Nouvelles péripéties crétoises ( parmi la sauge et le chardon I)

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Vous n’êtes pas sans ignorer (du moins je présume) que la saison des olives s’effectue durant les mois d’hiver.

Ainsi une bonne année débute dès le mois de novembre et parfois jusqu’à la mi février. Dans ces cas là, les arbres sont submergés par le poids des fruits.

Certains ne résistent pas à cette surcharge pondérale et menacent souvent de casser, ce qui occasionnent des dégâts à ces derniers.

Pour obtenir ce résultat, cette récolte pléthorique, les oliviers sont au préalable littéralement gavés d’engrais

(principalement des phosphates, ce qui n’est pas très écologique)

Néanmoins cela fait des rentrées non négligeables pour le paysan et du travail pour les saisonniers.

En fait à cause de l’effort fourni, l’olivier ne sera vraiment productif qu’une année sur deux.

Mon travail dans les oliviers (d’aucuns connaissent mes péripéties crétoises, lorsque je vivais encore dans cette très belle île.) consistait à veiller à la bonne santé des arbres, parfois de couper une branche par ci , par là. Mais le plus important, c’était bien évidemment la récolte.

Donc du travail assuré pour tout l’hiver.

Ce qui était bienvenu, car dans la région, il n’y avait que deux grandes époques où il était possible de gagner un peu plus que l’ordinaire.

Le gaulage des oliviers ,et les vendanges des raisins sultaninas qui n’étaient pas utilisés pour la fabrication du vin, mais pour en faire des fruits secs.

En dehors de ces périodes, j’avais largement le temps de flâner et de profiter de mon temps libre ,grâce à mes économies gagnées à la sueur de mon front ,à la force de mes poignets et à la résistance de mon dos (car il fallait souvent porter les sacs d’olives, certains pouvaient peser au delà de 50 kilos !)

Néanmoins, parfois j’étais sollicité pour d’autres travaux.(creusement d’un puits, gâchage de ciment, récolte pour le fourrage et etc….)

Je pouvais me permettre de travailler à la carte en quelque sorte.

Lorsque l’envie ou l’inspiration n’étaient pas au rendez vous, il fallait user de ruses de sioux pour me persuader d’aller bosser.

Un jour, étant confortablement installé sur mon lit, en rêvant, doucement caressé par une brise tiède parfumée à la garrigue, j’entendis frapper à ma porte.

C’était Yourgo le berger, venant solliciter le louage de mes bras.

Il s’agissait de ramasser le fourrage ou quelque chose comme ça.

Mollement allongé sur ma couche par cette lénifiante chaude après midi, ayant mangé un bon p’tit plat de légumes sauvages, (cueilli par mes soins) accompagné de deux, trois, ou quatre verres de vin…. Je conjuguais souvent le vin au pluriel à l’époque !

Je ne voyais nullement la nécessité de gagner quelques drachmes en plus, juste pour aller se faire rôtir sous un soleil qui vous tabassait littéralement de son obsédante chaleur de four. (car en Crète le soleil ne tape pas, mais il vous tabasse!) Surtout, quand il n’y avait rien qui pressait.

Et puis, je connaissais bien Yourgo le berger.

Si c’était comme la dernière fois, lorsqu’il me laissait faire tout le boulot, prétextant un rendez vous urgent chez le maire (en fait, il passait le plus clair de son temps au bistro !)

Et que je me retrouvais seul avec une pioche à la main !

Vous comprendrez aisément que je préférais plutôt piocher dans un bon p’tit plat et de faire la glissade dans mon gosier d’un verre de rouge ( ou de blanc) que de me retrouver au beau milieu d’un champ, englué par la sueur en compagnie d’une vieille mule édentée.

Christos ? Tu es là ? Ouvres moi la porte !

« Le silence et dort !  » Ce ce que je fis cette fois ci.

Une voisine passait .

Elleni, as tu vu Christos ?  

 

Non, mais ce matin, il partait chercher des légumes sauvages en bas , près de la rivière !

Et moi de rigoler dans ma barbe ( ça étouffe un peu le bruit!)

J’avais mes patates en dessous de mon lit. ( le seul endroit ad hoc pour les conserver ) Une dame-jeanne de vin à peine entamée, quelques bons légumes, de l’huile d’olive et un soleil radieux….. J’étais donc riche, pourquoi gagner plus ?

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  1. Effectivement tu étais riche de l’essentiel .. Une expérience humaine unique avec Yougo le berger et ta voisine Elleni … Cela créée des liens … C’est aussi pour cela que tu nous racontes si bien ton vécu làbas … C’est plein de chaleur tes péripéties … Ceux et celles qui les lisent auraient sans doute « aimé » avoir connu ton expérience (et j’en suis la 1ère). Bisous de pluie sous le ciel gris de la mer du Nord

  2. Bonsoir Efimeris 😉

    Ces Bons Souvenirs en Hors , Nous Plongent vers l’Autre Monde ,
    Où Tant de Soleil Inonde , les Rives aux Rameaux de Flore ,
    Par Foi Hélas le Corps , suit de Thrace une Vieille Onde ,
    Là Où le Vin Abonde , Pourquoi donc faire en Fort ?
    ~
    NéO~

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