Stéllios du Village de Saint-Spiridon

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AVANT DE POURSUIVRE MES HISTORIETTES, MES BAGATELLES ,AU PAYS DES ANGLES, VOICI UN COURT RÉCIT SORTI DE MA MÉMÉ, MA MÉMOIRE. ( MES MOIRES ?)

Voici un billet en hommage à Stellios du village crétois où j’ai séjourné jadis (rééd)
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Stellios habitait une petite maison de deux pièces dans le bas du village, juste en face du cafénéion de Panayotta.
Il vivait avec sa femme et deux chèvres, ce qui représentait tout son cheptel
( je ne compte pas sa femme dans le lot, évidemment ! )
Il avait combattu dans son jeune temps en Albanie, (sur le front d’Orient de 1915-1919) d’où il avait ramené des souvenirs impérissables, en l’occurrence, des éclats d’obus labourant sa chair en creusant d’affreux sillons, semant leurs graines de douleur.
Il me racontait sa vie loin de son pays.
c’était la première fois qu’il quittait le village.
Ce fut le seul et unique voyage de son existence, dont il failli d’ailleurs ne plus revenir.
Vivant humblement à la limite de la pauvreté mais ne s’en plaignant jamais, ayant appris à vivre à la dure.
Nous avions tellement faim à l’époque, que nous aurions pu manger de la terre ! me disait il
Il rentrait au bistro, mettait ses deux cannes au portemanteau, s’asseyait toujours à la même place, et restait des heures sans pratiquement consommer, se bornant à regarder la télévision, surtout la météo qui semblait avoir sa préférence.
C’était précisément à ce moment là, que l’attention générale était la plus présente.
En d’autres temps, le bruit des conversations couvrait celui du téléviseur, sauf, lorsque la météo s’annonçait, alors le silence se faisait dans la pièce, un peu comme à la messe.
La météo étant un outil indispensable pour les fermiers et les cultivateurs.
Ensuite sa femme Maria, venait toquer à la fenêtre du bistro, pour lui signifier que le repas était prêt.
Elle n’entrait jamais, mais restait sur le seuil.
Un autre monsieur très âgé qui se nommait Illias (et fauché comme Stellios) fréquentait aussi l’endroit.
Dès que vous lui offriez un verre de raki, son visage s’illuminait tout à coup d’un soleil radieux, qui semblait raviver les nombreux étés de sa jeunesse passée, en le faisant sortir du froid anonymat de sa vieillesse.
Bien entendu, Panayotta la patronne du bistro, ne demandait pas à cette clientèle particulière et respectable,de bien vouloir céder la place aux autres consommateurs plus énergiques du côté du portefeuille. (Il pouvait rester une soirée avec un seul verre de thé)
Tout le monde avait le droit de venir au cafénéion, le lieu social par excellence.
C’était même le dépôt du pain, de la poste, et lors des élections,le bistro devenait fortuitement l’endroit des débats politiques.
Nonobstant après la messe tout les fidèles, le pope NIkoli, en tête venaient faire un (dé) tour au cafénéion de Panayotta.

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Une réponse "

  1. C’était l’époque où les gens ne demandaient pas trop de choses de la vie… Je me dis parfois que c’était une belle époque, faîte de petits riens qui faisaient tout !
    Bon week-end Tétine – yolaine, châtelaine

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