Mémoire de la boite à chaussures

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Chères amies et amis de la blogosphère.

 

J’ai retrouvé dans une boite à chaussures, des lettres écrites dans les années 1986 à fin 1990, lorsque j’habitais encore dans un petit village quelque part en Crète, Grèce.

 

Certains événements plus ou moins drôles, que j’ai vécu là bas, furent la base de mes « péripéties crétoises » consignées dans mon blog, dès 2008.

 

En espérant que vous aurez l’indulgence et la patience de lire ces broutilles, ces missives, et autres bêtises épistolaires.

 

————-MEMOIRE DE LA BOITE A CHAUSSURE————— (1)

Le 11 mai 1990 / Jour du poisson à Agios-Scoubidou

Crète -Suzette (Grèce)

Ce vendredi un gros paquet de vent sans sel. ( comme j’habite à près de 20km de la mer, pas question de vents salins, d’air iodée ou d’embruns)

Impossible d’aller bosser.

Oh bien sûr cela n’est pas un drame invivable ou une torture !

Faut vous dire qu’en ce moment, nous saupoudrons les vignes avec du soufre, ( non, ce n’est pas Belzébuth notre fournisseur!) pour préserver les plants contre toutes maladies et insectes destructeurs.

C’est un travail à faire sans le moindre vent, même en pétant !

Car si la poudre se rabat dans la figure, ça risque de brûler méchant et de provoquer des irritations.

Une pensée de Nietzsche ( pas vrai un nom pareil avec 5 consonnes enfilées l’une après l’autre !) me traverse l’esprit.

«  Seules les pensées qui vous viennent en marchant ont de la valeurs »

C’est d’autant plus vrai que j’ai pu maintes fois le constater.

Et ce n’est pas pour rien que l’on dit «  Il perd la mémoire en courant »

Ouais, si au moins il marchait au pas !

Dans mes promenades, je pense à diverses choses.

Tiens, ça c’est bien , il faudrait que j’en parle à Brigou, me dis je, en mon château fort intérieur !

Ce monologue se poursuivant ainsi continuellement.

Une fois vomi….heu ! Ou plutôt rendu ( devrai je dire! ) chez moi, j’oublie souvent les trois quarts que j’avais écris mentalement.

Mais petit à petit les idées que j’avais ruminé,…. Quoi ? Ne me regardez pas comme ça avec votre air bovin ! Se réorganisent en un schéma plus ou moins proche de ma pensée initiale., ou alors pas du tout et ressemblent à un patchwork coloré, agréable, mais sans unification.

Ce n’est pas sans raison non plus, que l’on dit «  Il se promenait, se baladait, musardait etc…. » Car la muse inspire toujours les promeneurs.

Quoique, par exemple, dans ce curieux livre «  Voyage autour de ma chambre » dont j’ai à l’instant oublié le nom de l’auteur, il raconte que sa chambre se transforme en une île.

Ainsi milles détails en apparences anodins, comme le tapis, la table, le fauteuil deviennent des rochers, des montagnes et le lustre du plafond son astre solaire.

Une araignée trottinant sur le tapis, devient un être infiniment plus observable et par conséquence revêt de l’intérêt.

Fini l’instinctif geste inique de vouloir l’écraser d’un coup de talon, car cette petite chose fait partie des animaux de cette île.

D’aucuns, confinés entre quatre murs, parviennent malgré tout à parcourir de nombreux kilomètres par jour.

Tel par exemple Arthur Koestler, dans son livre «  du zéro à l’infini »

où il explique le moyen de garder la forme tout en étant prisonnier.

«  Je parcourais de longues distances à pieds dans l’espace exigu de ma taule, pour ne point perdre la face ou tomber dans l’inertie totale, la folie ; à la fin j’arrivais même à être en sueur, j’étais fatigué, exténué, comme après une longue randonnée en forêts » ( je cite de mémoire)

Ou dans «  Le captif de Chillon » lorsque Lord Byron explique : Le prisonnier après avoir passé d’innombrables années dans la portion congrue de sa geôle, arrive à aimer ce micro univers qui l’entoure.

Il apprivoise un rat, qui devient son animal de compagnie.

( vu qu’il est seul et qu’il n’a pas de femme… n’y voyez rien de péjoratif!)

Il est chez lui ,( Dieu en quelque sorte) tout lui appartient, jusqu’aux grosses pierres suintant d’humidité.

Le jour de sa libération, qui n’en est pas une pour lui, c’est avec des regrets amers qu’il quitte ce monde, son monde, son domaine, où certes il avait beaucoup souffert mais aussi aimé. ( robinsonisme aigu?)

Mais voilà qu’un petit chat interrompt ma petite causerie, il miaule plaintivement à ma porte ( et les félins savent très bien faire cela pour nous apitoyer) Et que je roule de la mie de pain, que je trempe mes doigts dans l’huile parfumée aux sardines, ( reliefs de mon dernier repas)

Je remplis une minuscule tasse de lait pour étancher sa soif.

C’est lui qui commande !

Bref, je fais attention de ne point faire de gestes brusques pour l’effaroucher.

Après chat, il se détend les papattes, l’air blasé, et s’en va encore fouiner quelques mètres plus loin, auscultant cette maison humaine où l’on ne chasse pas les chats à coup de pieds ou de bâton, comme c’est souvent l’habitude au village.

Les chats viennent souvent chez moi, ils ont du sûrement se donner l’adresse !

Les félins parlent un langage presque secret, fait de clignements d’yeux, d’oreilles, de queues etc….

Quand je rencontre un chat, je miaule doucement et je cligne de l’œil, ( sauf de la queue et des oreilles…. on ne sait pas tout faire!)

comme pour dire : T’inquiètes on est des potes !
Mai il y a beaucoup de chats dans le village.

Je n’aurai pas assez avec 3 kilos de poissons et 1 litre de lait par jour !

Bon, je cause, je cause, mais il faudra bien un jour terminer le travail du soufrage des vignes , en attendant le bon vouloir d’Éole !

CIAO ET BIEN LE BONJOUR DANS VOS MAISONNEES.

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