Une cheminée en bois.

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D’aucuns connaissent mes aventures crétoises que j’avais consigné dans mon ancien blog.
L’envie de m’y replonger tel un véritable bain de jouvence et de souvenirs.
Dans le billet ci-dessous, je vous emmènerai à nouveau si vous le voulez bien au village de Agios-Spiridon, situé dans le sud-est de la Crète.
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J’avais reçu une petite maison en échange de travaux d’oléiculture.
En effet, je travaillais environ une semaine par an, dans les oliviers de mon propriétaire, et le restant de l’année je pouvais disposer de la maison.
C’était donc un bon plan.
Oh bien sûr, ce n’était pas une villa patricienne, juste une humble demeure de paysan.
Il y avait deux pièces, une en bas pour y loger un âne ou deux biquettes, et l’étage du haut pour y loger votre serviteur.
Cela faisait longtemps qu’il n’y avait plus d’animaux, mais on pouvait voir encore le paletot de l’âne accroché entre deux moellons du vieux mur.
Le mobilier se réduisait à une table, trois chaises, et un grand lit en fer qui grinçait au moindre mouvement ; la literie étant très éprouvée. (la maison appartenait aux grands parents de mon logeur …ma parole, ils avaient du acheter le lit en 1918 lors de leur mariage et n’avaient probablement jamais changé depuis !)
La maison en outre ne possédait ni gaz et électricité, sauf de l’eau courante.
Quand on parle de l’eau courante, ce n’est pas , vous le pensez bien, le fait de courir avec un seau à la main… ouais, c’est aussi de l’eau courante, mais ce n’est pas pareil.
Il suffisait de tourner le robinet et l’eau coulait…. On n’arrête pas le progrès !
En outre, c’est moi qui avait fait le nécessaire pour amener l’électricité ; achetant par la même occurrence une bobonne de gaz pour cuisiner.
Près du lit, une petite trappe était aménagée pour accéder à la pièce du bas. (où je descendais souvent pour y chercher un fagot de bois)
Le climat de la Crète en hiver était plutôt clément, mais parfois lorsque un vent froid soufflait de la montagne, une bonne p’tite flambée devenait nécessaire.
Une ‘ptite flambée ? ouais tu parles ! C’est sans oublier ce jour où j’ai failli faire flamber toute la baraque avec !
Comme je le disais plus haut, l’hiver n’était guère rigoureux dans la région sauf en de rares occasions.
Figurez vous une cheminée plutôt large, devant laquelle était placé un sac en toile de jute lequel avait été tout bonnement badigeonner de chaux.
Ce sac chaulé, retenait peut être un peu l’ardeur du feu, ou les jets crépitants de ce dernier.
Le restant de la structure de la cheminée, tablette comprise, était en bois.(également chaulé)
Du bois pour une cheminée ?
Les derniers locataires n’avaient certainement pas eu les moyens de construire en pierre
( et encore moins en marbre)
Souvent pour se chauffer, les gens dans la région utilisaient un brasero où l’on disposait un ou deux charbons avec quelques branchages et c’était à peu près tout. (c’est ce que j’ai su plus tard.)
Ne connaissant pas la marche à suivre et la prudence lorsqu’il s’agissait d’une cheminée en bois ,je n’avais rien trouvé de mieux que d’enfourner de grosses bûches dans la gueule fardée de chaux de cette dernière.
Et j’allais avoir chaud, croyez moi !
Ah oui, pour sûr, il faisait une température agréable dans la pièce, presque un sauna.
J’avais mis de la musique, et je chantais tout en buvant un bon verre de vin.
Quand j’entendis frapper à ma porte d’une manière un peu vive.
Oui, c’est pourquoi ? Ah c’est toi Yannis que veux tu, que fais tu ?
Mais bon sang Christos, c’est moi qui te demande ce que tu fais ; t’es devenu cinglé ou quoi?
Puis, il m’emmena voir à l’extérieur, cette fumée abondante qui sortait à l’instar d’une folle locomotive. (fumée noire pas de nouveau pape, fumée blanche ok !)
Je crois même me souvenir que les murs commençaient également à fumer (quand on vous dit que ce n’est pas bon de fumer pour la santé !)
La cheminée était bouillante et l’intérieur du conduit tout noir.
Tu sais Christos, mes grands –parents pour se chauffer, se contentaient d’une petite bûchette ou deux, pas plus, toi tu enfournes comme s’il s’agissait de chauffer un alambic à raki !
Réalisant mon erreur, je m’excusais platement et sincèrement, car vraiment, je ne l’avais pas fait exprès.
J’ai du ouvrir la porte pendant au moins une heure pour refroidir la maison.
Pendant ce temps là, j’allai au cafénéion pour me chauffer un peu…le comble !
Je fus une fois de plus la risée (sympathique en outre) des villageois.
Pour la petite anecdote, la plus proche caserne de pompiers se situait à 25 ou 30 kilomètres!
Heureusement que l’issue de cette histoire ne se termina pas d’une manière plus tragique.
Mais avouez quand même, une cheminée en bois, faut le faire, non ?
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