Ka…, Kalogria, et moi.

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AU MONASTERE DE K….

Je me suis levé plus tôt que d’habitude, même l’higoumène n’a pas encore taquiné les cloches de l’église.

Le temps de faire un brin de toilette, de frotter les quelques grains de sable oniriques qui me chatouillaient encore le yeux de la manière la plus douce et suave. De balayer les scories de mon rêve , et de me brosser les dents avec toute l’énergie du désespoir. ( car il me serait impensable de partir ainsi devant la face de l’aurore, crinière au vent, sans avoir pratiqué ce petit rituel odontologique, si je puis dire!)

Ensuite, un petit besoin inhérent à la physiologie humaine. Je ne rentre pas dans les détails, et tire la chasse aussitôt.Cette nuit les moustiques m’ont susurré des choses à l’oreille, que je n’ai pas cru évidemment car tout ce qu’ils voulaient, c’était me piquer. (surtout mon sommeil) Peu de temps après, voici sœur Kalogria déjà debout sur ses pattes arrières. C’est un peu la mère «  tape dur » du monastère ( elle est là depuis 1942) faut la voir buter les patates du potager. Ma parole, ce n’est plus buter les patates qu’elle fait, mais les tabasser ! Quelle énergie ! D’ailleurs la voilà, qui tenait au bout des doigts en encensoir où se consumaient des crottes d’encens embaumant le musc et la rose.

J’ai bu un café élléniko gliko, accompagné de pain sucré et de grenades.

Mon premier travail aujourd’hui, fut d’arroser les fleurs du cimetière, donner à boire aux poules et finalement terminer cette portion de jardin pour y planter des fèves. Mais avant cela, j’avais ma lessive à faire et l’après midi fut déjà bien entamée, lorsque la dernière pince à linge tenait fermement entre ses mâchoires de bois, la dernière taie d’oreiller.

Par la suite, m’esquivant de la vue de Kalogria, car elle serait capable de me donner un supplément de travail , je suis descendu subrepticement pour aller à la mer, loin du parcours de ses sandales, (que je reconnaît aux schrittichi schrittichi caractéristiques qu’elles font) Ah qu’il était bon ce bain de mer, l’eau était vraiment moelleuse, presque gluante de douceur.

Le Soleil dardait ses rayons qui piquaient encore bien fort pour cette fin de journée. Enfin, le soir nous avons eu un peu de vent, et c’est tant mieux, car ça éloigne les moustiques et autres bestioles à trompe qui sucent.

Excepté les éléphants bien évidemment qui sont très rares en Crète.

Une mouche possède aussi une trompe, mais morphologiquement, il y a quelques différences fondamentales entre une mouche et un éléphant.

N’importe qui possède des rudiments en histoire naturelle sait bien que les éléphants ne piquent pas la nuit pour boire le sang et ne tournent pas en nuées autour de la tête ( seulement après deux litres de vin!) Et puis un éléphant est aisé à reconnaître de loin et principalement de près….. ça ne trompe pas !

Ah oui, avant de terminer cette édifiante lettre et de rejoindre les bras tièdes de Morphée et ses baisers ambrosiaques, il faut que je vous dise, nous avons eu un problème avec la poste.

Le courrier ne passait pas bien.

La mule qui transportait les lettres de Pililamata via le monastère, s’était tordue la patte en glissant contre un caillou pointu, et puis « PLOUF » la malheureuse tomba dans la mer avec le sac postal ! Par chance, comme elle fut débarrassée du poids de son fardeau, elle à pu rejoindre le rivage.Et le courrier qui continuait à s’éparpillait sur l’onde vineuse (comme aurait dit Homère ) D’ordinaire, ce n’est pas à Neptune de distribuer le courrier mais c’est plus du ressort de Mercure, non ?Après ce drame ,( fond sonore avec harmonica, ululements des coyotes, i am poor lonesome cow boy, snif, snif, etc…)

J’éteignis les loupiotes et par la même occasion le groupe électrogène qui faisait un bruit de rock and roll ( une mince cloison de parpaing, me séparait de cette tonitruante machine) Rideau et puis ron ron.

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Christian Lertoy  » Efiméris  » Pastels et crayons couleurs / Mer , poisson, etc…

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  1. Petites vacances à l’œil sans bouger de mon fauteuil. Économiques et rigolotes. Nonobstant les saletés de moustiques roses. Ah non, ce sont les éléphants qui sont roses ! Je suis vraiment bête !
    Bises et vive le tennis. J’attends les joueuses. Toujours dans le fauteuil ! Biz

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