Quiproquo à la grecque ( rééd)

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C’était au début de mon séjour en Crète, et je ne parlais pas encore très bien la belle langue de Kazantsakis.

Ce qui amenait  souvent des quiproquos, mais sans gravité.

Par exemple, Maria, ( qui possédait un cafénéion dans le bas du village me demandait un jour d’aller lui chercher des cigarettes de la marque « karélia. » Christos, mon brave pallikare, vas donc me chercher une karélia, s’il te plait ! Et hop, promptement, je galopais dans le deuxième cafénéion du haut du village où l’on vendait quelques articles d’épicerie et des cigarettes.

Et je demandais le plus sérieusement du monde à la patronne tout éberluée, de me donner une  « karékla  » Sauf, que j’avais confondu le mot karélia ( la marque de cigarettes) et karékla qui voulait dire : chaise.

Donne moi une chaise s’il te plait, c’est pour Maria du cafénéion du bas ! avais je donc dit.

Une chaise, pourquoi aurait elle besoin d’une chaise, elle n’en a pas assez dans son bistro ? Non, une chaise (une karékla) pour fumer ! Pour fumer ??? Ah oui, je comprend à présent, tu parles d’un paquet de karélia ! Mais le plus comique des quiproquos, fut celui que je commis avec Yannis du village de Agios –Spiridon.

Un jour, je vins vers lui un peu navré ,car j’avais la semelle de ma chaussure toute décollée.

Ce brave homme avait été cordonnier pendant de nombreuses années.

Je lui présentais donc ma chaussure qui était dans un état navrant, la semelle de celle-ci sortant comme une grosse langue.

Je veux bien te dépanner me dit il, mais il serait préférable que tu t’achètes une nouvelle paire ! Puis, il ausculta ma pauvre godasse en se grattant la tête comme pour en extraire une idée.

Comment pourrais je arranger cette chaussure ? me demanda t il

Mais avec de la colle ! lui rétorquais je

Puis , il se mit à rire bruyamment, il rirait tellement fort qu’il en étouffait presque ! J’avais voyez vous, confondu le mot : colle : kolla en grec et le mot : kolo qui signifie cul en grec.

En fait, en répondant à sa question : Comment pouvait il réparer ma chaussure ? c’est comme si, je lui aurait répondu : Mais avec ton cul !

Les cordonniers, qu’ils soient turcs, flamands, bulgares ou sénégalais, utilisent le plus souvent de la colle, mais jamais ou alors très rarement, ils utilisent leurs culs pour recoller les semelles ! (même dans les pays les moins au courant des nouvelles techniques de cordonnerie ) Dans ce village de Epano-Episkopi, j’allais indifféremment bosser dans les jardins, le gaulage des oliviers, la récolte des raisins, casser des noix, éplucher des haricots etc…..

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