Avant mon ultime départ ( récit, souvenirs / Reéd )

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Avant le départ

Avant un grand départ pour la Grèce, ( une fois n’est pas coutume) j’avais eu l’opportunité de travailler comme jardinier.
Mais pratiquer quelque chose que l’on a plus fait depuis une quinzaine d’année, c’était dur, très dur.
Le patron avec qui j’étais sensé bosser n’était pas très beau.
D’accord ceci est un détail mais qui a parfois son importance.
C’était durant la vague de chaleur qui s’était abattue en Belgique vers le mois de mai 1989.
C’est en allant dans mon petit resto grec habituel , Le Samos, que je le rencontrai.
Il était certes gentil mais un rien inculte. (autrement dit le cerveau en jachère)
En outre, il ne savait parler que de choses implacablement banales.
Bref, à l’issu d’une entrevue très rasoir et conventionnelle, il me proposa de venir travailler avec lui dans son entreprise de jardinage.
Il avait une femme nommée Henriette, laide  également et dotée d’un appendice nasal incroyablement disproportionné au reste du visage.
De quoi remporter la palme d’or sur Cyrano.
Mais comme disait si justement Serge gainsbourg :
 » La laideur est supérieure à la beauté en ce sens qu’elle dure  »
Autant les propos de son mari étaient insipides, Henriette, quand à elle, en dépit de son ingrate face possédait un esprit très brillant.
Ensemble, nous passâmes la soirée à parler d’Alexandre le Grand, des Perses, des histoires d’Hérodote, et entre autre, cette belle légende d’Arion.
Arion cet enfant qui fut sauvé par son ami le dauphin.
Au matin, voila que l’on tracasse ma sonnette vers les 6h30.
J’avais presque oublié avec les vapeurs éthyliques du retsina et la lente digestion des aubergines farcies, mon rendez-vous avec le jardinier.
Merde ! Quel est le con qui a dit : Qui se lève avant l’aube s’enrichit !
Je passais ma tête sous l’eau froide, me brossais énergiquement les dents puis engloutissais un café noir à peine sucré.
L’autre, qui tintinnabulait de plus belle.
De l’intérieur j’éructais.
Quoique extérieurement j’étais impeccable, pas un pli, très poli, très civil que cela frôlait l’obséquiosité. Il va arrêter de sonner cet idiot !
Je descendis quatre à quatre les escaliers comme si je devais revoir ma belle promise après une longue absence sur des mers lointaines.
En réalité, je bouillais, fulminais de rage, que l’on aurait pu cuire un œuf sur mon crâne !
Parvenu en bas, j’étais déjà a peu près calmé, mais abruti de sommeil.
Enfin, bref, quelque temps par la suite nous nous rendîmes chez le client.
Il faisait chaud et je travaillais torse nu en exhibant mon beau hâle doré.
Le patron fit de même, mais son dos était recouvert d’infâmes et longs poils noirs qui dégoulinaient, qui grouillaient de partout….. Horrible !
Instantanément, je regrettai de me trouver en sa triviale compagnie.
Je le voyais au milieu des fleurs à l’instar d’une ignominieuse verrue sur le joli minois d’Apollon.
Nous travaillâmes ainsi sous une chaleur éprouvante, comme je devais en connaître en Crète, (ce jour là le thermomètre grimpa jusqu’à 30°) Le lendemain de cette fastidieuse journée, ma sonnette resta aphone, pour la bonne raison que je l’avais débranché ! Car, (et excusez moi pour la férocité de mes propos) je préfère contempler la divine beauté cachée d’un âne grec ou encore italien que le bas du dos fourmillant de longs poils noirs et épais comme des tresses, d’un bruxellois suant la bière !

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  1. J’aime ton style d’écriture , tu aimes jouer avec les mots et ça se ressent …je pense avoir déjà lu ce texte ,
    mais c’est très agréable de te relire encore une fois ..tu as eu une vie riche de connaissances , quelle chance !….gros bisous CHRISTIAN

  2. non, celui-là, je ne l’avais pas lu, je m’en souviendrais de ces poils noirs au bas du dos d’un bruxellois ignare et laid. Décidément, il y en a qui n’ont pas de chance ! Il ne s’est pas endormi quand vous avez commencé à parler d’Alexandre le Grand et autres personnages ? Heureusement que sa femme, le clone de Cléopâtre, a su compenser ! Eh oui, les femmes ! Que feriez-vous sans elles ? 😀

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