Cannibalisme et immortalité

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Lundi 24 juin 2013

Vérité des mythes: Cannibalisme, supplices et immortalité

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Monique Halm-Tisserant, Cannibalisme et immortalité. L’enfant dans le chaudron en Grèce ancienne, Paris, Les Belles Lettres, Collection Vérité des mythes, 1993 (2e tirage 2007), broché, XI -323 pages, 30.50 €.

L’ouvrage de Monique Halm-Tisserant  rend compte de thèmes rarement traités concernant la Grèce antique : rituels magiques, sacrifices et autres pratiques inquiétantes. Elle s’appuie sur les représentations iconographiques, souvent délaissées, du chaudron et du feu sur les vases attiques qu’elle va confronter aux sources textuelles. C’est une Grèce plus dérangeante qui nous apparaît à travers ces mythes de cuissons d’enfants et de vieillards, de cannibalisme ou de sacrifices de jeunes vierges. A la suite de son commentaire, nous trouvons  le catalogue des documents iconographiques et celui du corpus des textes, suivis de tableaux éclairants et d’une bibliographie fournie. En fin d’ouvrage, nous pourrons consulter les planches de ces représentations insolites qui ont servi de support à la réflexion de l’auteur.

Extrait :

« Sans cesse rites et légendes s’interpénètrent permettant d’entrevoir ce que durent être ces sacrifices d’enfants, historiquement attestés en Arcadie et à Ténédos, seulement pressentis à Éleusis et à Delphes. Le mythe de Mélicerte comme le culte lycéen ont appris que ces chasses rituelles, jouées sous des déguisements zoomorphes (cerfs), précédaient probablement l’immolation. La légende des enfants de Médée, les rituels du Mont Lycée et d’Éleusis ont, en revanche, révélé l’importance accordée à la lapidation. Fictive plutôt que réelle ( ?), comme la chasse évoquée par Euripide, celle-ci devait préluder au sacrifice. Dans le contexte du festin cannibale, toutefois, les victimes se recrutant parmi les nouveau-nés, la lapidation et la chasse, apparemment concurrentes, devaient frapper une autre personne, en âge nécessairement de se déplacer.

Il convient de souligner encore l’intime relation entre la fiction mythique et la pensée philosophique antique que nous avons relevée à maintes reprises. Les mythes des origines, auxquels le festin cannibale ressortit sans nul doute, ont inspiré les penseurs, soucieux de concevoir l’univers, d’expliquer le système solaire, de raisonner sur la perception du temps ou sur la notion du divin. » p.224.

Mélanie Mougin

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