous dites, oh non ! je ne vais pas retourner au même endroit. Il faut donc être très attentif et surtout ne pas négliger les conseils souvent judicieux des autochtones. « T’as aucun problème, c’est facile, poursuivis mon berger dans ses explications, seulement fait gaffe, il y a beaucoup de mouches ! » Bon, ce n’étaient pas des mouches qui allaient contrarier mon projet de randonnée ! lui dis je en souriant.

En fait de mouches, il fallait comprendre : des abeilles. Des milliers d’abeilles qui traversaient la montagne pour rejoindre les près fleuris dans la plaine en contre bas.   Et zouuum et zouuum, zouumm,zouuum, elles filaient à vive allure devant moi, sans tenir compte de cette masse humaine portant un sac à dos, se déplaçant  dans le sens inverse de leur marche frénétiquement bourdonnante, n’ayant aucun intérêt pour elles, car je n’étais même pas une fleur ! Néanmoins je me protégeais le visage et puis je fermais la bouche (trop peur d’avaler une de ses opiniâtres ouvrières mellifères) Heureusement aucune n’ayant fait les frais de son dard envers le touriste sacrilège osant passer dans leur zone. Au bout quatre ou cinq heures d’une interminable forêt d’épicéas, je parvins au sommet, j’étais sur la bonne voie, car le dôme de l’observatoire se révélait  enfin.    Dans la plaine il faisait 30° minimum, et ici à 2300 m  subsistait encore quelques plaques de neige, et le thermomètre ne devait pas dépasser 10° J’étais épuisé mais content.

Il y avait bien un chalet mais en travaux, donc impossible d’y passer la nuit.    Par la suite, je me retrouvais à casse-crouter avec les ouvriers.   Toujours étonnés de rencontrer un touriste dans des endroits si peu en adéquation avec le confort clubmediste et de surcroît harnachée comme une mule. C’est avec un plaisir non dissimulé que j’acceptais l’offre de partager le repas et le vin. En me promenant sur le site, je vis ce petit panneau qui m’intrigua, car il annonçait : direction du Styx. (inclus les fameux signes rouge et blanc signifiant le passage d’une grande randonnée) Renseignements pris, le chemin était impraticable, du moins selon les dires de mes hôtes. Comme j’étais plus têtu que l’animal nommé plus haut, cela me donnait encore plus envie de jeter un coup d’œil, et éventuellement mes deux jambes dans l’aventure. Un autre ouvrier, m’assurait que le sentier n’était praticable que dans une partie du trajet, et que de toutes façon, je pouvais toujours rebrousser chemin.      Rebrousser chemin, n’étant pas dans mes projets. Lorsque je randonnais, je le faisais d’une manière linéaire. J’admettais un repli stratégique, seulement cas de danger. Cela ne m’empêchait pas de photographier mentalement tous les chemins parcourus pour envisager cette éventualité.    Dans mes repérages, j’avais suivi sur une certaine distance ce petit sentier du Styx, et ma fois, il m’avait paru tout à fait sympa.  Ok, me disais je, maintenant trouve toi un endroit pour dormir ce soir ! J’avisais une sorte de petite maison et à travers la fenêtre, je vis un poêle avec un gros tas de biches, heu ! je voulais dire de bûches… excusez moi, ça doit être la fatigue ! Itou un lit, des couvertures, des ustensiles de cuisine, une armoire etc…. Selon les dires d’un ouvrier, la maison appartenait à un berger mais qui était souvent absent, car la plupart du temps il vivait à Akrata.  Mais comme je me répugnais à rentrer chez quelqu’un sans y être invité. Imaginez, que je m’installe confortablement dans le lit et que le soir un rude berger de montagne embaumant la fêta, le tabac et le thym sauvage, vienne rejoindre sa couche après une journée de dure labeur… (et labeur, c’est meilleur que la margarine…bof ! cherchez pas à comprendre , c’est de l’humour trop sophistiqué pour vous !) Ouuups, la place est déjà chaude ! Que fais tu dans mon crévati ? (nom du  lit en grec) dirait il en roulant ses moustaches et sa grosse voix de palllikare.    Faudrait pas pousser l’hospitalité trop loin. Non, non, et même si la clé était sous le paillasson, (et la concierge dans l’escalier) L’idée de faire intrusion chez autrui, n’était de mon ressort ! ( à propos de matelas, c’est le cas de le dire !) Je dédaignais  la clé et la promesse d’un lit moelleux car, mon choix, se porta sur une sorte de petite bergerie près de la maison, qui était  recouverte d’un toit en plastique, c’était mieux que rien. En fait, rien à côte de cela c’était encore de trop ! Le sol de cette bergerie consistait en une couche de crottin, d’au moins vingt centimètres.     C’est dans cette matière que je plantais mes piquets de tentes. Certes, ça ne sentait probablement pas très fort, les crottes étaient trop vieilles. Par contre, ce qui se sentait très fort et qui piquait, c’était ce vent pernicieux qui passait sous la porte. Je n’étais pas dans la merde, (plutôt sur la merde) j’avais à boire, à manger et de plus un petit livre de mots croisés, ( force 4) c’était le pied ! A moi, demain le Styx (et comme dit la chanson bien connue : Le Styx à St-Tropez… heu ! le twist à St-Tropez.)

( Photo ci contre trouvée sur Wikipédia… / la montagne Khelmos ) les deux photos du haut proviennent du site : Flickr)

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  1. Indécrottable, c’est le cas cas de le dire ! Merci de ton passage sur mon blog ma Carabistouilleuse number one !
    Sur la photo, on voit cette fameuse montagne Khelmos .
    Superbe randonné que je fis ce jour là…… j’y retournerai bien un jour !

  2. J’ai vu l’illustration de Gustave Doré.
    C’est à la sortie du fleuve Styx, moi j’avais été à la source du Styx , dans la montagne Khelmos
    D’ailleurs sur la photo de la montagne, on peut voir au loin, une sorte de masse brunâtre, c’est la source.

  3. Le Styx, le plus dur n’est pas de le traverser ou le franchir, mais bien d’en revenir…

    Très chouette billet, et de beaux lieux qui attirent les pas.

    La suite dans « Shrapnell » d’ici quelques semaines, en spectacle… car il y est question du Styx et de ses bateliers qui se gondolent…

  4. C’est un des fleuves des Enfers mais aussi le nom de la fille aînée d’Océan et de Téthys.
    Pas étonnant alors, le lapsus entre « bûche » et « biche » !
    « Biche ô ma biche lorsque tu soulignes.. » « Ma biche » susurré par Louis de Funès à St Tropez….
    Tu me suis ? 😀 Je jongle entre les mots de ton texte déjà lu mais relu avec jubilation et tes commentaires !
    Je vais monter dans une gondole de l’Ornithorynque pour me sortir de ce mauvais pas ! 😀
    je file, je te l’assure, je n’ai rien bu ni fumé !
    Bises 😀

  5. Avec toi c’ets sur on voyage
    Un randonneur émérite et qui aime ce pays je constate
    Nouvelle sur ton blog je lis petit à petit tes périples trés intéressants
    merci de tes conseils pour mon fond mdr
    amitié et bonne journée
    Dany

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